DÉSINFECTION INTESTINALE
point nécessaire d'insister sur les avantages qui résultent, en pareille occurrence, de l'état de vacuité et d'asepsie du canal intestinal.
Le traumatisme, par son siège môme, agit sur le centre sympalique hypogastrique. qui se relie étroitement aux centres solaire et épigastrique. On comprend qu'à la suite d'une intervention chirurgicale qui porte sur le péritoine, il puisse se produire des réflexes divers dont la conséquence soit une action sur l'intestin. La paralysie intestinale est la résultante fréquente sinon forcée d'un trauma qui, pour être aseptique, n'en donne pas moins naissance à des phénomènes de constriction et de dilatation, de spasme et de paralysie. Aussi l'action paralysante qui, somme toute, est l'aboutissant de ces réflexes produit-elle chez les opérées une constipation à laquelle elles sont déjà exposées du fait du séjour au lit.
Cette constipation peut être due à une autre cause.
Si l'action réflexe suffît pour expliquer la paralysie de l'intestin, il n'en est pas moins certain qu'une autre palhogénie peut être invoquée.
Le traumatisme opératoire porte directement sur l'intestin, dans un certain nombre de cas. Ici, c'est le péritoine viscéral qui est légèrement atteint par des manipulations prolongées. La séreuse est dépolie. Là, l'intestin est plus fortement touché soit par une compression intempestive et exagérée, soit par le contact d'une pince. Il en résulte un certain degré de paralysie de la tunique musculaire sousjacente, d'autant plus qu'une inflammation peut survenir dans ces conditions. 11 se forme volontiers des agglutinations entre les anses d'intestin dépolies par le trauma, ce qui contribue à accentuer encore les phénomènes paralytiques.
Ces accidents locaux, dus au traumatisme, sont singulièrement exagérés et aggravés, quand il y a pénétration de micro-organismes dans le cœlome, et il n'est pas aisé de soustraire d'une façon absolue le péritoine à l'action de tout germe. Sans doute la gravité de l'infection dépend surtout des espèces et de la virulence des micro-organismes. Mais ces micro-organismes, si peu nombreux et si atténués qu'on puisse les supposer, sont de nature à causer rapidement des phénomènes inflammatoires, des adhérences, de la paralysie de l'intestin. Les germes sont-ils plus virulents, il se produit une infection qui tend à se généraliser.
La constipation, par elle-même, est une condition mauvaise parce
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qu'elle favorise la stagnation, la décomposition des matières, la multiplication des micro-organismes contenus dans l'intestin et qu'elle augmente par suite la toxicité du milieu intestinal.
Mais l'ictus traumatique, dont on a déjà envisagé un des effets sur l'intestin, va agir plus loin par voie réflexe, et atteindra les émonctoires (foie, reins) dont le fonctionnement sera momentanément ralenti ou supprimé. C'est ainsi qu'on peut constater la diminution notable de la quantité d'urine émise dans les 24 heures qui suivent une laparotomie.
Quoi qu'il en soit, celte suppression ou ce ralentissement des fonctions du foie et des reins en particulier a pour conséquence un défaut d'élimination des matériaux toxiques et leur accumulation dans l'économie.
Il faut ajouter que peut-être l'agent anesthésique agit de la même façon sur le foie et les reins et amène un arrêt passager ou prolongé des fonctions particulières de protection dévolues à ces organes.
De sorte que les substances toxiques se trouvent en excès dans l'organisme parce que, du fait seul du trauma, elles ne peuvent être détruites ou éliminées suffisamment soit par la voie rénale, soit par la voie intestinale.
Supposez la patiente en proie, avant l'opération, à une de ces toxémies vagues d'origine intestinale, étiquetées de tant de façons diverses et qui se caractérisent par des troubles gastro-intestinaux. Le trauma peut surprendre une malade en pleine résorption des principes morbides ou dans un état d'infection latente, mal dessiné, mais que l'appréhension, le choc moral, la perle de sang, etc., aggravent subitement. (Féré a démontré l'action du choc moral sur les intoxications et les toxémies.) Dans ces conditions, il y a accumulation de poisons dans le sang, d'autant plus que le foie, les reins et l'intestin ne fonctionnant déjà pas normalement, ne sont pas aptes à mettre l'organisme à l'abri de cet envahissement excessif de germes.
Ces diverses éventualités, en se combinant, aggravent les conséquences du simple traumatisme.
En somme, l'auto-infection prend sa source dans les poisons fabriqués normalement par le milieu organique, ptomaïnes ou leucomaïnes. C'est Jeur accumulation dans l'organisme et leur résorp-