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Castration et hysiérect

Cette méthode trouve néanmoins des partisans chez les électrothérapeiilcs, M. Houdart entre aiilrcs, dont nous avons cité plus haut le travail. En se basant sur plus de 50 observations, il déclare que l'exploration électrique, faite d'après des règles bien établies, n'est pas dangereuse, ne comportant, comme contre-indication, que la gi'ossesse et les inflammations franches, aiguës du péritoine!

11 suffit de citer, pour conclure au rejet d'un moyen basé sur des principes aussi équivoques, alors que le diagnostic des aflections anncxiellcs, par l'examen méthodique direct, oflVe autant de simplicité que de sécurité.

GHAPITUE XXI

APPLICATIONS DE L'ÉLECTROTIIÉRAPIE AU TRAITEMENT DE OUELOUES AFFECTIONS GÉNITALES.

FIBROMES.

C'est surtout au traitement des fibromes que l'électrothérapie a été appliquée dès l'introduction de cette méthode dans la thérapeutique, et même maintenant, c'est de préférence, dans les cas de fibromes, qu'on emploie l'électrothérapie.

Il nous paraît, avant tout, intéressant d'apprécier, ici encore, la valeur de l'électrothérapie au point de vue du diagnostic.

Voici comment Apostoli et Le Bec formulent le principe qui doit, disent-ils, guider les cliniciens ' :

« Étant donné un fibrome utérin que vous aviez primitivement toute raison de supposer simple ou bénin, entouré d'une périphérie qui ne présente rien d'anormal, si, au cours d'un traitement électrique approprié et bien appliqué, la tolérance galvanique d'abord primitive disparait, si l'amélioration première fait place à une aggravation symptomatique générale et locale, si de plus, au cours de ce même traitement électrique simultanément ou d'une façon intercurrente, le fibrome vient à grandir rapidement tout en se ramollissant au point de donner l'impression d'une tumeur kystique ovarienne, la conséquence s'impose, tirée de la double réponse électrique et clinique précédente : c'est un fibrome qui dégénère, qui se trans-

1. Apostoli et Le Bec. Sur les contributions, etc. Nouv. arch. d'obslét. el de gyn., avril 1895.

forme en tumeur maligne, sarcomateuse ou autre, et qui réclame une intervention immédiate et radicale. »

M. Apostoli avait cité des faits à l'appui de cet énoncé, et d'après lui, le clinicien qui se conformera en tous points à ce principe,

Eschare supérieure cicatrisée. Eschare inférieure ulcérée, ayant donné naissance à une hémorrliagie.

pourra éviter des erreurs de diagnostic regrettables, et être mis ainsi sur la véritable voie.

Nous avons dit plus haut, à propos de l'électrothérapie dans le diagnostic dos affections des annexes, que celte méthode ne peut pas être considérée comme absolue. On peut même dire que, dans certains cas, le traitement électrique à l'aveugle peut être dangereux.

L'un de nous a observé le fait suivant :

La figure ci-contre montre un fibrome sous-muqueux, qui avait subi un grand nombre de séances de chimicaustie intra-utérine. On

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voit la trace d'une cicatrice à la partie supérieure de ce tibrùnie, et plus bas une perte de substance cruentée qui avait donné naissance à une hémorrhagie giave et prolongée.

Indicalions. — Quelles sont les indications de l'électrothérapic dans les fibroni(!s ?

Nous n'iu'siloiis pas à dire, deux seulemeul : la doidcnr ci Vlicmorrliagie.

A quel genre d'éleciricité a-l-on recours?

On ne se sert plus que de l'électricilé galvanique.

