CONCLUSIONS
Il nous reste maintenant à dire ce qu'il faut penser de l'action du massage en gynécologie d'une façon générale. Depuis qu'il est entré dans la pratique courante, il a suscité de nombreuses discussions où partisans et adversaires de ce mode de traitement ont apporté, chacun
de leur côté, des preuves plus ou moins convaincantes. Nous avons cité une discussion à la Société de chirurgie où Pozzi, Richelot, Bouilly, Routier ont invoqué des faits dans lesquels on a été obligé de recourir à des opérations graves, à la suite d'un massage intempestif. D'autre part Lutaud a cité deux cas dans lesquels le massage a permis d'éviter une fois la laparotomie, une autre fois l'hystérectomie. Ces deux opinions, à les considérer d'une façon exclusive, sont également exagérées.
Fait selon les préceptes de prudence adoptés par les masseurs de profession, le massage gynécologique ne doit pas être dangereux.
11 ne doit pas être non plus tenu pour une méthode thérapeutique certaine. Nous dirons volontiers de lui ce qui a été dit de l'électricité : c'est un procédé, à l'usage des gynécologues auxquels répugnent les moyens chirurgicaux et des malades qui n'en veulent point.
On conçoit qu'il reste par trop exclusif entre les mains de certains médecins spécialistes. Un gynécologue, méritant ce nom, ayant par conséquent une expérience plus réelle des choses, qui lui vient de sa pratique chirurgicale et de ses connaissances spéciales, doit essayer du massage sagement, prudemment, le mesurer à chaque cas, et le tenir pour un critérium thérapeutique infidèle, sans toutefois le proscrire inconsidérément.
Nous croyons que le massage peut donner de bons résultats dans un certain nombre de cas assez restreint et dans des conditions que nous avons spécifiées au cours de cet exposé. Le grand tort du massage, ou plutôt de ceux qui l'appliquent systématiquement, consiste à notre avis à ne pas discerner suffisamment les cas et à vouloir traiter par ce procédé presque toutes les affections de l'appareil génital de la femme.
Notre expérience personnelle, nous le répétons encore, nous oblige à protester énergiquement contre cette généralisation d'un mode de traitement qui ne peut réussir en somme que dans quelques cas.
Les partisans du massage à outrance ne se rendent pas compte du très mauvais service qu'ils rendent à leur mode de traitement favori. Ceux qui les suivront dans cette voie, seront vite découragés et finiront peut-être par le bannir complètement de leur pratique, ce qui serait une faute. Contentons-nous de peu, demandons au massage ce qu'il peut donner, et nous arriverons peut-être à guérir ou soulager un certain nombre de malades.