Le massage en gynécologie
parfois efficaces. L'équivoque est plutôt d'attribuer un (jualificatif pareil à l'espèce de mouvement que l'opérateur effectue. Il n'y a plus ici effleurage ni pétrissage, il y a des pressions et des frictions, graduées sur la sensibilité de la malade et qui véritablement ne correspondent pas à une méthode définie.
Les premières séances durent quelques minutes ; plus tard on pourrait les prolonger, mais elles ne devront pas, en tout cas, dépasser 8 minutes, excepté les cas très rares où l'affection sera particulièrement tenace et où, ce qui est essentiel, la malade possédera une très grande tolérance.
Prochownick insiste sur la nécessité de commencer le pétrissage par le bord externe des épanchements (le pétrissage servant surtout pour les exsudais chroniques), et de n'arriver au centre que petit à petit.
Les malades garderont le repos, après les premières séances, pendant une heure environ. Plus tard, on pourrait réduire le repos à un quart d'heure, à la condition, bien entendu, qu'il ne survienne aucune complication.
Le troisième procédé employé par Prochownick et désigné par lui sous le nom de « Zugdruck » consiste en ceci :
On saisit la partie malade entre les deux mains, comme on le fait dans le pétrissage et « pendant qu'une main la fixe et la porte à rencontre de l'autre main, celle-ci exerce, avec deux ou trois doigts, une traction lente sur la lésion qu'elle étire, dans une certaine mesure, et qu'elle recommence à étirer de nouveau pendant que l'autre main continue à fixer la partie malade. » La durée est de 4 à 6 minutes au début, de 10 à l'i minutes plus tard, avec des pauses.
Dans le « Zugdruck » comme dans le pétrissage, il faut introduire, dans le vagin, la main gauche si la lésion siège du côté gauche, — la main droite, si la lésion se trouve à droite.
Uélévation consiste à élever les organes pelviens.
Deux doigts sont introduits dans le vagin, pendant que la main extérieure saisit l'utérus et le relève dans une direction verticale ou latérale.
Les organes relevés sont maintenus pendant une ou deux minutes;
ensuite on les laisse retomber. Après une pause, courte généralement, on recommence.
On répète la même manœuvre de 2 à 5 fois par séance.
Brandt ajoute à cette élévation simple faite par Prochownick, une gymnastique préalable qui consiste en tapotement des reins; en outre, Brandt a recours à un aide placé de façon que ses hanches appuient sur les genoux de la malade et les pousse en flexion forcée.
A côté de ces différentes variétés du massage actif de Prochownick, il faut placer le massage vibratoire de Kellgren.
Ce massage peut se résumer de la façon suivante :
Les doigts de la main intérieure introduits dans le vagin, la main extérieure est placée sur l'abdomen à plat, et non verticalement, comme cela a lieu dans la méthode de Thure-Brandt.
Les mouvements se font avec le bras tout entier qui ne doit pas être raidi. On a caractérisé ces mouvements de la façon suivante : « ce sont des mouvements souples répétés, à petites oscillations; c'est à peine si l'on voit remuer le bi'as droit. »
Massage passif.
A côté du massage actif, que nous venons d'exposer, Prochownick place le massage passif dont il considère les divers procédés comme autant de moyens capables d'accélérer les résultats.
Une injection vaginale administrée sous une pression de 50 centimèlres pourrait déjà être considérée comme du massage passif.
Nous devons faire remarquer que le fait seul de la pression ne permet pas de conclure au résultat. La pression du liquide injecté, est bien peu de chose en elle-même, si l'on considère qu'il agit par percussion sur les oi ganes.
Autre chose est l'état de tension qu'acquiert le liquide injecté et emmagasiné dans le vagin ; or, chez une multipare et chez toute femme à orifice vulvaire large, le reflux du liquide, quelle que soit la force initiale du jet, s'établit avec une telle facilité que la pression inira-vaginale est nulle.
Chez les femmes à vulve étroite au contraire, cet orifice fonc-
lionnant à la façon d'une valve, le reflux du liquide est si faible qu'une grande quantité s'accumule dans le vagin et s'y trouve à une tension suffisante pour le distendre et finalement amener des déplacements considérables dans les rapports normaux des organes pelviens. C'est à tel point que, dans ce dernier cas, le liquide s'échappe d'une façon intermittente, brusquement, comme au travers d'une soupape et qu'une injection mal surveillée peut occasionner de réelles douleurs.
