SYMPTOMES GÉNÉRAUX. — NEURASTHÉNIE. 59S
L'intestin grêle, le péritoine, l'épiploon réagissent de deux façons, en cas d'affections génitales : s'agit-il d'inflammation aiguë, c'est b péritonite suraiguë ou simplement aiguë qui apparaît avec ses symptômes propres ; est-ce une inflammation légère ou une récidive dans un état chronique, il se formera des exsudais adhésifs.
En somme la péritonite, la douleur persistante, les adhérences et les compressions sur l'intestin résument les troubles relatifs à ces divers organes.
Ce serait sortir de notre cadre que ^d'insister sur ce sujet qui est le fond même de l'histoire de ces afïections.
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SYMPTOMES GÉNÉRAUX. — NEURASTHENIE.
Les maladies de l'appareil génital engendrent souvent, chez la femme, des manifestations morbides plus ou moins marquées sur un certain nombre d'organes.
Chez certains sujets, l'organisme tout entier subit à la longue um véritable ébranlement, et de tels troubles sont créés dans les fonctions importantes, qu'on se demande lequel d'entre eiix domine la situation.
C'est surtout du côté du système digestif que la répercussion a lieu.
Le fait est trop banal pour qu'il y faille insister. L'atonie gastrique, la dyspepsie font partie du cortège obligatoire de la plupart des affections abdomino-pelviennes aiguës ou chroniques.
Signalons toutefois la rétroversion utérine et le prolapsus comme une des causes les plus communes de l'état nauséeux si fréquemment observé.
Le système respiratoire est touché plus rarement. On a beaucoup exagéré certain asthme génital qui cadre mieux avec les manifestations multiples du nervosisme qu'avec l'élément génital lui-même.
SÉMÉIOLOGIE GÉNÉRALE.
La loux utérine, toux réflexe, de même que VopJionie ou la rau-^ cilé de la voix, sont aussi des phénomènes réflexes suspects, à notre avis, comme dérivant des aflections utérines ou ovariennes. Ils sont tellement rares, dans ces cas si communs eux-mêmes, que no^is ne pouvons nous empêcher de les considérer plutôt comme des symptômes de névropathie que comme des complications de l'état morbide utérin.
La peau est souvent le siège d'éruptions diverses, si bien que quelques dermatologistes n'hésitent pas à les ranger dans le cadre des manifestations de la maladie génitale, tandis que les gynécologues anciens ne voulaient voir dans ces exanthèmes cutanés que l'expression équivalente d'une diathèse susceptible de toucher à la lois le tégument et le col utérin (acné du col).
Nous ne trancherons pas cette question, d'autant qu'il doit y avoir une part de vérité dans l'une et l'autre opinion.
Nous ne dirons rien des sécrétions en général.
Le système nerveux doit nous arrêter plus longuement.
Une équivoque est toujours à craindre quand on a aflaire à une femme malade dans ses organes génitaux et nerveuse tout à la fois :
Les troubles nerveux sont-ils cause ou conséquence?
La question n'est pas toujours aisée à trancher.
Il est infiniment probable que tantôt c'est la première, tantôt c'est la seconde interprétation qui s'impose.
On a vu précédemment le rôle des névropathies dans la production des symptômes douleur et métrorrhagie.
Il reste à apprécier ce même rôle dans la production des maladies elles-mêmes.
La névropathie ne peut pas causer l'inflammation, que nous savons être d'origine infectieuse, ni les néoplasies ou les dégénérescences qui dépendent de l'état constitutionnel.
En pourrait-on dire autant, quant à certains accidents, comme I hématocèle, et quant à certains troubles de statique comme le prolapsus et la rétroversion, qui relèvent parfois, à n'en pas douter, de spasmes contractiles ou de troubles paralytiques?
Notre avis, au contraire, est que la névropathie mérite une large place dans l'étiologie de ces aflections.
Pour en revenir à l'inflammation proprement dite, métrite, salpingo-
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ovarite, paraméttile, il est raisonnable d'accepter que, chez les femmes nerveuses, la tendance aux spasmes faciles établit une préparation ou crée une aggravation aux lésions qui, sur un sujet bien (■'quilibré, se limiteraient plus aisément et plus promplement.
Les paroxysmes, les retours fréquents de l'état aigu, les poussées congestivcs sont très probablement facilités par l'état névropathique.