Galvanisation inira-ntcrinc. — Si on applique les données théoriques et expérimentales de Véleclrohjse aux iibromyomes, on peut considérer dès lors que l'électrisation galvanique devra modifier : 1° les éléments contractiles de ces tumeurs, et Ton sait qu'ils sont en grand nombre; en les faisant contracter, elle peut entraîner une diminution temporaire d(! volume, et surtout une modification dans l'irrigation de la tumeur;

2° l'excitabilitf' des nerfs qui s'y distribuent cl qui, souvent comprimés et irrités, sont névralgiquement douloureux ;

5" la circulation de ces tumeurs toujours engorgées, par suite de la gène circulatoire et des réflexes qui font qu'un fibrome entraîne, dans l'utérus, des modifications circulatoires analogues à celles de la gravidilé;

4" la vitalité elle-même du fibrome, par l'ensemble de ces actions et aussi probablement par les ellets électrolyliques cutanés dont l'analyse nous échappe encore;

5" enfin, la muqueuse i:térine se trouve directement modifiée par l'électrolyse dont l'action est analogue à celle des caustiques et peut, comme ces derniers, amener la formation de ;issus plus denses, plus serrés et moins saignants.

On a fait beaucoup d'objections à une telle doctrine. On est allé trop loin cependant en prétendant que le galvanisme portait son action seulement au niveau des piMes et point dans le segment de tissu intermédiaire.

Lo D'' Buckmaster, de New- York, a fait l'expérience suivante : il découpe dans un fibiome trois segments de même volume; sur les deux premiers sont appliqués les deux pôles d'une batterie, tandis que le troisième, intercalaire et en contact avec eux, sert de conducteur intermédiaire. Or, les deux premiers segments sont modifiés et point le troisième. Cet expérimentateur, en employant des tronçons de fibrome détachés du corps se mettait dans des conditions irrationnelles pour ces expériences. Point de nerfs dans son organe, plus de circulation. Alors, quelles modifications aurait-il voulu y trouver? Et malgré cela, quoique le D' Buckmaster ne les ait pas vues, elles existent indéniablement, ces modifications, puisqu'il est démontré aujourd'hui qu'un fil de cuivre, métal homogène et irréductible, subit des modifications moléculaires intenses aussitôt qu'un courant le traverse. Ce sont là des lois physiques auxquelles n'échappe aucune substance conductrice dans la nature, et parce que, actuellement, il est impossible de les analyser, il ne s'ensuit pas qu'elles n'existent pas.

Voilà tout ce qu'on peut dire actuellement pour expliquer l'action indéniable du galvanisme sur un grand nombre de manifestations symptomatiques des fibromyomes.

Durée du traitement. — Pendant combien de temps les séances sont-elles nécessaires et quel est le critérium pour cesser le traitement?

En thèse générale, on constate un résultat dès la troisième ou quatrième séance. S'il s'agit d'un fibrome, les métrorrhagies s'arrêtent, les douleurs disparaissent et, dans les cas les plus heureux, le fibrome commence à entrer en régression apparente. Une diminution de volume aussi précoce est exceptionnelle, et il faut bien 20 à 30 séances pour pouvoir apprécier nettement cette réduction de la tumeur qui est le critérium de la cessation du traitement.

Parfois un nombre de séances plus considérable est indispensable, et il y a intérêt à traiter la malade en les espaçant, si l'on veut, jusqu'à ce que les symptômes soient presque disparus et le fibrome sinon diminué de volume, du moins formellement enrayé dans son évolution. Chaque cas, on le comprend facilement, présente des indications spéciales, et c'est l'expérience qui ici interviendra pour guider le médecin.

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Quel pôle f(ud-il employer?

Au début, toujours le pôle positif. Ce n'est qu'au bout de 5 ou 6 séances qu'on usera du négatif dont l'action est plus énergique au point de vue électrolytique.

Enfin, on emploiera communément l'électrode métallique; l'électrode à charbon sera réservée pour les cas où la cavité utérine est très spacieuse et où la tige de l'hystéromètre parait trop à l'aise pour atteindre sûrement toute la muqueuse.

