NEURASTHÉNIE
d'ovaralgies prétendues ne sont autre chose que des névralgies profondes de la paroi abdominale, de même que parfois de simples cystalgies, prises pour des cystites réelles, disparaissent spontanément ou se transforment en névralgies diverses, telles que coccygodynie, douleur anale, hystéralgie cervicale.
Dans le même ordre d'idées, il se produit chez les femmes nerveuses de véritables pertes de la sensibilité, principalement dans le vagin, sorte d'impuissance de la femme; et, on peut le dire en passant, cette anesthésie de la muqueuse vaginale coïncide souvent avec l'atonie de la musculature génitale et l'hyperesthésie douloureuse vulvaire ou cutanée.
Du cùté de l'appareil moteur, on observe ïatonie sous toutes ses formes, avec cette particularité que son siège est plus spécialisé aux muscles lisses, vagin, utérus, appareil ligamenteux du bassin.
Au vagin, l'extension des parois, l'effacement des plis, la tendance manifeste à la hernie sont caractéristiques.
Dans Viitérus, l'atonie est moins sensible, mais elle se révèle nettement par l'excès de congestion menstruelle, l'abondance et la répétition des hémorrhagies avec turgidité exagérée.
Dans V appareil ligamenteux du bassin, les phénomènes paralytiques sont caractérisés par des allongements temporaires dus à l'insuffisance du tonus et par des déplacements de l'utérus.
11 y a sept ans que l'un de nous a introduit cette notion de l'influence de l'état nerveux sur la production de certaines déviations, abaissement, rétrodévialion de la matrice, et les observations publiées en détail, à ce sujet, portent la mention nettement dégagée de l'origine neurasthénique de ces accidents qui ont la même signification que les ptôses décrites par Glénard. Si nous insistons, c'est que cette notion étiologique, l'appelée plus tard par M. Reynier, à la Société de chirurgie, n'a éveillé aucun écho; et cependant rien n'est vrai et facile à contrôler comme l'association des altérations psychiques, des obsessions morales prolongées, des accidents neurasthéniques, en un mot, avec la diminution d'abord, puis la perte de la contraction tonique des faisceaux à fibres lisses qui constituent les ligaments utérins. Rien n'est moins rare que de renconter de véi'itables engorgements, des augmentations de volume congestifs de l'utérus, en dehors de la métrite et du myome, et s'accompagnant
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de métrorrhagies répélécs, impossibles à juguler sans le secours des moyens antispasmodiques. Cette catégorie de femmes, ainsi affectées de colpocèle, de prolapsus ou de rétrodéviation, de fluxions tenaces d'ordre purement nerveux, est plus fréquente qu'on ne croit. Les veuves y sont particulièrement prédisposées ; et cela se conçoit, sans qu'il soit besoin de s'expliquer autrement, par les perturbations de tout ordre et le changement de vie qu'entraîne le veuvage. D'où ce nom, qui paraîtra peut-être d'un pittoresque excessif, de maladie (les veuves, qu'on pourrait donner à cet ensemble de troubles psycho-moteurs et psycho-sensitifs.
Les fatigues exagérées et les chagrins, surtout les veilles répétées qu'occasionne la maladie d'un enfant ou d'un proche sont l'étiologie nette des mêmes désordres.
On en pourrait dire autant de la catégorie des délaissées, et des femmes mal mariées. On nous pardonnera celte incursion dans l'intimité morale des malades, mais le médecin ne peut pas se désintéresser de ces considérations qui sont autant d'éléments utiles à une appréciation exacte des maux qu'il a mission de soigner.
Il faut ajouter que les troubles moteurs paralytiques de l'élément musculaire à fibres lisses, soumis plutôt à l'action réflexe psychomotrice, contrastent parfois, chez les mêmes malades, avec l'irritabilité sensitivo-motrice qui se révèle par des spasmes singulièrement intenses au niveau des muscles striés soumis à l'action volontaire.
Enfin, nous serons brefs sur les ti'oubles congestifs, qui portent sur l'élément vaso-moteur. Sans entrer dans des détails précis de physiologie qui n'ont rien de bien spécial pour l'étude du mécanisme de ces congestions, il est bon de rappeler qu'ils revêtent un caractère particulier dans l'appareil génital féminin, en raison de l'hémorrhagie qui est l'aboutissant ordinaire des fluxions utérines normales ou anormales. C'est donc la ménorrhagie et la métrorrhagie, bien plus que les phénomènes vagues, physiques ou réactionnels, accompagnant habituellement la congestion, qui attirent l'attention des malades et des médecins.
A dessein, nous nous en tenons au mot de congestion, qui n'implique rien de déterminé, quant à sa forme, passive ou active, et cependant la distinction serait ici essentielle.
Avec l'observation et l'étude synthétique répétée des éléments que