Si donc on doit accepter qu'une femme malade, chronique ou impotente, devient aisément une nerveuse dans toute l'acception du mot, du fait de l'airection génitale qui l'obsède, la tracasse et parfois l'immobilise, — il ne faut pas perdre de vue que, chez beaucoup de sujets, la névropathie existait antérieurement et qu'elle a pu jouer un rôle dans le dél)ut du mal, dans ses récidives, dans sa persistance.
Reste à détînir ici la névropathie.
Il n'y a pas de discussion pour l'hystérie avérée ni pour les troubles d'ordre psychique caractérisé. Nous ne nous arrêtons pas, bien entendu, à l'excitation nerveuse banale.
Reste la neurastliénie.
Il n'y a pas lieu de s'attarder à un long exposé de ce qu'est la neurasthénie chez la femme : nous dirons seulement que les manifestations très spéciales d'ordre nerveux, qu'elle entraîne dans l'appareil génital et qui rentrent dans le cadre habituel de cette névrose, sont presque partout passées sous silence.
Définir la neurastliénie en général est difficile : on peut accepter que ce terme désigne un ensemble de désordres psychiques, moteurs et sensitifs, tantôt associés, tantôt se dissociant diversement, de manière à faire prédominer un des aspects morbides, sans que les deux autres s'efl'acent entièrement, et toujours avec une prédominance générale marquée de la faiblesse du tonus nerveux.
La neurasthénie est-elle un trouble purement nerveux et reste-t-elle indépendante des troubles constitutionnels qui révèlent une sorte de déchéance organique, état plutôt héréditaire qu'acquis, résultant d'une nutrition défectueuse ou viciée, en un mot de Varlhrilisme'ï A celte question on peut répondre que les deux aspects se rencontrent.
La névropathie s'associe fréquemment à l'obésité, aux attributs ordinaires de l'arthritisme et à la stérilité qui résume la phase ultime de la déchéance chez les dégénérées de cet ordre.
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Elle existe aussi certainement, indépendante des troubles nutritifs propres à l'arthritisme et reconnaît alors un état de lassitude et d'épuisement des centres nerveux.
Elle succède alors aux excès de toute nature, aux chagrins, aux obsessions morales prolongées, en un mot à tout ce qui constitue le surmenage psychique ou nerveux, sous toutes ses formes. Ces états sont sans conteste plus fréquents chez la femme, en raison de son excessive sensibilité.
Nous ne sommes pas suffisamment documentés pour tenter la dissociation de ces deux formes et nous préférons envisager les phénomènes d'une façon plus générale.
En réalité, il y a pour le clinicien, en dehors des névroses classées, deux catégories de nerveuses, disons de neurasthéniques : les nerveuses à manifestations érélliiques, congestives, spasmodiques, qui se rapprochent des pseudo-hystériques, — et les nerveuses à manifestations paralytiques, chez lesquelles l'atonie viscérale domine ainsi que l'afTaiblissement physique. C'est sans préjudice, d'ailleurs, pour l'une ou l'autre catégorie des troubles sensitifs douloureux liés à l'irritabilité spinale, ni des altérations psychiques variées, telles que tristesse, abattement, idées noires, avec prédominance d'un certain abandon de la volonté qui cadre bien avec les atonies viscérales diverses, mais qui contraste singulièrement avec la fréquence des spasmes de toute nature.
Nous nous en tiendrons à cet aperçu qui permet de faire deux classes de ces sortes de malades, en spécifiant, chez les unes, la prédominance de l'éréthisme et chez les autres celle de l'atonie. Si nous étions plus osés, nous irions jusqu'à considérer comme très certaine la fréquente association de la forme congestive avec les états dégénératifs liés à l'arthritisme.
Mais il est autrement intéressant de considérer les manifestations de ces états dans Vappareil génital.
Les troubles d'ordre sensitif, les douleurs permanentes, véritables algies, d'une rare ténacité parfois, siégeant aux point d'émergence profonde et superficielle des nerfs, ou sur leur trajet, ne donnent un réel caractère à l'état neurasthénique, chez la femme, que par leur apparition sans cause matérielle, du moins appréciable, et leur extrême mobilité quant au siège.
11 n'est môme pas toujours aisé de les déterminer, et beaucoup