URÈTHRE. VESSIE
A part Minguet, Grand et quelques autres observateurs qui croient à l'existence d'une uréthrile produite non pas par le gonocoque, mais par le streptocoque ou le staphylocoque, on admet généralement que l'uréthrite e^-l d'origine gonococcienne. Ainsi Hasse insiste beaucoup sur ce fait qu'on trouve dans l'urèthre, le plus souvent, le gonocoque, et que si l'on y constate la présence du streptocoque ou du staphylocoque, ce n'est qu'au moment où l'inflammation commence à décroître. C'est du reste la théorie généralement admise. Elle s'explique par la doctrine générale de l'infection secondaire exposée plus haut et sur laquelle il serait oiseux de revenir.
Les chiffres de liasse sont démonstratifs.
Dans la blennorrhagie aiguë, il trouva le gonocoque dans l'urèthre 100 pour 100 ; dans les cas chroniques, 79 pour 100.
Je citerai encore deux faits de Fingcr où la gonorrhée était localisée uniquement dans l'urèthre de la femme. La nature spécifique de l'uréthrite y était démontrée par la présence du gonocoque. Doiton, avec Vilain, faire observer que la blennorrhagie existait peutêtre dans d'autres organes à l'état latent?
Cela parait difficile étant donné que l'étal latent est, dans l'espèce, une donnée problématique.
MÉTRITE. — CYSTITE. 287
Pour conclure, je dirai que l'existence de l'uréthrile gonorrhéique est certaine, incontestable. Mais, à côté de cette uréthrite, il y en a une autre.
J'ai la preuve que des uréthrifes aiguës, suppurées, douloureuses, ayant tous les caractères de la blennorrhagie, ont été contractées par des maris dont les femmes étaient infectées uniquement par le streptocoque puerpéral, que je retrouvais dans la muqueuse du col utérin.
Ces uréthrites duraient quinze jours, un mois, et guérissaient en somme aisément, mais récidivaient presque à chaque nouveau rapport. Jamais elles ne persistaient à l'état chronique, ce qui est une différence caractéristique d'avec les affections gonococciennes. J'explique ainsi ce fait : Dans celles-ci, la suppuration s'entretient au niveau des foyers spécialement propices à la germination du gonocoque, et dans lesquels celui-ci se fixe, comme les follicules prostatiques et les glandes de Cooper, pourvus d'épithélium cylindrique, tandis que les pyogènes associés ont disparu. Dans celle-là, l'uréthrite à streptocoques ou à staphylocoques, les pyogènes s'atténuent vite et disparaissent, comme cela est habituel, et avec eux disparait le mal.
J'attribue donc très volontiers au gonocoque la ténacité particulière dans la virulence et dans la contagion, en raison de sa grande vitalité dans les milieux d'élection qui lui sont propres. Il n'en est pas moins vrai que pour les processus suppuratifs eux-mêmes et par conséquent pour les affections dans lesquelles ces phénomènes existent, quelque suspectes qu'elles puissent paraître, le rôle du gonocoque sera à démontrer rigoureusement dans chaque cas.
Tout récemment Wertheim a communiqué un cas de cystite blennorrhagique chez une jeune fille de 9 ans atteinte de vulvovaginite gonorrhéique.
Il a constaté les gonocoques dans les leucocytes du pus vésical. D'autre part, ayant excisé, au moyen du cystoscope, un morceau de la muqueuse vésicale, il y trouva aussi une grande quantité de gonocoques'.