CHAPITRE III
ANESTIIÉSIE EN GYNÉCOLOGIE.
T. — ASESTHÉStE GÉNÉRALE.
On peut admettre, en thèse générale, que, pour pratiquer la plupart des opérations gynécologiques, il faut endormir les malades. Dans quelques cas, il est nécessaire de soumettre certaines femmes à la narcose chloroformique dans l'unique but d'établir un diagnostic rigoureux. On a affirmé que le diagnostic ne réclamait jamais la chloroformisation et qu'on pouvait toujours se passer de l'anesthésie avant de prendre définitivement le bistouri. L'expérience journalière démontre que la chloroformisation est absolument indispensable dans certains cas difficiles et que la maladie ne peut être reconnue sans le secours de la narcose. Ceux qui ont souci de la précision du diagnostic se conformeront à cet usage, malgré les inconvénients qui en résultent. L'étude attentive des lésions, sous le sommeil chloroformique, permettra d'éviter bien des erreurs et parfois l'exécution d'une opération qu'on aura la ressource ultérieure d'appeler exploratrice, pour dissimuler une faute de diagnostic.
Quelques chirurgiens ont préconisé l'emploi dos injections à'atropine ou de morphine avant l'administration du chloroforme. Si cette méthode d'anesthésie combinée donne de bons résultats dans les laboratoires de physiologie, il faut avouer qu'il n'en est pas de même dans la pratique chirurgicale. Les essais qui ont été entrepris à la Clinique de la rue Linné, dès l'année 1886, à l'imitation des gynécologistes allemands, n'ont pas été favorables.
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II ne peut être question de taire, à cette place, une étude complète de l'aneslhésie. Mais la chloroformisation des femmes présente quelques particularités utiles à connaître.
Les femmes ont d'ordinaire une impressionnabilité telle qu'il faut
Fig. 18. — Appareil à anestliésie de II. Dubois, pour obtenir le iiiélaiige gradué de l'air et du cbloroforme.
agir sur leur moral pour diminuer leurs appréhensions et rendre plus facile la chloroformisation.
Elles seront endormies dans leur chambre, et on évitera de faire
MASQUE A CHLOROFORMISATION, 85
passer sous leurs yeux les instruments nécessaires à l'opération.
Après avoir constaté par l'auscultation l'état du cœur, le chloroformisateur procédera à l'anesthésie. Les pommettes et le nez seront recouverts d'une couche légère de vaseline. Le mouchoir sur lequel on a versé le chloroforme sera tenu tout d'abord à une certaine distance du nez et de la bouche. Il faudra habituer la patiente à
l'odeur de cet agent anesthésique. Dès que cette accoutumance sera obtenue, on rapprochera le mouchoir de la face.
Le masque, la compresse ou le mouchoir sera appliqué sur la face dorsale et sur les ailes du nez.
On permettra la libre circulation de l'air, en soulevant plus ou moins l'autre extrémité du mouchoir au-dessus du menton. La malade respirera, sans discontinuer, une quantité variable de chloroforme. La manœuvre se résume à verser quelques gouttes de l'agent anesthésique sur le mouchoir étendu au-devant des voies respiratoires et à le retourner immédiatement, de façon à ne faire aucune interruption complète. On mélangera le chloroforme à une plus ou moins grande quantité d'air, en prenant la précaution de soulever ou d'abaisser la partie antérieure du linge assez épais sur lequel est versé l'agent chloroformique. On a substitué au mouchoir de nombreux masques qui ne valent pas mieux.