‹ Introduction a la pratique gynécologique (volume 2)Chapitre 91 sur 100 · QUELLES LÉSIONS PRODUIT LA BLENNORRHAGIE DANS LA TROMPE · texte numérisé non relu

QUELLES LÉSIONS PRODUIT LA BLENNORRHAGIE DANS LA TROMPE

Nœggeratli soutient que la salpingite blennorrhagique provoque nécessairement une oblitération de la trompe. M. Hartmann combat la portée absolue de cette opinion {Arch. de gynéc, 1895, p. 557); il dit que l'oblitération est loin d'être constante et cite à l'appui de son assertion le cas d'une malade incontestablement gonorrhéiquc, chez laquelle il a vu « sourdre au pavillon de grosses gouttes du pus ». Le cas de M. Hartmann a une grande importance au point de vue du pronostic. Si l'oblitération du pavillon n'est pas un fait constaté, on peut donc admettre que la salpingite blennorrhagique ne rend pas les malades nécessairement stériles.

Quoi qu'il en soit de celte constatation Irès intéressante qui permet de juger un point important du pronostic, les lésions tubaires sont souvent graves dans la blennorrhagie aiguë. L'épaississement des parois de la trompe, la production d'exsudats pseudo-membraneux vite convertis en coques fibreuses, l'adhérence des annexes malades à la paroi pelvienne, l'oblitération partielle ou totale du pavillon, sont la conséquence des poussées infectieuses. Et ces altérations anatomiques sont d'autant plus marquées que les paroxysmes aigus se sont répétés plus souvent et à court intervalle, c'est-à-dire à chaque période menstruelle.

Si l'on ajoute à cela la tendance à faire facilement de la sclérose, la possibilité d'une syphilis antérieure ou coexistante, on concevra sans peine que les lésions des parois subissent chez certaines malades un processus hypertrophique, rapide, ce qui aggrave certainement l'afieclion.

Dans les cas de gonorrhée subaiguë contractée d'un homme atteint d'infection gonococcienne chronique très ancienne, surtout lorsque le retentissement sur les annexes a été tardif, la lésion salpingienne

SALPINGITE ET. OVARITE. 301

a quelque chance de ne pas dépasser un degré modéré, et le pronostic en est d'autant plus bénin.

Quel est le degré de fréquence de ces complications pelviennes de la hlennorrhagic?

Les opinions des auteurs, à ce sujet, semblent être le reflet des théories qui leur sont chères bien plus que la résultante de recherches statistiques convenablement conduites.

Nœggerath estime que la blennorrhagie des annexes est très fréquente, qu'elle est à peu près inévitable.

La métrite du col et la périmétritesont, pour cet auteur, les lésions cardinales de la blennorrhagie génitale chez la femme. De là, selon lui, le très grand nombre des cas de stérilité imputables à la blennorrhagie. Sœnger (Centralbl. f. Gijn. 1884) estime également que les trompes sont très fréquemment lésées; elles constituent le foyer principal des inftammations blennorrhagiques péri-utérines.

Schwartz [Centr. f. Gijn. 1887) croit que la blennorrhagie entraîne souvent la péritouite pelvienne....

On pourrait multiplier les citations. Mais nous croyons que personne, à part Bernutz et Goupil, n'a fait à ce sujet de sérieuses recherches. Ces auteurs, après avoir examiné et suivi pendant quinze mois, à Lourcine, les femmes atteintes de blennorrhagie, ont constaté que, dans près d'un tiers des cas, il se produisait des complications de pelvipéritonite. Cette proportion nous parait très admissible, bien qu'il soit possible qu'on ait pris souvent de simples congestions périutérines pour des poussées de périmétrite spécifique.

Et puis, comment faire la part des infections banales non spécifiques qui peuvent trouver leur point de départ sur un col enflammé mais non blennorrhagiquc et retentir plus ou moins efficacement sur les annexes ? La bactérioscopie a seule ici quelque valeur.

OVARlTE.

C'est le lieu de rappeler, à titre de simple mention, l'opinion très discutée de Steinbach', Gerheira, Éraud, Campana, d'après laquelle la plus grande part des désordres reviendrait au staphylo-

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