CHOIX DU PROCÉDÉ
Tous les procédés dont il vient d'être question sont bons, mais chacun d'eux ne trouve son application que dans des cas déterminés. Parfois il sera utile de combiner deux procédés pour atteindre le but que l'on se propose.
Tout d'abord voici les avantages et les inconvénients de la laminaire : la laminaire se dilate lentement. Sa puissance de dilatation n'est pas considérable. La tige glisse facilement hors de l'utérus. Les différents appareils inventés (Gendron, Courtin, etc.) pour la maintenir en place ne donnent que des résultats médiocres.
La laminaire se désinfecte plus aisément que l'éponge. Sa surface lisse favorise son introduction dans l'utérus, d'autant plus qu'on peut avoir des tiges de grosseur variable et qu'on peut les incurver.
21 i MÉTHODES CHIRURGICALES.
Les tiges perforées permettent 1 écoulement des liquides contenus dans l'utérus.
L'éponge préparée est plus difficile à rendre aseptique. Elle a l'inconvénient de s'émietter et un morceau peut rester dans la cavité utérine sans qu'on s'en aperçoive.
Les éponges préparées sont rugueuses; elles blessent la paroi interne de la matrice et on a quelque peine à les ôter de la cavité utérine.
Par contre, elles ont l'avantage de donner une excellente, très grande et très rapide dilatation.
Nous n'avons qu'une faible expérience des tiges de tupelo; nous les avons trouvées défectueuses.
Les instruments a deux ou trois branches dont on se sert usuellement sont rarement assez puissants pour donner une dilatation suffisante. Leur action est rapide mais passagère. Le sphincter se ferme aussitôt, à moins que l'on ne mette en usage un instrument comme celui que M. Collin a construit sur les indications de l'un de nous. Il est certain qu'avec un instrument semblable, on peut obtenir la dilatation que l'on désire et, comme nous l'avons dit, il est possible d'agir avec sécurité en manœuvrant comme il convient.
Mais ces dilatateurs n'agissent pas sur la muqueuse et môme sur la musculeuse comme le font la laminaire et l'éponge préparée. En outre, leur emploi exige l'anesthésie. Ainsi donc, si l'on désire agir dans un but thérapeutique sur la musculeuse et la muqueuse, il est préférable de s'adresser aux tentes dilatatrices.
Les mêmes réflexions peuvent être appliquées aux bougies de Hegar. Celles-ci dilatent mal l'utérus. Certes, on peut obtenir aisément une dilatation permettant l'introduction d'un instrument comme une curette, mais s'agit-il d'ouvrir largement la cavité utérine de façon à pratiquer le toucher intra-utérin, par exemple, on n'y arrivera qu'au bout d'une heure et pas dans tous les cas.
La discision du col est préférable quand on a en vue la dilatation de la partie la plus inférieure du canal cervical et en particulier de l'orifice externe.
Avec la section bilatérale du col, on produit des plaies nettes, régulières qui, pour certains auteurs, valent mieux que les excorialions et les déchirures causées par les dilatateurs métalliques ou les tentes.
Elle n'attaque pas. il est vrai, la porlion la plus rétrécie, à savoir rorifice interne, mais rien n'empêche de débrider l'orilke interne.
En somme, cette opération, quoi qu'on en ait dit, n'est ni négligeable ni insignifiante. Elle n'est ordinairement mise en usage que dans les cas où elle doit servir à l'ablation d'une tumeur contenue dans la cavité du corps utérin.
La laminaire est l'agent dilatateur par excellence. On s'en sert dans un très grand nombre de circonstances. Le redressement de l'utérus, la dilatation du canal cervical rétréci sont obtenus à l'aide de la laminaire qui, chargée d'iodoforme, modifie favorablement la muqueuse utérine. Veut-on agir lentement sur l'utérus, c'est encore à la tige de laminaire qu'il faut s'adresseï'. Y a-t-il lieu de dilater l'utérus de façon à permettre le passage d'une curette exploratrice, par exemple? Due laminaire laissée en place pendant 12 heures environ peut suffire.
Quand il est nécessaire d'agrandir plus largement la cavité cervico-corporéale, on peut après l'i heures remplacer la première laminaire par une plus volumineuse ou mieux par deux ou trois tiges de grandeur moyenne. A volume égal, un faisceau de laminaires dilate mieux qu'une seule tige.
Il est impossible de fixer le temps qu'il faut pour obtenir une dilatation déterminée. Les cols cèdent ou résistent suivant les cas et d'une façon fort variable. Les femmes jeunes, nerveuses, ont un orifice très contractile et la dilatation ne se fait pas rapidement. Quand on vient à enlever la tige, on constate qu'elle est étranglée en un point qui correspond à l'oritice interne. Aussi éprouve-t-on, dans ces conditions, une certaine difficulté à ôter la laminaire.
D'autres femmes ont l'utérus flasque et mou. La dilatation se fait avec une extrême aisance.
Pour pratiquer le curage de l'utérus, il suffit ordinairement de laisser une laminaire dans l'utérus pendant douze ou vingt-quatre heures. Si les instruments ont quelque peine à passer, on se servira d'un dilatateur à deux ou trois branches ou des bougies de Hegar pour parfaire la dilatation.
La tente-éponge est difficile ou même impossible à introduire, sauf exception, quand l'utérus n'a pas été dilaté au préalable. Aussi doit-on commencer la dilatation avec les laminaires. Au bout de
douze OU vingt-quatre heures, on remplace la tige de laminaria (Ugitala par une éponge.
Veut-on obtenir le maximum de dilatation du col et surtout du corps, on se servira de la tente-éponge qui assouplit l'utérus et donne un accès large et facile dans la cavité utérine. C'est le procédé de choix, quand on désire pratiquer le toucher intra-utérin.
Certes, on obtient une large dilatation, mais il faut avouer que ce procédé est long et parfois mal supporté par la patiente, qui souffre surtout au moment où les éponges sont enlevées.