Galvano-pnnchire. — La galvano-puncture consiste, quand l'orifice du col est inaccessible, à créer une voie artitîcielle, autant que possible dans l'axe du fibrome, au moyen d'un trocart.

Le manuel opératoire est exactement le même que pour l'hystérométrie normale, sauf qu'au lieu d'introduire l'hystéromètre avec la douceur la plus grande, on enfonce au contraire, d'un coup, le trocart en plein tissu utérin, après s'être assuré préalablement, par le toucher, qu'aucun gros vaisseau ne fait saillie en ce point.

Le trocart, une fois enfoncé et sa tige isolée, est mis en communication toujours avec le pôle négatif de la batterie. La durée des séances est moindre que dans l'application usuelle et l'intensité ne dépassera pas 30 ou 40 milliampères.

Si les électrothérapeutes se divisent généralement en deux camps : les uns comme Apostoli, Gautier, qui veulent traiter les fibromes par la galvanopuncture, les autres comme Delétang, qui sont contre ce moyen de traitement, on peut néanmoins, d'après un de nos élèves, Chevrier' (d'Ottawa), qui a examiné cette question à un point de vue spécial, résumer les indications de la façon suivante :

1" Les tibromyomes non kystiques, qu'ils soient sous-muqueux, sous-séreux et surtout interstitiels, sont passibles du galvanisme. Les contre-indications sont pour cet auteur les conditions suivantes :

V Si le fibrome est intra-abdominal ou intra-utérin et pédiculé; 2" S'il y a une lésion des annexes.

Pour bien montrer que les conditions, dans lesquelles la méthode Apostoli est indiquée, se retrouvent beaucoup plus rarement qu'on

1. Du traitement électrique des fibromyomes utérins par la méthode Apostoli. Noiw. arch. d'obsl. et de gyn., octobre 1891.

ne le ci'oit généralement, il dit que « dans plus de 75 jjow 100 des cas, Vabstenlion s impose formellementr>.

MM. Labadie-Lagrave et Régnier' estiment qu'on doit recourir au traitement électrique dans les cas où les annexes sont absolument saines, qu'il y ait ou qu'il n'y ait pas d'hémorrliagic.

Dans les cas d'hémori'liagie, l'électricité, sauf exceptions raresdoit être préférée au cureftage, à la dilatation, etc.

Quant aux contre-indicalions, MM. Labadie-Lagrave et Régnier sont, en tous points, d'accord avec M. Chevrier.

L'action thérapeutique de l'électricité, dans le fibrome, se résumerait en somme en une diminution ou suppression des hémorrhagies et des symptômes douloureux; à ces résultats il faudrait ajouter la diminution de volume de la tumeur, et même, dans quelques cas, sa disparition complète?

Dès que la discussion à lieu entre électriciens et gynécologues il n'y a que contradictions.

M. Apostoli déclare que, par sa méthode, on obtient de brillants résultats.

M. Chevrier qui a fait sur le sujet le travail très substantiel que nous citions plus haut, arrive à des conclusions beaucoup moins encourageantes. H dit : « Les résultats que donne l'électricité dans le traitement du fibromyome sont médiocres et inconstants. Les femmes tôt ou tard, poui' la majeure partie, sont forcées de recourir à une intervention chirurgicale pour laquelle elles sont moins préparées qu'avant le traitement électrique. »

M. Gautier, en employant dans le traitement du fibrome la méthode d'électrolyse cuprique que nous avons décrite plus haut, dit avoir obtenu de meilleurs résultats. Il est vrai que la guérison définitive dans quelques cas, n'était obtenue que par une opération sanglante devenue indispensable (hystérectomie) ; toujours est-il que le symptôme le plus inquiétant et le plus grave — les hémorrhagies — étaient arrêtées dans tous les cas qu'a cités M. Gautier

Avant de dire ce que nous pensons personnellement de la valeur de l'électrothérapie dans le traitement des fibromes, nous voudrions

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