Loc. cil
mi MÉTHODES THÉRAPEUTIQUES SPÉCIALES.
n'est pas des mois qu'il faut attendre, mais des années, pour pouvoir agir utilement, sans douleur et sans danger, sur de semblables lésions. En deux mots, ce n'est pas à la paramétrite que le massage doit s'adresser, mais aux cicatrices fibreuses qui sont les vestiges persistants de la paramétrite.
Quant à la périmétrite, qui s'entend aussi bien de l'inflammation développée autour de l'utérus lui-même (exsudats et adhérences uléro-pelviens) que de l'inflammation des annexes (salpingo-ovarite) il faut lui considérer deux éléments très nettement séparés : 1° l'inflammation des parenchymes eux-mêmes; T les exsudats et les adhérences.
Contre l'inflammation des parois utérine, ovarique et tubaire, à plus forte raison contre l'inflammation du parenchyme de ces organes, le massage est un traitement qui ne donne, le plus souvent, que des déceptions.
Contre les exsudats, avant leur transformation fibreuse, le massage, nous l'avons dit déjà, est une méthode dangereuse ou inutile : dangereuse parce que les exsudats non organisés sont le plus souvent septiques et susceptibles de suppurations dilïuses ; inutile parce qu'à cette période exsudative, l'eflort curatif naturel n'a pas encore dit son dernier mot; la guérison spontanée ou le passage à la chronicité ne sont pas décidés.
C'est donc uniquement aux adhérences persistantes, — aux brides fibreuses qui recouvrent et enveloppent les annexes et les maintiennent captives, en ectopie, — c'est enfin aux brides qui fixent l'utérus dévié au bassin, que le massage doit s'adresser. C'est également l'opinion de Dùhrssen qui estime que le massage ne peut être utile que dans les cas où il s'agit d'adhérences complètement organisées.
Quant à la périmétrite, le massage donne, d'après Prochownick, de bons et durables résultats, dans les cas où elle est simple et réduite à des adhérences fibreuses de l'utérus. Sicile s'accompagne de déviation de l'utérus, on arrive à faire disparaître les symptômes douloureux. Mais la restitution complète est obtenue plus sûrement dans les paramétrées. 11 faut éviter le massage dans les cas où il existe des tumeurs salpingiennes volumineuses de nature tuberculeuse ou bien du pyosalpinx. Dùhrssen proscrit le massage dans
les cas où il existe de la pijosalpmgite; ici le seul traitement véritablemenl indiqué, c'est l'extirpation des annexes malades. 11 n'en est pas de même des cas où il n'y a que de la salpingite simple.
Mme Goldspiegel Sosnowska' a cité dans son travail deux cas de salpingite où le massage avait amené la guérison complète. Le même auteur a pu guérir, par le massage, une femme atteinte d'hydrosalpinx. Le difficile est de préciser à quel genre de tumeur kystique on a eu affaire en pareil cas. Il n'est pas absolument rare en effet de voir des hydropisies enkystées dans des exsudais filamenteux apparaître et disparaître avec une rapidité surprenante pour la moindre cause.
5" RÉTRODÉVIATIO?» DE l'uTÉRUS,
Le massage dans ces cas est supérieur, comme agent thérapeutique, à tous les moyens de force; on arrive à guérir ainsi un grand nombre de malades. Le pessaire néanmoins est utile, comme moyen complémentaire pour maintenir l'utérus réduit. Tel est l'avis de Procbbwnickqui a traité par le massage 151 malades; sur ce nombre, il a obtenu 26 guérisons définitives, 42 relatives; 57 malades ont vu leurs symptômes disparaître (8 sans emploi du pessaire).
Notre opinion personnelle peut se résumer de la façon suivante : Nous croyons que le massage peut donner de bons résultats dans les cas où il s'agit :
1° D'une atonie musculaire d'origine neurasthénique;
2" D'une rétrodéviation à une date rapprochée de la période puerpérale tenant à la subinvolution;
3" D'une rétroversion par adhérence des annexes, le tissu cicatriciel étant aseptique.
