‹ Introduction a la pratique gynécologiqueChapitre 120 sur 170 · A. COURAIT GALVANIQUE · texte numérisé non relu

A. COURAIT GALVANIQUE

On peut diviser les ell'ets du courant galvanique en :

a) efl'ets excitants ou sédatifs du système neuro-musculaire;

h) effets trophiques ;

c) effets électrolytiques — ces derniers, ne se produisant qu'autant qu'une électrode magnétique est mise en communication immédiate avec les tissus et sert de conducleur à un courant dépassant 50 milliampères.

a) Les efl'ets excitants sont surtout produits au moyen d'un courant descendant et au niveau du pôle négatif.

On sait que les Allemands ont, à ce propos, édifié toute une théorie, celle de Y électrotonus. La vérification expérimentale du fait se démontre de la façon suivante : les membres inférieurs d'un animal, d'une grenouille, par exemple, sont mis en rapport, l'un avec le pôle positif, l'autre avec le pôle négatif d'une batterie galvanique. En soumettant chacun de ces membres, après quelques minutes d'électrisation, à une excitation rigoureusement égale, telle que celle qui est produite par la décharge du condensateur, on constate que le membre, qui se trouve positivé, a son excitabilité normale diminuée, ce que les Allemands nomment anélectrolonus, tandis que le membre soumis à l'action du pôle négatif voit son excitabilité notablement accrue, katélectrotonus.

Au point de vue thérapeutique, cette double action excitante d'une

ÉLECTROTllÉilAl'IE. W7

part, sédative d(3 l'autre, paraît se vérifier dans le traitement des névralgies d'une part, des paralysies d'autre part. Des expériences qu'il serait trop long de rapporter ici prouvent que l'action du courant galvanique agit en même temps sur les nerfs et sur les muscles.

h) Les effets trophiques se reconnaissent expérimentalement, d'abord en l'état physiologique de l'organisme, ou bien en l'état maladif.

Au premier ordre de faits se rapportent les expériences faites sur la circulation capillaire.

Celle-ci est liée intimement à la vitalité des tissus, et par suite des échanges moléculaires, de l'endosmose et de l'exosmose, à la nutrition. Elle est donc profondément modifiée à la volonté de l'expérimentateur, qui accélère ou ralentit le cours du sang dans les capillaires au moyen du courant galvanique. Ici encore, les faits tliérapeutiques viennent confirmer les données de la physiologie et il n'y a qu'à citer, pour mémoire, les bons résultats obtenus dans le traitement des amyotrophies.

c) Enfin, en ce qui concerne les effets électrolytiques, il suffit de procéder à l'électrisation galvanique intra-utérine, en se servant du spéculum pour la constater.

Au bout de (juclques minutes, une sorte de petite crépitation se fait entendre et des bulles de gaz viennent sourdre à l'orifice du col; bientôt une mousse sanguinolente ou blanchâtre apparaît, provenant sans nul doute de la destruction de la partie la plus superficielle de la muqueuse utérine. Cette action élecirolytiquc a été niée. On sait en quoi consiste fondamentalement le phénomène de l'électrolyse. Un courant traversant un milieu salin, le décompose, par suite d'une série de combinaisons encore mal connues, et détermine l'afflux, au pôle positif, des acides, — au pôle négatif, des bases.

Dans le corps humain, qui est un milieu favorable à l'électrolyse, puisqu'il est imprégné de liquides salins (sérum), c'est surtout les chlorures qui sont décomposés, et les effets électrolytiques doivent être dus, en grande partie, à l'acide clilorhydrique au positif, — à la soude caustique au négatif. Pour comprendre combien ce phénomène de l'électrolyse, qui semble avoir une action toute locale

i'2f< MÉTHODES THÉRAPEUTIQUES SPÉCIALES.

peut, au cond'aire, avoir de l'influence sur la nulrition de tout un organe, il faut se rappeler la lliéorie de Grotius sur les échanges moléculaires qui se l'ont dans l'intérieur des piles. Une molécule prise en un point quelconque du circuit n'est pas décomposée en ses éléments, qui seraient transportés, les uns vers le positif, les autres vers le négatif, mais subit, au contraire, une décomposition et une recomposition sur place : de telle sorte que, seules, les molécules avoisinant les pôles sont dissociées, tandis que, durant le passage du courant, toutes les molécules intermédiaires sont le siège de modifications incessantes dans leur composition chimique.

Nous voici donc en présence d'actions démontrées sur la contraclilité musculaire, sur l'excitabilité nerveuse, sur la circulation capillaire et sur la composition chimique des tissus.

Un mot seulement à propos de Vaction microhicide du courant galvanique.

Les travaux sur ce sujet sont très nombreux. D'Arsonval, Charrin, Apostoli, Laquerrière, etc., ont fuit des recherches intéressantes dont on peut conclure que : 1" le courant galvanique à des doses thérapeutiques, n'a aucune action par lui-même sur les microbes; 2" étant donné que le pôle positif est bactéricide, on peut en tirer certains bénéfices thérapeutiques dans les cas où il s'agit de faire de l'antisepsie, d'autant plus que les substances bactéricides formées au pôle positif peuvent pénétrer profondément dans les tissus, grâce aux phénomènes de transport'.

B. COURANT FAKADIQUE.

1,'aclion du courant faradique peut se résumer en un fait : la mise en jeu de Vaction réflexe. On sait que de nombreuses amyotrophies sont susceptibles de se contracter sous rinfluence du courant galvanique, tandis que le courant faradique ne provoque aucune contraction dans les muscles malades. Dans ces cas, l'arc réflexe

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