On voit de suite combien aléatoire sera l'effet de l'injection en cas de reflux trop facile du liquide, et combien dangereux il peut être dans le cas contraire.
Récemment, il a été maintes fois quesfion d'un moyen pouvant concourir au même but que le précédent : c'est la distension méthodique du vagin par des tampons d'ouate ou de gaze qu'on empile avec un maximum de pression supportable pour la femme. C'est une sorte de propulsion mécanique et lente des organes pelviens, tendant à changer leurs rapports, à les élever au-dessus de leur niveau normal, à exercer des compressions sur le paramétrium, à faire l'extension lente des ligaments, en un mot à agir à la fois comme excitant et comme procédé mécanique analogue an massage, sauf la permanence et la lenteur dans l'action.
On a dénommé ce procédé « columnisafion du vagin ».
Certains pessaires peuvent viser au même but. Celte variété de massage consisterait à introduire, dans le vagin, des bondes et des cylindres en caoutchouc durci ; le plus souvent on emploie les cylindres qui s'adaptent mieux au canal vaginal. Ces cylindres ont 8 centimètres en largeur. Ils sont retirés chaque matin. Le résultat qu'on se propose d'obtenir est un assouplissement du vagin suffisant pour que les manœuvres du massage actif soient rendues plus faciles.
Nous ne quitterons pas ce sujet sans dire ce que nous pensons des mouvements spontanés et des déplacements physiologiques des différents viscères pelviens. Le jeu alternatif qui résulte de la réplétion et de la vacuité de ces organes, tous creux, tous mobiles et munis de parois musculaires, est une des conditions des plus favo-
rables au retour à l'état normal, lorsqu'un processus inflammatoire ou un traumatisme ont amené quehjues troubles.
Assurément nous sommes loin du péristaltisme et de l'antipéristaltisme de l'intestin, mais, à défaut d'un mouvement insensible et continu analogue à ces derniers, il n'en existe pas moins une véritable trmnlallon automatique des viscères en divers sens, soit qu'ils se distendent lentement et progressivement, soit qu'ils se vident brusquement.
La vessie et le rectum, dont les connexions avec l'appareil génital sont intimes, peuvent être considérés comme des agents permanents de ces mouvements. En etret, tantôt ils repoussent l'utérus et les annexes en avant; tantôt ils les repoussent en arrière, suivant que le rectum ou la vessie sont eux-mêmes distendus; tantôt ils les élèvent verticalement dans le bassin. Le redressement de l'axe utérin est aussi la conséquence de cetle élévation. Il n'est pas jusqu'à l'utérus lui-même qui ne puisse se mouvoir sous l'influence de contractions plus ou moins spasmodiques de cei'tains de ses ligaments, les postérieurs surtout. Nous en dirons autant de la trompe et de l'ovaire dont la mobilité active est mise en jeu par li\ crise menstruelle et bien certainement aussi par les excitations génitales.
Nous ne faisons qu'ébaucher cette mécanique subtile d'où dépend souvent le plus ou moins d'activité dans la guérison d'un certain nombre d'atïéctions génitales.
Pour être complet, il faudrait envisager un autre élément de grande importance dont l'action peut concourir au même but. C'est Vélément vasculaire. Rougét a fait ressortir la pseudo-érectilité de chacun des organes de l'appareil génital, grâce à laquelle des changements de volume très marqués peuvent se produire à des intervalles très rapprochés. C'est encore là une formule du massage passif si tant est que le qualificatif soit bien choisi.
Enfin les différents déplacements du corps, les différentes attitudes, les mouvements, l'effort, le repos sont encore des conditions mécaniques qui entraînent des variations très grandes dans la statique pelvienne. Et, sans qu'on puisse les assimiler à une gymnastique méthodiquement dirigée, on ne peut émettre un doute sur
la réalité des bons effets qu'elles produisent souvent sui' le système génital.
Il nous a paru intéressant de mettre en relief l'importance des conditions sus-décrites, pour bien montrer que c'est à ces conditions mêmes, lorsqu'elles sont insuffisantes, que le massage actif a pour objet de suppléer.