DÉSINFECTION INTESTINALE
du lavement, le matin de Topération, a pour inconvénient de provoquer des accidents désagréables au cours de l'intervention.
11 ne suffit pas d'avoir obéi aux sages prescriptions des anciens chirurgiens et d'avoir largement assuré l'évacuation de l'intestin avant l'opération, il faut encore obéir à une seconde indication aussi urgente, à savoir : combattre la paralysie inteslinale, lutter contre la suspension du fonctionnement des émonctoires, éliminer les produits toxiques qui s'accumulent dans le sang.
Rien n'est comparable au purgatif pour atteindre ce but.
Le deuxième jour au soir, ou le troisième au matin, on administre systématiquement à l'opérée soit 60 centigrammes de calomcl en 5 paquets, à dix minutes d'intervalle, soit un verre d'eau purgative (Hunyadi, etc.). Si l'effet tend à se produire, on fait donner un lavement.
L'évacuation des matières fécales réveille la contractilité de l'intestin, provoque des contractions intestinales qui s'opposent à la formation des adhérences et amène une décharge de micro-organismes et de toxines.
Le drainage par l'intestin doit être assure pendant toute la durée des suites opératoires et il faut se défier, malgré toutes ces précautions, de l'accumulation de matières fécales. Dans certain cas, quoiqu'on ait eu soin d'administrer une purgation, on en est réduit à désobstruer mécaniquement le rectum.
Chez certaines opérées, les selles sont quotidiennes et cependant il existe des troubles variés (inappétence, céphalalgie, agitation, insomnie, faciès émacié, etc.), parfois capables d'inspirer les craintes les plus sérieuses. Tous les symptômes disparaissent comme par enchantement, après une forte débâcle provoquée par un puissant purgatif.
Il faut donc proclamer bien haut la nécessité de purger les malades avant et après l'opération. S'il est universellement admis qu'il soit utile de nettoyer le tube gastro-intestinal avant l'intervention, l'accord n'est pas le même quand il s'agit de traiter les suites opératoires. Nous avons adopté, dès 1887, la pratique de Lawson Tait qui a insisté l'un des premiers sur les avantages de la purgation après les interventions abdominales, à un moment où l'on professait universellement, ou à peu près, qu'il fallait administrer des opiacés aux opérées.