‹ Introduction a la pratique gynécologique (volume 2)Chapitre 87 sur 100 · VAGIN · texte numérisé non relu

VAGIN

Ainsi que cela devait ressortir de tout ce qui précède, Bumm cl Steinschneider ont affirmé que la muqueuse du vagin ne contient pas de gonocoques, que ces microbes ne sauraient s'implanter et prospérer que sur unépithélium cylindrique et dans un milieu alcalin.

Éraud, qui a minutieusement étudié les écoulements vaginaux, constate que les gonocoques se trouvent exclusivement dans le vagin postérieur, ou mieux dans le cul-de-sac postérieur, et qu'ils y sont transportés par les globules blancs venus de l'utérus. Éraud croit donc que le microbe de Neisser ne se fixe par sur le

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vagin, que la vaginite gonoccocienne est pour le moins exceptionnelle (1 ou 2 cas sur 100) et que, quand elle existe, elle est toujours secondaire à la métrite. Ce n'est pas tout. Le même auteur, renchérissant sur les idées du professeur Von Fritsch, de Breslau, va jusqu'à affirmer que la vaginite banale, suppurativc, n'existe pas plus que la vaginite blennorrhagique. Pour lui, les processus, qu'on a dénommés vaginites, se réduisent à des desquamations superficielles plus ou moins abondantes, à une sorte d'épidermite dont les débris agglutinés par le mucus simulent des exsudats inflammatoires.

Il nous semble que c'est faire trop bon marché de la vaginite en général et de la vaginite blennorrhagique en particulier. Cette affection, longuement décrite dans la plupart des traités classiques, est considérée comme fréquente par des syphiligraphes autorisés et qui, dans l'espèce, appuient leurs descriptions sur les résultats de leurs examens microscopiques (JuUien, Martineau, etc.).

Je me hâte d'ailleurs de souligner la conversion d'Éraud à des idées diflérentes; cette conversion, pour dater d'hier, n'en est pas moins importante à mettre en relief.

Jullien déclare que le vagin fourmille de gonocoques. Ilorand, qui s'est livré à de nombreuses recherches statistiques, croit non seulement que la vaginite blennorrhagique existe, mais qu'elle est bien plus fréquente que la vulvite. Le professeur Zeissl enseigne que le vagin est, avec l'urèthre, le siège habituel de la blennorrhagie, chez la femme. Bumni admet aujourd'hui l'existence de la vaginite blennorrhagique mais la considère comme exceptionnelle; Neisser est du môme avis.

Nous pensons, comme la plupart des cliniciens et avec beaucoup de micrographes, que l'existence de la vaginite blennorrhagique est chose bien réelle, et nullement exceptionnelle, qu'elle peut se développer soit antérieurement, soit consécutivement à l'inflammation spéciuque du col.

Mais comment des cas semblables peuvent-ils donner lieu à des constatations micrographiques si opposées? Comment se fait-il que les uns ne rencontrent jamais de gonocoques là où d'autres en découvrent à foison?

Pour expliquer ce désaccord on ne peut guère invoquer que des hypothèses. Peut-être en effet la muqueuse vaginale, avec sa surface

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