‹ Introduction a la pratique gynécologiqueChapitre 30 sur 170 · ANESTHÉSIE · texte numérisé non relu

ANESTHÉSIE

cette question et quelques chirurgiens qui, jusque-là étaient les protagonistes du chloroforme, y ont renoncé pour se servir presque exclusivement de l'éther.

Il semble bien prouvé par de nombreuses et imposantes statistiques, émanées d'opérateurs dignes de confiance, que l'anesthésic par l'éther fait courir moins de risques aux malades que le chloroforme. Sans doute nous n'avons personnellement perdu aucune opérée du fait du chloroforme, mais un tel malheur est ari'ivé, en maintes circonstances, à des chirurgiens rompus à la pratique de l'anesthésie et nous ne pouvons que reconnaître le danger que court tout individu soumis à l'anesthésie chirurgicale.

Les accidents par le chloroforme ont été surtout observés à l'hôpital et dans la pratique rurale. On peut soupçonner, dans ces cas, l'inexpérience soit des élèves qui se remplacent périodiquement dans les services, soit l'incompétence des praticiens qui ont rarement l'habitude de pratiquer la chloroformisation.il faut incriminer aussi la négligence de l'opérateur qui n'a pas procédé à l'examen attentif de la malade avant l'anesthésie (affections cardiaques et pulmonaires, etc.). Enfin il est des sujets particulièrement susceptibles, et tel accident déjà sérieux et observé au cours de l'anesthésie, qui aurait été enrayé par un chloroformisateur expérimenté, iînit tragiquement, faute de prévoyance et d'une habitude suffisante de ces troubles dés leur début.

En règle absolue, un opérateur doit avoir, pour chloroformiser ses malades, un aide de confiance qui doit rester entièrement étranger à tout ce qui, dans l'opération, n'est pas son rôle spécial. C'est le point important en cette matière, et c'est sans doute à cela que nous devons de n'avoir observé aucun accident mortel par le chloroforme, bien que nous ayons éprouvé plusieurs alertes parfois graves.

Autre point tout aussi important : le chloroformisateur doit suivre l'opérée jusqu'à son lit; surveiller son réveil; rester une demi-heure environ près d'elle, et ne la quitter qu'à bon escient, en ayant soin de faire largement aérer la pièce où elle repose.

Quoi qu'il en soit, admettons que le danger soit moins grand avec l'éther. Cette constatation, basée sur l'expérience d'un très grand nombre de chirurgiens, est de nature à fixer notre attention.

D'autre part, les anesthésies prolongées se font mieux avec l'éther. Le shock opératoire semble être moins considérable après l'éthérisa-

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tion qu'après la chloroformisation. Celte raison milite en faveur de l'adoption de l'éther, comme agent anesthésique, quand on doit pratiquer une hystérectomie et surtout une laparotomie de longue durée.

Mais l'éther a des inconvénients. L'anesthésie nous a semblé être moins facile à obtenir avec ce corps, même quand il avait été soigneusement préparé. La face se congestionne pendant le cours de l'opération et on a signalé un certain nombre d'accidents du côté de l'appareil pulmonaire, à la suite de l'éthérisation. En outre, la position de Trendelenburg est mal supportée par les malades qui sont soumises à l'éthérisation. Aussi l'éther est-il contre-indiqué toutes les fois qu'il y a des troubles du côté des bronches ou des poumons.

Notre conviction n'est pas faite, d'une façon absolue, sur la valeur respective des deux agents anesthésiques qui ont d'ardents défenseurs dans les deux camps. Si, par habitude, nous sommes partisans de la chloroformisation qui, somme toute, nous a doimé des résultats satisfaisants, nous ne repoussons pas systématiquement l'éther et sommes assez disposés à accepter qu'on lui donne la préférence, toutes les fois qu'il faut pratiquer une opération qui, d'après nos prévisions, doit être très laborieuse et par conséquent très longue.

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Il est reconnu que les badigeonnages de cocaïne sur les muqueuses et sur la peau n'ont qu'une action analgésique insignifiante, sinon nulle.

On a recours plus volontiers à l'injection sous-cutanée de chlorhydrate de cocaïne. M. Reclus a insisté, à maintes reprises, sur les avantages de ces injections dans la pratique chirurgicale.

En gynécologie, la cocaïne est d'un usage restreint.

Schramm, en se servant d'une solution de cocaïne à 20 pour 100, a pu pratiquer des colporrhaphies sans faire souffrir les patientes. Ilofmeier a employé aussi les injections sous-cutanées de cocaïne,

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mais il fait des réserves sur l'efficacilé de cette méthode d'anesthésie.

Il est certain que la cocaïne, introduite en injections dans le tissu cellulaire, produit une analgésie limitée et suffisante pour faire quelques opérations rapides. S'agit-il de poser quelques sutures, la cocaïne sera avantageusement essayée. Mais si l'opération doit être longue et délicate, il faut soumettre les malades à la narcose chloroformiquc.

Des tentatives ont été faites pour déterminer l'analgésie de l'utérus à l'aide de la cocaïne. Le professeur Dufour (de Bordeaux) aurait obtenu la suppression des douleurs dues parfois à la dilatation lente pratiquée avec des tubes antiseptiques. Ce gynécologue laisse tremper les laminaires dans une solution d'éther iodoformé et cocaïnisé. Les résultats que nous avons constatés, après essais nombreux, ne sont pas encourageants.

L'injection d'une solution de cocaïne dans la cavité utérine a été recommandée par quelques auteurs, qui obtiennent une anesthésie suffisante, à leur avis, pour faire le curage. Cette pratique ne nous a donné que des résultats médiocres et est trop infidèle pour qu'on puisse s'en servir d'une façon méthodique.

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