INSTILLATIONS ET INJECTIONS PROPREMENT DITES
Les instillations se font ordinairement avec des instruments qui se rapprochent plus ou moins de la seringue de Braun ,que l'on connaît ti op pour qu'il soit nécessaire de la décrire.
De nombreuses seringues ont été inventées et réalisent des perfectionnements parfois discutables. La première condition que doit remplir un instrument de ce genre est d'être facilement stérilisable. Toutes les pièces pourront donc être aisément démontées et soumises à l'action de Tcau bouillante. La sonde qui pénètre dans l'utérus ne sera pas d'un volume trop considérable.
La seringue à instillations intra-utérines de M. Ollivier est recommandable.
Cet instrument, que l'on stérilise aisément, permet d'injecter le liquide médicamenteux goutte à goutte et avec la plus grande précision.
L'extrémité de la sonde qui pénètre dans l'utérus est ordinairement perforée de trois ou quatre orifices très étroits qui livrent passage au liquide. Il en est ainsi dans la seringue de Braun et dans quelques autres du même genre. La crainte de lancer dans l'utérus un jet trop abondant de solution médicamenteuse et sous une trop forte pression avait déterminé Braun à se servir d'une sonde construite comme nous venons de l'indiquer. Mais on reconnut qu'en éliminant de la pratique certaines injections et surtout en dilatant conveiiable-
Fig. MO. — Petite seriiif^ue de Braun en caoutcliouc.
ment l'utérus, on pouvait faire pénétrer dans la cavité corporéale 1,2, 5 centimètres cubes de liquide et même davantage. Dès lors, quand l'utérus est dilaté, on ne redoute plus d'injecter, après le curage utérin, 1 ou 2 centimètres cubes de teinture d'iode par exemple, suivant la coutume de quelques gynécologistes. Aussi
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l'extrémité de la sonde est-elle largement ouverte et permet la facile et rapide pénétration des solutions antiseptiques et aseptiques dans l'utérus.
Le manuel opératoire n'est pas compliqué. Le vagin et la vulve ont été soigneusement désinfectés. La sonde a été rendue aseptique et l'opérateur a pris toutes les précautions antiseptiques. Il suffit de faire pénétrer la sonde déjà amorcée, c'est-à-dire privée d'air, dans la cavité utérine, suivant les règles déjà formulées au chapitre du cathétérisme utérin. Il est bon d'ajouter que la sonde doit franchir
Fig-. 111. — Seringue de Brauii en mêlai (modèle Collin).
aisément le défilé cervico-utéiùn et ensuite se mouvoir facilement dans l'utérus. On aura soin de ne pas trop appuyer le bec de la sonde contre la paroi interne de la matrice. On évite ainsi d'obturer un des orifices de l'instrument.
L'instillation sera faite lentement, goutte à goutte, comme il a été dit plus haut. Dans tous les cas où l'introduction présente quelques difficultés (antédéviation, atrésie, etc.), l'indication est de dilater au préalable le canal.
Si l'injection n'est pas inférieure à l ou 2 centimètres cubes, il faut de toute nécessité que le retour du liquide introduit dans la matrice soit assuré. H y a même lieu de se mettre à l'abri des spasmes de l'orifice interne qui peuvent s'opposer subitement à la sortie du liquide, alors que la sonde n'a rencontré aucun obstacle dans son passage depuis l'orifice exterm) jusqu'au fond de l'utérus.
Les instillations intra-utérines sont d'un usage peu fréquent. Elles n'ont pas une efficacité assez grande pour qu'il soit possible d'en généraliser l'usage.
Elles ont été employées pour arrêter certaines hémorrhagies uté-
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rines. Ces pertes de sang étaient tantôt sous la dépendance d'un fibrome, tantôt dues à la subinvolution, etc.
