‹ Introduction a la pratique gynécologique (volume 2)Chapitre 88 sur 100 · INFLAMMATION BLENXORRIIAGIQUE · texte numérisé non relu

INFLAMMATION BLENXORRIIAGIQUE

lisse et l'épais feutrage de cellules plates de son épithélium, opposet-elle aux gonocoques une résistance telle qu'elle n'est pénétrée et habitée par eux que d'une façon passagère, soit au moment de l'inoculation première, soit lors des reprises aiguës que déterminent les écoulements septiques tombés du col qui, lui, reste infecté et enflammé d'une manière permanente.

Peut-être est-ce là la raison d'être de la présence intermittente des gonocoques à la surface des vagins blennorrhagiques et de l'irrégularité des constatations faites par les auteurs qui ont étudié les liquides vaginaux : de sorte qu'entre l'opinion classique qui tient la vaginite blennorrhagique pour constante, et celle qui la nie formellement et localise dans le col utérin le foyer principal de l'inflammation gonococienne, la vérité est évidemment cernée. Toujours est-il que je crois devoir affirmer à nouveau la réalité clinique d'une vaginite virulente blennorrhagique. Que le gonocoque ou le slapliylocoque ou tel autre microbe fussent l'agent étiologique, cela importait peu, tant que le désarroi régnait dans la doctrine. Si l'on a discuté la vaginite blennorrhagique et si on est allé jusqu'à la nier, c'est qu'on n'avait d'autre objectif que de démontrer la vaginite exclusivement gonococcienne; mais, cette préoccupation tombant, les faits acquis restent.

Et puis, quand on parle de vaginile, de vulvitc, c'est toujours de Y inflammation suppuralive que l'on veut parler; on ne voit que le pua. Tandis qu'il est fort acceptable que, si parfois, secondairement, le pus de ces affections est fabriqué par des microbes pyogènes associés, les gonocoques peuvent réaliser d'autres processus dans le vagin, en se localisant, par exemple dans la couche basale d'épi thélium cubique qui seule persiste à la surface des papilles, alors que celles-ci sont dénudées de leur épithélium corné. Certaines formes d'inflammation Irachomatt'use, granuleuse, etc., de la vulve et du vagin sont très probablement d'origine gonococcienne.

Au surplus, l'infection mixte due à l'intervention de microbes pyogènes autres que le gonocoque ne se produit qu'à la lin de la période aiguë, d'après l'opinion de AVertheim, Klein, etc.

Je ne puis terminer ce chapitre sans insister sur un point intéressant. L'on doit en eflèt se demander si la blennorrlutgie est apte à se développer sui' la muqueuse vaginale dans n'importe quelles

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conditions, ou bien s'il existe des circonstances particulièrement favorables à ce développement.

D'après Klein, Saenger et Fritsch, la vaginite blennorrhagique ne peut se développer que lorsque le terrain est approprié. Et comme tel, Sienger indique les cas « où l'épithélium est peu résistant, comme chez les vieilles femmes, femmes enceintes de constitution faible (les blondes), — en un mot, les cas où l'épithélium est mince, délicat ou desquamé ».

Fritsch abonde dans ce sens et croit à l'existence certaine de la vaginite : « 1" chez les jeunes personnes, chez les enfants, les vierges déflorées (ici le gonocoque se développe sur l'épithélium pavimenteux et traverse la couclie épithéliale) ; 2° pendant la grossesse (ramollissement de l'épithélium); 5" dans l'abondante suppuration blennorrhagique du canal cervical ou uréthral; 4" pendant les règles ». Gomme on voit, Fritsch considère comme condition nécessaire, pour la production de la vaginite blennorrhagique, Vétat anormal de l'épithélium, soit son ramollissement comme pendant la grossesse et la menstruation, soit son irritation ou sa destruction comme dans la défloration.

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