‹ Introduction a la pratique gynécologique (volume 2)Chapitre 92 sur 100 · I . Loc. cit · texte numérisé non relu

I . Loc. cit

502 INFLAMMATION BLENNOURIIAGIQUE.

coccus pyogenes aureus qui associerait son action à celle du gonocoque. Le microbe de Neisser marchant en surface et n'atta(juant guère que les épilhéliums cylindri(jues et les glandes, le slaphylococcus évoluant aussi bien en profondeur qu'en surface infecterait les organes pleins qui n'offrent pas, comme le col et les trompes, un épithclium favorable aux germes de la blennorrhagie.

Mais ce sont là, nous l'avons vu, des hypothèses qui réclament et attendent encore le contrôle de vérifications microscopiques méticuleusement conduites.

D'après Werlhehn, le gonocoque, dont la plupart des auteurs ont dit qu'il ne vivait pas dans le tissu conjonclif et n'attaquait pas les organes pleins, serait capable de pénétrer l'ovaire et de le faire suppurer.

PÉRITONHE.

Wertheim pense avoir démontre d'une façon péremptoire l'existence de la péritonite due à l'action du gonocoque, au moyen de lexpérimentation. C'est en introduisant dans le péritoine de petits animaux (souris blanche) des fragments d'agar portant des cultures pures du gonocoque, qu'il a produit un exsudât séi'o-purulent ayant son maximum autour de la zone d'inoculation. Il en conclut à la possibilité de la généralisation de l'infection à la séreuse. Toutefois la terminaison par adhérences et non la mort en est la conséquence. Si, dans l'espèce humaine, semblable constatation n'a pas été faite, c'est qu'on n'a eu occasion d'étudier que des péritonites localisées, persistantes, tandis que, en raison de l'ancienneté de l'infection, le gonocoque avait disparu des autres régions du péritoine.

Steinsclincider et Charrier n'ont pas eu la chance d'arriver à une démonstration aussi concluante, bien qu'ils aient constaté comme Wertheim que le gonocoque inoculé dans le péritoine pouvait y vivre et déterminer un exsudât local (Paris, 1892) autour de la culture microbienne inoculée.

Reymond interprèle autrement les résultats obtenus par Wertheim. D'après lui, l'exsudat séro-purulent était le fait de la multiplication de gonocoques continuant à se développer aux dépens du fragment d'agar inoculé en même temps qu'eux. El si Wertheim a pu trouver des gonocoques non seulement à la surface du péritoine, mais encore

PÉRITONITE. 50d

à l'état d'infiltration dans le tissu soiis-péritonéal, Reymond objecte que c'est là le résultat de la phagocytose et de l'entraînement du gonocoque dans les vaisseaux absorbants.

Je demanderai à mon tour comment on peut concilier l'idée que la première action du gonocoque, de l'avis de tous, étant de produire un exsudât adhésif, capable de limiter promptement les lésions et d'arrêter l'extension du processus en surface, avec cet autre fait que l'inoculation pratiquée par Wertheim a provoqué non un processus local adhésif, mais un processus diffus.

11 faut encore ici, devant l'obscurité des faits, poser à nouveau la doctrine des infections mixtes adoptée par tant d'auteurs, et à laquelle Werlheim ne répugne nullement; il l'affirme dans son travail. Ses expériences ont eu pour objet de démontrer la possibilité de la péritonite diffuse gonococcienne. A défaut de démonstration péremptoire et incontestée, la théorie de l'association microbienne dont nous n'avions pas besoin pour l'explication des autres processus, semble s'imposer pour la périlonite.

Chez l'homme, des cas mortels de péritonite, à la suite de l'orchite blennorrhagique, ont été constatés dans des cas de cryptorchidie, ou de persistance du canal vagino-péritonéal. Mais combien rares!

Dernièrement Challan de Belval a rapporté un cas de péritonite blennorrhagique chez l'homme. Mais ce fait ne me parait pas bien démonstratif, l'examen bactériologique du pus n'ayant pas décelé la nature spécifique des micro-organismes*.

Revenant aux adhérences qui, d'un commun accord, sont considérées comme le résultat immédiat de la présence du gonocoque, et par lesquelles s'expliquent à la fois la limitation des lésions tubaires, l'oblitération de la trompe et la fusion des lésions tubaires et ovariques, il nous faut bien reconnaître que le fait anatomique, mis en évidence par M. Hartmann, ôte une certaine part de valeur à la critique qu'après Heymond nous avons faite des expériences de Wertheim. Si en effet l'écoulement du pus gonorrhéique peut se faire librement dans le périloine au travers d'un pavillon non oblitéré, et cela à une période déjà avancée de la blennorrhagie, il est bien certain qu'il y a lieu de rechercher d'autres causes que l'action même du gonocoque pour expliquer cette dissemblance.

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