C. — Farad Lsalion
Insf.nnnenfation. — Comme pour le galvanisme, l'inslrumentation comprend une source électrique et des rliéophores sur la description desquels nous devons insister.
La source est ici la bobine de Ruhmkorff, plus ou moins modifiée, pour l'usage médical. L'appareil à glissement de Tripier (p. 410). est de tous ceux usités en France le meilleur, sans contredit, surtout si les bobines ont un certain volume et peuvent être constituées. Tune par un iîl gros, l'antre par un fil tin.
On sait que la première de ces bobines donne un courant à tension relativement faible, et la seconde un courant à haute tension.
Les rhéophores sont externes ou internes.
Ceux qui sont destinés à fermer le circuit à l'extérieur sont constitués par des tampons de charbon recouverts en peau de chamois, ou même par de petites plaques d'étain recouvertes d'agaric et de peau, le tout bien imbibé d'eau, au moment de l'application.
Les rhéophores internes sont nnipolaires ou bipolaires. Les miipolaires sont constitués par une tige métallique isolée, au moyen d'un manchon en gomme et pourvue, à son extrémité, d'une surface où le métal, cuivre nickelé, est à nu, et permet le passage du courant. Cette extrémité active est plus ou moins longue, d'un diamètre plus ou moins grand, selon l'étendue de la surface sur laquelle on doit agir. Il est bon d'en avoir de divers modèles afin de parer ;i tous les cas. Dans l'application de ces rhéophores unipolaires, le courant se ferme sur le rhéophore externe en un point donné du tégument.
Au contraire, quand on emploie les rhéophores bipolaires, le courant se ferme sur le rhéophore lui-même, qui, au lieu d'une tige centrale conductrice, en présente deux parallèles et isolées l'une de l'autre.
Chacune de ces tiges correspond à une surface agissante où le métal est à nu. L'une de ces surfaces est placée à l'extrémité du rhéophore, la seconde à quelques centimètres au-dessous et séparée de la première par un enduit isolant. Le courant, dans ce cas, suit l'une des tiges centrales, arrive à l'embout métallique qui la ter-
4'2i MÉTHODES THÉRAPEUTIQUES SPÉCIALES.
mine, et Iraverse la paroi extérieure jusqu'à ce qu'il rencontre l'extrémité terminale de la deuxième lige centrale, par laquelle il ferme son circuit.
En résumé, un segment notable de la cavité abdominale est tra- ■"erse par le courant, dans la faradisation, quand l'un des pôles, est tégumentaire, l'autre externe, — tandis qu'une petite portion du tissu utérin seulement est sur le passage diiect du courant, quand on use d'un rhéophore interne bipolaire.
Outre les instruments que nous venons de décrire succintement, le l)"" Tripier, qui s'est occupé spécialement de la faradisation de l'ulérus, et qu'on doit considérer, à juste titre, comme le promoteur de cette méthode, ferme quelquefois le coui'ant sur la vessie et sur le rectum, et, pour cela, il em})loie des excitateurs rectaux etvésicaux.
L'excitateur rectal consiste en une olive portée dans une sonde métallique isolée dont la courbure reproduit à peu près celle de la concavité du sacrum.
L'excitateur vésical est une forle sonde de femme l'ecouverte d'un enduit isolant jusqu'à 2 cent. 1/2 de son extrémité; on donne une légère courbure à la partie métallique qui doit appuyer sur la partie postéro-supérieure de la vessie, — et une courbure, en sens inverse, sur la partie moyenne de la portion isolée de la sonde.
Manuel opératoire. — La faradisation utérine ayant surtout pour objet de remédier aux déviations utérines : rétroversion ou latéroversion, nécessite une localisation spéciale du courant pour chacun des points qu'on veut exciter. Dans les prolapsus avec cystocèle, les rhéophores externes sont placés soit sur le sacrum : faradisation sacro-utérine, — soit dans le rectum : faradisation recto-utérine.
Dans les déviations en arrière, on a recours, au contraire, à des électrodes bifurquées, placées soit sur le pubis, au niveau de l'orifice du canal inguinal, dans le but d'agir sur les ligaments ronds : faradisation pubio-utérine, — soit dans la vessie : faradisation vésicoutérine.
Quant au rhéophore intra-utérin, il est glissé, comme pour la galvanisation, sur l'index de l'opérateur, après avoir été garni de vaseline, jusqu'à l'orifice cervical, où il est doucement introduit au
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point d'arriver à l'orifice interne qu'on ne dépasse presque jamais.
Les rliéophorcs ainsi mis en place, on débite progressivement le courant de bobine, en enfonçant lentement l'induit dans l'inducteur. Deux sortes de bobines sont employées : les bobines à gros fil et les bobines à fil fin.
Les premières conviennent, toutes les fois qu'on s'adresse à un état congestif de l'utérus et qu'on cherche, comme le dit Tripier, par les contractions musculaires de l'organe, à produire une augmentation de l'activité et de la vitesse circulatoire. Provoquer la contraction d'un muscle est, on le sait, un des meilleurs moyens d'activer sa contraction languissante, et les courants d'induction avec bobines à gros fil remplissent ce but.
Quand on cherche, au contraire, à agir sur l'élément nerveux, il faut employer des bobines à fil fin qui possèdent une grande tension et produisent sur l'élément nerveux sensible, au moyen de vibrations rapides, une sorte de sidéra tion neuro-musculaire qui retentit souvent, par action réflexe, sur tout le système nerveux du petit bassin de la malade.
Il n'est pas possible de donner de règle précise en ce qui concerne l'intensité du courant.
On ne possède pas actuellement d'appareil de mesure capable d'évaluer avec précision cette intensité, et la seule mesure approximative adoptée est une règle graduée, le long de laquelle glisse la bobine. Or l'intensité variant énormément avec le diamètre et la longueur des fils de l'induit, et de l'inducteur, — et avec l'énergie du courant primaire dont l'inducteur multiplie au centuple les moindres variations, on est obligé de s'en tenir ici aux sensations fournies par la malade, qui doit fortement sentir, mais non soutfrir.
La durée des applications varie de trois à six minutes, et leur fréquence de deux à trois par semaine.