DOULEUR DANS LA PARAMÉTRITE
des tiraillements exercés sur les annexes déplacées par des adliélences morbides et il explique le siège et la nature des phénomènes douloureux.
Cela ne veut pas dire qu'il faille tout rapporter à la paramétrite et à ses conséquences, mais il faut en toiir grand compte dans le diagnostic et le traitement.
La douleur ne cadre pas toujours avec des lésions actuellement perceptibles à l'examen physique. Celles-ci oui; pu disparaître dans le tissu conjonctif de remplissage, tandis que l'élément nerveux reste impressionné.
De l'inflammation primitive diffusée à tous les éléments il ne reste que la névrite. Cette conclusion nous paraît autorisée par ce que l'on sait aujourd'hui sur cette affection, bien mieux connue qu'autrefois.
A défaut de névrite réelle, il restera une susceptibilité nerveuse spéciale, une névralgie pelvienne.
Nous ne saurions prétendre à tracer de cette manifestation névritique* de la douleur, une description clinique spéciale. Il est môme exact de dire qu'elle se confond avec les caractères propres à la douleur tubaire et lubo-ovarique dans ce qu'elles ont de névralgique, c'est-à-dire cl'étranger à l'expansion exsudative du sacio-salpinx, à la congestion menstruelle des annexes, et aux tiraillements habituels à cette période.
Névralgique exclusivement, elle s'allie à l'état constitutionnel neuro-arthritique sur lequel nous avons déjà fort insisté, différant toutefois de la névralgie utérine ou hystéralgie (spasme douloureux du col) qui reste localisée à la région médiane du bassin et que l'examen direct décèle dans l'orifice cervical interne.
Elle débute et se fixe dans un point latéral du bassin où elle se manifeste avec ses périodes paroxystiques succédant aux accalmies.
Les mêmes causes qui influent sur les douleurs del'ovarite et de la salpingite influent aussi sur celles de la paramétrite. Il y a peut-être prédominance des causes d'ordre psychique et des excitations nerveuses de tout genre, ainsi que de l'action saisonnière, aussi réelle à notre sens qu'elle est difficile à interpréter.
SÉMÉIOLOGIE GÉNÉRALE.
e) Douleurs pelviennes sine materia.
Grandes névralgies pelviennes.
Richelot, qui a crée ce mot, dit : « Les femmes qui ont ces douleurs ont des organes sains ou très peu malades » ; « les douleurs sont violentes et continuelles, il y a un état de nervosisme intolérable ou une incapacité de travail absolue ». Concentrant ailleurs sa définition, il résume ainsi la description des grandes névralgies pelviennes : « phénomènes douloure2ix, graves, permanents, rebelles, qui ont pour siège l'utérus et les ovaires, ne correspondant à aucune lésion définie et s' accompagnant d'un état neuropathique plus ou moins accentué. »
Si l'on excepte de cette catégorie les hystériques à stigmates et à grandes crises nerveuses, il reste encore assez de variétés de douleurs nerveuses pour qu'une telle définition les puisse concerner : celles des arthritiques, des neurasthéniques, celles qui sont liées à de l'irritation spinale passagère ou prolongée, enfin les douleurs des nerveuses, sans phrases, dont la sensibilité s'exagère pour les moindres causes.
Ce qui caractérise le mieux cette névralgie, c'est sa mobilité : chez telle malade, elle disparait pour faire place à de la gastralgie; chez celle-ci, à de la coccygodynie, de la cystalgie, etc. ; chez telle autre, à de la contracture vulvo-vaginale ou anale; chez certaines, elle dégénère en un état maniaque ou délirant.
L'élection spéciale du siège pelvien de cette névralgie est commandée par des lésions anciennes ou récentes des organes génitaux internes, les annexes de préférence. En disant lésions nous ne prétendons pas dire infection ou infiammation.
La sclérose ovarique suffit à produire la douleur, Or la sclérose peut exister indépendamment de toute infection. Elle est assez généralement mal appréciée, car on ne la juge que par ses efl'ets sur la région corticale des ovaires; tandis qu'elle revêt un caractère autrempnt grave et douloureux lorsqu'elle porte sur le tissu médullaire en intéressant les vaisseaux, les muscles et les nerfs, et en amenant une atrophie rapide de l'organe, ainsi que nous l'avons
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observé. La sclérose ovarique d'origine syphilitique est également à soupçonner dans quelques cas.
Un trouble menstruel congestif, s'accompagnant d'hypertrophie du corps jaune, avec apoplexie du tissu ovarique, d'épanchement sanguin discret dans la trompe et le bassin, peut fournir l'épine où s'accroche une névralgie rebelle chez un sujet prédisposé.
lien est de même des exsudats légers dus à la môme cause, qui créent des adhérences ténues dans le bassin.
A plus forte raison, la même névralgie prendra-t-elle prétexte d'une lésion plus sérieuse, atténuée ou disparue, mais ayant laissé une névrite en permanence.
A défaut de ces causes matérielles, il est difficile d'interpréter ces névralgies prétendues sine malcria. On sait en effet, nous l'avons dit plus haut, que les utérus anormalement sensibles et sujets à des spasmes douloureux ne réagissent que sous l'influence des règles ou d'un contact direct. En dehors de ces conditions, tout prédisposés qu'ils soient à la douleur, ils restent parfaitement insensibles.
La conséquence rationnelle qui se doit déduire de cet aperçu d'un état aussi mal déiini, c'est que la cause prédisposante est tout, et que la lésion n'est rien ou presque rien.
Il est donc indispensable de s'attacher à bien élucider l'étiologic de la névralgie. C'est surtout afffaire aux neuro-pathologistes. Quant aux douleurs pelviennes pures sine mater ia, nous n'en avons pas observé méritant le nom de grandes névralgies, soit par leur intensité, soit par leur durée.