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OPÉRATEUR ET AIDES

Il faut deux aides d'ordinaire; un troisième est nécessaire quand on pratique l'anestliésie. Autant que possible, tous ceux qui prennent part à l'opération doivent être rompus à la pratique de la gynécologie. Ce n'est certes pas un des moindres inconvénients des interventions sur l'appareil génital de la femme, que d'exiger le concours de deux ou trois médecins. Mais si l'on ne veut s'exposer à aucun mécompte, si l'on tient à aller vite, à donner le maximum de sécurité à l'opérée et à éviter les incidents au cours de l'opération, on devra rejeter l'emploi de ces appareils réputés ingénieux, poulies, cordes, sangles, etc., et qui, compliqués et incommodes en réalité, ont la prétention de remplacer des mains exercées. Nous en avons imaginé nous-mème quelques-uns et nous avons fini par les abandonner malgré les avantages qu'ils avaient, à nos yeux, sur d'autres plus ou moins analogues.

L'opérateur Qises a /V/cs n'entrent dans la salle d'opérations qu'avec du linge propre et des habits qui n'ont jamais été portés dans les amphithéâtres d'anatomie, ni dans les salles d'autopsie. C'est un minimum qu'il faut éncrgiqucment exiger. On doit même aller plus loin dans cette voie. On ne pénétrera pas dans les salles qui contiennent des malades, avant d'opérer. Le chirurgien et ses aides se rendront directement dans la salle d'opérations et éviteront avec soin de rendre au préalable toute visite médicale.

De plus, les serviettes, les draps, les blouses et les tabliers dont on se sert doivent sortir d'une étuve sèche à stérilisation. De cette façon, on obtient une asepsie qui n'est pas absolue, mais qui est une garantie de plus.

Les aides sont vêtus d'une blouse de toile sans manches, nouvellement lavée et stérilisée à l'étuve ou lavée au sublimé ; les bras et les avant-bras restent nus. Nous pensons qu'il faut redouter l'usage (les blouses et des tabliers qui servent à faire les autopsies et que l'on renvoie, par une coupable négligence, dans les services de chirurgie des hôpitaux, après un simple lavage.

Il s'agit maintenant d'entreprendre la désinfection des mains et des avant-bras, et de s'assurer, une dernière fois, de l'asepsie des instruments.

Il faut attacher une importance capitale à la propreté rigoureuse

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des mains. Un opérateur soucieux des l'ésultats, doit être aussi sévère pour les aides que pour lui-même.

D'après une série d'expériences de Kûmmel, l'asepsie absolue des bras et des mains s'obtiendrait de la façon suivante :

1" Lavage à la brosse raidc, pendant cinq minutes, avec du savon noir et de l'eau chaude; 2" lavage à la brosse, pendant deux minutes, avec de l'eau phéniquée à 3 et même à 5 pour 100.

D'autres expériences ont montré l'insuffisance de ces précautions, puisque des parcelles d'ongles ou d'épiderme mises en culture donnaient naissance à des colonies microbiennes.

Certains opérateurs déclarent le savon noir, ou simplement le savon ordinaire suffisant (Bantock).

11 en est qui blâment la pratique de se nettoyer les ongles, procédé excellent, disent-ils, pour metire à découvert les vieux germes (Goodel).

Nous conseillons l'usage du savon et de la liqueur de Yan Swieten. On doit s'efforcer d'obtenir la propreté la plus minutieuse des extrémités digitales. On aura soin de procéder tout d'abord au nettoyage des ongles avec une lime, ou tout instrument du même genre. On se brossera les mains et les avant-bras avec du savon pendant cinq minutes environ. Il est utile immédiatement avant de commencer l'opération, d'assurer mieux encore la propreté des mains. Nous avons l'habitude de les brosser dans l'alcool absolu, ou de les plonger, ainsi que les avant-bras, d'abord dans une solution de permanganate de potasse et ensuite dans du bisulfite de soude. Entin nous terminons ces soins préliminaiies en nous brossant les avant-bras et les mains avec une solution de sublimé au millième et en les immergeant, en dernier lieu, dans un bain de bras rempli de liqueur de Van Swieten.

Pour les laparotomies, comme nous avons coutume de terminer le nettoyage de la peau de l'abdomen avec de l'éther ou de l'alcool, il nous est commode de Iremper nos mains et de les frollcr rapidement dans une certaine quantité de la même substance.

On peut considérer que ces précautions assurent l'asepsie des mains du chirurgien et de ses aides, puisque, en pratique, des laparotomistes qui sont moins méticuleux en apparence, mais tout aussi rigoureux en matière de propreté générale, ont obtenu des séries fort remarquables.

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