‹ Introduction a la pratique gynécologiqueChapitre 62 sur 170 · A. — TIGES DE LAMI.NARIA DIGITATA · texte numérisé non relu

A. — TIGES DE LAMI.NARIA DIGITATA

Ces tiges sont si souvent employées en gynécologie qu'il est bon d'insister sur quelques détails en apparence insignifiants. La laminaire doit être polie à sa surface et présenter une striation droite dans le sens longitudinal. Il faut se garder d'employer certaines tiges de laminaire pressées et polies mécaniquement qui, une fois retirées, présentent des aspérités capables de contondre les tissus. Les malades chez lesquelles la dilatation utérine est pratiquée avec de semblables tiges souffrent plus que les autres pendant la période de distension de la matrice; la douleur est encore sensiblement exa-

gérée au moment où on opère le retrait des tentes, quelques précautions que l'on prenne. C'est donc une fraude commerciale dont il est bon d'être prévenu.

La longueur moyenne de ces tiges est de 7 à 9 centimètres. La grosseur est variable.

On a fabriqué des tiges extrêmement minces et d'autres beaucoup plus volumineuses.

Il est indispensable d'avoir un jeu de laminaires de grosseur graduellement croissante. Les plus minces sont pleines; celles qui atteignent un cerlain volume sont tantôt pleines, tantôt perforées à leur centre. 11 y a déjà un quart de siècle que Sims a fait connaître la supériorité de la tige de laminaire perforée sur la tige pleine. C'est le docteur Greenhalgh qui eut l'idée .de perforer la tente et d'attacher un til sur le côté et à la partie inférieure de la tige de laminaire.

« Préparée sur le modèle du docteur Greenhalgh, elle est beaucoup

Fig 98. — Laminaire.

plus facile à retirer de ruférus que la lenle pleine; et la partie perforée se dilatant en proportion de l'expansion de la partie solide, elle sert ainsi de canal et facilite l'écoulement des sécrétions de la cavité utérine (Sinas)». Les observations modernes n'ont fait que confirmer cette assertion. Il est impossible de perforer les tiges extrêmement fines. On est obligé de glisser celles-ci dans les canaux cervico-utérins étroits.

Il faut ajouter d'autres avantages à ceux indiqués par Sims : la tente perforée, même grosse, est plus flexible ou est rendue plus flexible qu'une tige pleine du même volume. L'asepsie et l'antisepsie d'une laminaire perforée sont plus faciles à réaliser.

Il vient d'être question de la flexibilité de la tente. Dans les cas de déviation très prononcée, Poullel recommande de placer une tige de laminaire dure, au centre d'une grosse tige de laminaire bien ramollie par l'ébullition dans une solution de sublimé. Il laisse dépasser les deux extrémités de la tige de petit calibre. 11 se fait une légère imbibition locale du milieu seulement de la petite tente qui n'augmente de volume que dans de faibles proportions. Grâce à cette imbibition de la partie moyenne de la lige, celle-ci devient plus souple et peut subir la courbure appropriée à chaque déviation. 11 faut ajouter que le séjour de la petite laminaire dans la grande varie de une heure à une heure et demie.

Hofmeier trempe la laminaire, dont il doit se servir, dans de l'eau phéniquée chaude. Il peut alors la courber aisément, avant qu'elle n'ait augmenté sensiblement de volume.

Ce procédé est plus expéditif et plus commode que celui préconisé par PouUet.

Peut-être est-il préférable de ne pas ramollir au préalable la tente dilatatrice. Le gonflement est parfois rapide. Mais le principal inconvénient de cette manière de faire est d'affaiblir la rigidité de la laminaire. La courbure forcée qu'on imprime à la tige est produite au détriment de sa résistance totale. L'arc de cercle que l'on fait décrire à la tente détermine un point faible à la partie moyenne de la tige. Or, cette portion moyenne est en contact avec l'orifice interne, c'est-à-dire avec le segment le plus résistant et le plus contractile de l'utérus. On comprend aisément l'intérêt qu'il y a à ne pas diminuer en ce point la résistance des parois de la tige perforée.

DILATATIO>" DE L'UTERUS.

Il faut ajouter que l'introduction d'une laminaire droite, rigide et ferme force un utérus rétrofléchi à se redresser et une matrice antélléclîie à prendre une direction rectiligne. On sait que tel est le résultat visé dans un certain nombre de dilatations.

Il faut avoir un jeu de laminaires de toute grosseur. Les petites tiges sont encore plus indispensables que les grosses. Les meilleures sont celles qui sont perforées et qui ont une surface lisse et polie. On choisira les tiges sans rugosité et à striations droites, longitudinales.

Les laminaires seront mises et conservées dans la solution d'éther iodoformé :

Tout en reconnaissant les bons résultats que donne l'éther iodoformé, au point de vue de la désinfection des tiges de laminaire. M. Porak préfère les laisser dans une solution alcoolique de sublimé corrosif. Nous pensons que l'élher iodoformé est supérieur à toutes les autres prépai-ations antiseptiques usuellement employées. Pour plus de sécurité, on devra, au préalable, soumettre les liges aux vapeurs de l'alcool absolu, sous pression à 120 degrés.

Il est indispensable de se servir de tiges absolument aseptiques. On emploie des laminaires soigneusement désinfectées par le séjour à l'étuve et une immersion prolongée dans l'étbcr iodoformé. On n'ôtera la tige du flacon spécial dans lequel elle baigne indéfiniment qu'au moment où elle doit être introduite dans l'utérus.

Quelques minutes suffisent pour obtenir l'évaporation de l'éther sur la tige de laminaria.

L'opérateur aura le souci constant de maintenir l'antisepsie de la tente, qu'il devra saisir au bout d'une pince stérilisée.

Après avoir imprimé, au besoin, une légère courbure à la tige, on enduit celle-ci de vaseline iodoformée.

La tente est prête; il s'agit de la faire pénétrer dans l'utérus.

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