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ANESTHÉSIE

On a essayé d'introduire, dans la grande pratique hospitalière, des appareils destinés au mélange gradué de l'air et des narcotiques

on a fabriqué des flacons spéciaux, dit slilligouttes. Créquy a associé le masque et le stilligoutte. Ces prétendus perfectionnements ne rendent réellement pas de services, dans la pratique.

Quand il y a arrêt de la respiration, il faut rejeter l'occiput en arrière et en bas, faire saillir en avant et en haut le menton, en appliquant les doigts sur la partie la |ilus reculée du maxillaire

inférieur, aux environs de l'angle de la mâchoire. En outre, l'extrémité de la langue sera saisie avec une pince à traction semblable à celle qui sert à l'abaissement de l'utérus. Cette pince a le grand avantage de ne déterminer, après l'opération, aucune sensation douloureuse au niveau du point où elle a pénétré dans la langue. Au besoin, on pratiquera la traction rythmée de la langue, suivant le procédé de M. Laborde.

L'anesthésie doit-elle être complète? Il faut obtenir une narcose chirurgicale absolue. La résolution musculaire doit être complète.

Le début de la cliloroformisation est marqué, chez les malades pusillanimes^et nerveuses, par une sensation olfactive désagréable.

Fig. 'il. — Appareil à chloroforme de Créquy.

MASQUE A CHLOROFORMISATION. 87

La patiente, en parfaite connaissance de cause, fuit la compresse imbibée de chloroforme, sous prétexte qu'elle étouffe et que « cela sent mauvais ». Le chloroformisateur s'armera de patience pour vaincre, parla persuasion, les appréhensions de la malade. Après la respiration des premières bouffées de l'agent anesthésique , la femme ne tardera pas à s'endormir. La période d'excitation est nulle ou à peine marquée, dans la très grande majorité des cas. Lorsque Ja période de résolution est arrivée, l'anesthésie n'est pas d'ordinaire entrecoupée d'accidents ou d'incidents émouvants. L'aide préposé à l'anesthésie surveillera attentivement la pupille et la respiration.

Il est bon de savoir qu'il faut insister sur le chloroforme dès que les instruments entrent en contact avec le périnée. La région périnéale est particulièrement sensible. La narcose doit donc être poussée à fond et maintenue tant que l'on agit surle périnée et l'orilice vulvaire.

Enfin, on connaît les réflexes produits par les manipulations un peu fortes exercées sur le péritoine.

Quand on violente quelque peu l'utérus ou les annexes, quand on exerce des tractions vigoureuses sur ces organes soit de bas en haut, soit de haut en bas, on voit apparaître des troubles du côté de la respiration.

Il en est de même quand on force l'orifice interne de l'utérus par la dilatation métallique. Il faut même bien savoir qu'avec une insensibilité absolue de la cornée, les réflexes partis de la sphère génitale peuvent se produire inopinément.

Les vomissements qui suivent l'anesthésie seront combattus pai l'abstinence des liquides et des solides, pendant les vingt-quatre premières heures. L'ingestion de petits morceaux de glace ne deviendra nécessaire que si les vomissements ont une persistance et une intensité insolites.

Depuis deux ans environ l'anesthésie à l'aide de Véther a de nouveau été préconisée à Paris.

On n'ignore pas que les Américains se servent volontiers de cet agent anesthésique, et que l'école de Lyon a toujours proclamé sa supériorité sur le chloroforme.

Des travaux nombreux ont été aussi entrepris en Allemagne sur

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