VULVE. GLANDES VULVA1RE
On a tracé de la Vulvile blennorrhagique maintes descriptions, avec constatation de gonocoques à l'appui. La vulvile blennorrhagique coïncide le plus souvent avec une vaginite de môme nature (vulvo-vaginite). On la considère d'habitude comme une lésion secondaire produite par le passage d'écoulements spécifiques venant soit de l'iiréthre, soit du vagin.
Mais elle peut se produire isolément.
Celte vulvite primitive s'observe plus parliculièrement chez les petites filles. Elle est le plus souvent le résultat d'une contagion directe (contact de linges souillés, tentatives de viol, masturbation, etc.).
Yoici un cas intéressant où la transmission s'est faite par un thermomètre :
MM. Weill et Baron ont observé une vingtaine d'enfants environ atteintes de vulvite à gonocoques, qui toutes sont tombées malades dans l'espace d'une semaine. Ces auteurs, après des recherches minutieuses, ont découvert que la transmission avait eu lieu au moyen des thermomètres qui servaient à prendre la température successivement à toutes ces enfants. La désinfection très défectueuse des instruments consistait à les tremper, pendant quelques instants, dans une solution phéniquée à 25 pour lOUO'.
Il est même des cas où l'on est en droit de supposer que la maladie a été contractée directement de la mère, au moment de la naissance.
Horand, qui a eu l'occasion d'examiner quelques fillettes affectées de vulvite à la suite de tentatives de viol, a toujours trouvé le gonocoque dans le pus sécrété par la vulve enflammée. Comby a signalé la contagiosité de la vulvite inhintile, et Cliantemesse a fait ressortir sa nature gonococcienne fréquente. Cassel, sur trente petites lilles
1. Ik'vuc d'lnj(jii:nc cl de police saiiilaii c, pm'icv 1895.
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qui présentaient un écoulement purulent des organes génitaux, a trouvé le gonocoque 24 fois.
Dans le même ordre de faits, Post et Sœnger ont relaté, en 1888, à la Société de gynécologie de Berlin, de véritables endémies de viilvitc blennorrhagique développées chez des enfants pauvres, qui couchaient dans le même lit que leurs parents en état de gonorrhée chronique. Dans l'épidémie de Posen rapportée par Skutch, plus de 236 enfants furent atteintes de vulvo-vaginite, par suite de l'emploi du môme linge dans un établissement de bains. Suchard a observé la contagion par le bain lui-môme.
Les lésions de la vulvite blennorrhagique sont, on le sait, surtout accentuées sur le vestibule, dans les sillons qui séparent la vulve du vagin.
Aussi n'est-il pas rare de voir les glandes vulvo-vaginales s'enflammer secondairement.
En pareil cas, ces foyers glandulaires, difficilement accessibles, sont le point de départ de réinoculations successives des surfaces vulvaires, dont l'inflammation se montre dès lors rebelle aux traitements les plus assidus.
La vulvile blennorrhagique, avec ses variétés, semble ainsi acceptée et comprise, bien que des opinions, en opposition absolue avec les données précédentes (Éraud, Vinay, Von Fritsch), se soient produites.
D'après les auteurs que nous venons de citer, c'est la hartholinite seule ou, à son défaut, Vutérus ou bien Yurèthre malades, qui fourniraient le pus à gonocoques que l'on trouve à la surface de la vulve, dans les cas de soi-disant vulvite simple ou de vulvo-vaginite. Mais la vulvo-vaginite gonococcienne n'existerait pas. « Le conduit vulvo-vaginal, dans son ensemble, est toujours indemne de toute inflammation blennorrhagique. Sa muqueuse recouverte d'épithélium pavimenteux ne reçoit pas le gonocoque. Elle échappe constamment à son action phlogogène. En d'autres termes, la vulve, comme le vagin, n'est qu'un canal de passage, inditïerent aux écoulements spécifiques qui le traversent venant des autres foyers d'inllammalions blennorrhagiques, soit de l'utérus, soit des grandes glandes annexes de l'orifice vulvaire. »
Cette opinion, comme on le voit, est la négation absolue de l'existence de la vulvite et de la vaginite blennorrhagiques. Mais elle
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repose sur un argument très contesté : l'inaptitude des épithéliums pavimenteux à receler le gonocoque.
Eneflet, j'ai expliqué plus haut comment l'attention de Bumm, concernant l'inaptitude de l'épithélium cylindrique à recevoir le gonocoque et à lui servir de milieu de culture a été le point de départ d'une confusion. Bumm admet maintenant la possibilité du développement sur ce qu'il appelle l'épithélium cubique à plusieurs couches; en d'autres termes il admet son développement sur l'épithélium pavimenteux stratifié qui recouvre le conduit vulvo-vaginal. On sait (]ue, hormis la couche superficielle qui seule est aplatie, les couches profondes de cet épithélium sont de forme cubique. D'autre part, dans l'épidémie de Posen que j'ai citée tout à l'heure, on ne peut invoquer pour l'explication de la vulvite, ni la bartholinite, ni la métrite blennorrhagique.