Dùhrssen est sur ce point d'accord avec nous. Il conseille d'employer le massage dans les cas où il existe des adhérences du côté de l'utérus. Nous avons cité plus hautjl'opinion favorable au massage, dans les cas où l'antéflexion de l'utérus est déterminée par des adhérences paramétritiques anciennes, ce qui également confirme notre manière de voir.
1. Traitement des maladies des femmes par la méthode de Thiire-Brandt, Archives génér. de méd., nov. et déc. I8'J3.
Il faut en somme, pour le faire bénéficier du massage, que l'appareil musculaire n'ait pas subi de traumatisme réel qui l'ait compromis dans sou intégrité. Nous avons échoué néanmoins dans deux cas où les annexes étaient malades; malgré tout ce que nous avons fait, nous n'avons pu arriver à rétablir la tonicité des ligaments utéro-sacrés et en amener une rétraction suffisante pour assurer la statique normale.
Le massage, d'autre part, échoue :
1° Dans les cas où il y a un traumatisme, déchirure profonde du plancher pelvien ou de l'isthme utérin; déchirures ou éraillures étendues du releveur de l'anus ou des ligaments utéro-sacrés; déchirures, tiraillement considérablo des attaches vésicales, vaginales, utérines, survenues soit au cours d'une opération obstétricale, soit dans les présentations anormales ;
2° Dans les cas où une phlegmasie diffuse a occupé l'utérus ou les annexes, salpingo-ovariles par exemple, ces productions pathologiques ayant pesé sur les muscles ou les ligaments et, par cela même ou par l'inflammation de voisinage ayant amené leur atonie persistante.
4° MÉTRITE CHRONIQUE.
Dans la pseudométrite chronique ou engorgement utérin persistant, qui a pour origine la masturbation, la sénilité précoce ou l'inaction absolue pendant longtemps, comme dans l'azoospermie du mari, le massage ne donne presque pas de résultats.
On peut dire la même chose pour la subinvolution de l'utérus après l'accouchement.
Au contraire, dans les cas de métrite chronique vulgaire, le massage donnerait des résultats absolument satisfaisants et persistants, d'après Mme Goldspiegel-Sosnowska. Cet auteur a cité neuf observations où la guérison était parfaite.
Dùhrssen pense que le massage fait disparaître les exsudats interstitiels récents et compare son action à celle des injections chaudes.
5° PROLAPSUS UTÉRIN.
D'après Prochownick, le massage réussit parfois dans les abaissements et les prolapsus, quand il est combiné à la farodisation.
11 agit surtout sur le relâchement des tissus. L'action du massage est plus manifeste chez les femmes jeunes, n'étant pas arrivées à l'époque de la ménopause; elle est beaucoup moins efficace dans les cas où les prolapsus sont traumaliques.
D'une façon générale, Prochownick considère le massage comme le meilleur traitement et le met au-dessus de tous les autres. Mme Goldspiegel-Sasnowska a cité également un cas de prolapsus avec cystocèle et déchirure du périnée traité par le massage pendant quatre mois et guéri.
Pour notre part nous ne pouvons que rappeler ici les considérations qui se rattache à l'étude attentive des déviations utérines.
Si nous voulions nous baser sur notre propre expérience, nous dirions que le massage est loin de mériter les éloges dont il est comblé si généreusement par Prochownick. Nous avons obtenu très rarement des résultats tout à fait satisfaisants quand il existait des lésions traumatiques anciennes, déchirures profondes du col, du vagin, du périnée. C'est dire que nous lui préférons d'autres moyens thérapeutiques et, parmi ces moyens, il faut accorder une place à l'électricité, tout en réservant le dernier mot à l'action chirurgicale qui est sûre, prompte et d'une facile exécution.
Ajoutons qu'à l'encontre de Prochownick, nous avons d'ordinaire recours non point à l'électricité faradique, mais bien à l'électricité galvanique.