III. — MÉTHODES D'EXAMEN MIXTES OÙ COMBINÉES
Le toucher rectal donne des renseignements qui ne sont pas sans utilité. Dans un des chapitres précédents, nous avons insisté sur la valeur du toucher vaginal, nous avons même exagéré peut-être son importance, en lui accordant tout ce qu'il peut théoriquement donner dans l'étude du diagnostic. Mais il faut reconnaître, qu'en France surtout on s'est trop aisément contenté de ce moyen d'exploration. Des hommes qui ont eu une réputation méritée dans la gynécologie française se servaient d'un doigt, rarement de l'index et du médius à la fois, pour établir les diagnostics les plus compliqués. La palpalion abdominale combinée au toucher vaginal était sinon inconnue, du moins négligée à ce point que des générations médicales ont quitté les bancs de l'École sans connaître l'indispensable utilité de cette méthode d'examen un peu complexe.
Quels renseignements peut-on avoir à l'aide du toucher vaginal employé sans aucune manœuvre complémentaire? Pour répondre à cette question, il faut citer l'opinion de MM. Hart et Barbour :
« L'élève doit se persuader qu'il apprendra très peu par le toucher vaginal, juste autant qu'il peut apprendre sur les dimensions et les rapports d'un objet quelconque par le toucher digital limité à une très petite surface. »
Dans l'immense majorité des cas, pour ne pas dire dans tous les cas, il faut combiner le toucher vaginal au palper abdominal pour avoir des résultats précis. La combinaison du toucher rectal et du palper abdominal a également son utilité pour la délimitation de certaines tumeurs.
Dans tout examen gynécologique, on doit systématiquement- chercher à déterminer la situation, le volume et la consistance de l'utérus. Il faut relever les rapports de la matrice avec l'enceinte pelvienne, les ovaires et les trompes.
Existe-t-il une tumeur dépendant de l'utérus? 11 faut, eu outre, explorer les annexes avec le plus grand soin.
Quel est le volume, le siège et la sensibilité de l'ovaire?
Dans quel état et dans quelle situation se trouvent les trompes?
S'il existe une tumeur autour de l'utérus, il faudra être fixé sur son siège, son volume et ses connexions.
Dépend-elle de l'utérus, de l'ovaire ou des trompes?
11 y a lieu de rechercher avec attention la paramétrile et surtout la paramélrite postérieure. On noiera l'état des ligaments utérosacrés.
Veut-on arriver à avoir des sensations aussi nettes, aussi parfaites que possible, on devra s'efforcer de saisir successivement tous les organes contenus dans le petit bassin entre les doigts placés dans le vagin et la main appliquée sur la paroi abdominale. C'est en tenant pour ainsi dire l'utérus dans les deux mains que l'on se rend un compte exact des états pathologiques que cet organe peut présenter.
Voici comment on procède, eu règle générale, au toucher combiné au palper :
On pratique le toucher vaginal, comme il a été dit plus haut. L'index et le médius de la main droite ou de la main gauche sont introduits dans le vagin, de façon à ce que le pouce se trouve entre la cuisse et la grande lèvre et les autres doigts du gynécologue dans le sillon iuterfessier.
Oti déprime le périnée avec le bord cubital du médius en abaissant le talon de la main. Les doigts sont poussés profondément et dirigés vers le détroit supérieur du bassin.
Ouand on est arrivé au col, il faut que déjà la pulpe des doigts regarde en haut et en avant.
L'index et le médius sont posés sur le museau de tanche. Le médius, plus long, pénètre derrière le col dans le cul-de-sac postérieur. Le col est ainsi |)lacé dans la concavité formée par la face palmaire de l'index et du médius, fléchis un peu en crochet dans le vagin.
L'autre main agit sur la paroi abdominale qu'elle déprime