EXAMEN CLINIQUE
avec intention sur la nécessité de pousser aux dernières limites l'examen physique.
"Voici comment nous procédons dans l'ordre successif des étapes de l'examen.
Dès les premières phrases échangées avec la malade, il est rare qu'elle ne fournisse pas quelque indication sur la piste à suivre dans l'investigation. Cette première donnée, inutile peut-être pour un médecin rompu au métier, est précieuse pour les débutants, et, certainement, elle n'est pas indiflerente, car elle lui permet de mieux diriger ses recherches et de classer utilement les documents qu'il va recueillir au cours de l'examen.
L'âge aussi bien que certaines conditions sociales de la malade comportent une façon différente de diriger les investigations. C'est ainsi que l'on peut envisager qu'il existe quatre catégories de femmes qui présentent chacune leurs maladies plus spéciales : les jeunes filles, — les femmes mariées stériles, — les femmes mariées ayant eu plusieurs enfants, — les femmes âgées soit au moment de la ménopause, soit après la ménopause.
I. — Les jeunes filles ont principalement à se plaindre de troubles de la menstruation (dysménorrhée), douleurs, phénomènes nerveux dus à des déviations utérines ou à des catarrhes cervicaux, accusés par de la leucorrhée, des altérations de la muqueuse du corps utérin, décelés par des métrorrhagies. Plus rarement un accident pelvien, obstruction ou inflammation de la trompe, a éclaté soudainement à la suite d'un traumatisme, du froid, d'une fatigue.... Ici le début est brusque, là le début ne se peut préciser.
Chez quelques jeunes filles d'une origine défectueuse, la dégénération physique héréditaire aura aircclé les organes de la génération en quoi se résument, en définitive, les tares ultimes d'une lignée vouée à la stérilité. Ce seront les ovaires qui seront atteints de sclérose. Chez d'autres, l'économie tout entière sera affaiblie. De là des aménorrhées et des dysménorrhées dont l'explication ne se peut trouver que dans la découverte précoce d'un vice organique local ou général. Le développement lent et incomplet, la débilité, la pâleur parfois chlorotique, plus rarement une croissance anormalement rapide sont les attributs des malades de cet ordre.
Dans (juelques cas, la simple inspection de l'habitus extérieur fournit un indice. L'examen physique complet des viscères princi-
paux, le cœur, les poumons, l'analyse du sang, de l'urine, qui sont d'une nécessité absolue au même titre que l'examen local, vont préciser le diagnostic et fixer la conduite à suivre.
Il est nécessaire de dire un mot de l'examen des jeunes filles vierges. En principe, il ne doit pas différer de celui de toute autre malade, jeune fille ou femme; et toujours il est possible de le pratiquer par les procédés ordinaires.
Nous n'avons jamais eu à opérer la section de l'hymen pour la pratique du toucher ou pour l'introduction d'un spéculum ad hoc. Les organes sont disposés de telle façon chez les vierges que l'inspection digitale avec un seul doigt se combinera aisément à la palpation abdominale. L'exploration de l'utérus, des culs-de-sac du vagin, du col et des annexes est généralement assez facile. Sur une trentaine de vierges soumises à notre traitement, après des touchers répétés, on a pu procéder à l'examen de visu, abaisser le col, répéter les dilatations, pratiquer le curage. Toutes ont conservé un diaphragme hyménéal complet ou à peu près complet. Pour cela, il faut simplement de la douceur et de la patience. On ne réussit pas toujours à éviter de ti"ès légères entailles de l'hymen, mais elles sont généralement insignifiantes et la déformation à peine reconnaissable. La chose a son importance.
Dans la crainte de spasmes, il est nécessaire parfois d'anesthésier à la cocaïne pour pratiquer le toucher, mais cette précaution n'est pas indispensable.
Chez les tilles jeunes, en résumé, la dysménorrhée et la leucorrhée sont fréquentes; les déviations totales de l'utérus sont rares, mais les flexions fréquentes — les lésions annexielles et les tumeurs sont exceptionnelles.
11. — Chez les femmes mariées, et dans cette catégorie nous faisons rentrer toutes celles qui, mariées ou non, ont eu des rapports sexuels, l'infection prend déjà une certaine place. L'effraction des organes génitaux externes a ouvert la voie aux inflammations internes.
Stériles, ces malades présentent quelques-unes des lésions qui expliquent la stérilité, en tant qu'elle est de leur fait :
L'endométrite cervicale ou totale, d'origine banale ;
L'antéflexion utérine ;