On a essayé différentes solutions pour arrêter ces hémorrhagies. Le perclilorure de fer, la teinture d'iode, le chlorure de zinc, rhaniaméline, la créosote glycérinée ont tour à tour été expérimentés. L'hamaméline stérilisée donne parfois quelques résultats. On constate aussi des succès après des injections répétées d'une solution concentrée de chlorure de zinc. Mais ces injections caustiques ont l'inconvénient de donner parfois naissance à des atrésies.
IRRIGATIONS liNTRA-UTÉRINES.
Les irrigations intra-utérines, c'est-à-dire les lavages à grande eau de la cavité utérine, ne doivent se faire que si l'utérus est suflisamment dilaté. Les sondes dont on se sert ont d'ordinaire un calibre assez fort. De plus, il y a nécessité d'assurer le retluxdu liquide qui a été injecté dans la matrice, et l'écoulement par l'orifice externe
Fig. 112. — Sonde iii(i';i-utorinc de Bozeman.
doit se faire avec la plus grande facilité. Parmi les sondes intra-utérines usitées en France, celles de lîudinet de Fritsch méritent d'être citées.
L'un de nous a fait construire une sonde représentée ci-dessous. Grâce à cet instrument, le reflux du liquide hors de l'utérus ne trouve
IRRIGATIONS. 2'w
aucun obstacle. La solution aseptique ou antiseptique s'écoule entre les deux branches parallèles de la sonde. Aucun spasme ne peut rete-
Fig'. 115. — Sonde de Budin,
nir subitement le liquide dans la cavité utérine et amener une distension de la matrice. Cette sonde permet de maintenir la dilatation utérine, de l'augmenter au besoin et, par suite, rend plus facile le tamponnement de la matrice.
L'instrument primitif de Doléris a subi quelques transformations.
Fig-. 114. — Sonde dilatotrice de Doléris, fermée.
11 a été modifié par M. Pelletier sur les indications de Pichevin.
La nouvelle sonde se compose de trois pièces principales qui peuvent être entièrement séparées. Une branche transversale assez courte relie les deux longues branches qui laissent passer le liquide
Fig. 115. — Sonde dilatatrice de Doléris, ouverte.
de l'injection dans leur intérieur. Cette branche transversale assure la solidarité des branches perforées. Chacune de celles-ci a une extrémité qui pénètre, à frottement dur dans une pièce spéciale intermédiaire. L'extrémité opposée a trois trous : deux latéraux et un médian situé dans l'axe de la branche. Il suffit de jeter les yeux sur
244 THÉRAPEUTIQUE IINTRA-UTÉRINE.
la figure ci-contrc pour avoir une idée exacte de la pièce intermédiaire qui porte un écrou destiné à recevoir une vis de raccord. La dernière pièce est munie d'un robinet à poucette.
Ces trois pièces sont démontables. 11 est facile de les nettoyer séparément. Un petit écouvillon peut passer d'une extrémité à l'autre de
chacune des trois pièces métalliques. On peut ainsi rétablir la perméabilité d'une sonde bouchée ou incomplètement obstruée.
La sonde, après avoir été bien écouvillonnée, peut supporter l'ébullition ou être mise à l'étuve.
Un coulant est adapté aux deux longues branches à peu près parallèles. Ce coulant est mobile et porte une vis à quatre pas qui détermine au besoin un brusque et rapide écartement des deux branches. Leur rapprochement peut se faire aussi très vite. En imprimant à la vis un ou deux tours dans un sens ou dans l'autre, on peut mettre en contact les deux branches ou les éloigner considérablement l'une de l'autre. On perd en force, il est vrai, ce que l'on gagne en vitesse, mais la force dilatatrice est assez puissante pour que l'opérateur soit certain d'obtenir l'écartement suffisant à la libre sortie du liquide introduit dans la matrice.
Le coulant glisse bien le long des branches, mais il s'arrête à une petite distance de l'extrémité supérieure de l'instrument. Pour faire sortir le coulant, on est obligé d'exercer une forte traction sur lui.
Le robinet à poucette est commode. Il est disposé de telle sorte qu'avec un simple mouvement du pouce on peut arrêter ou recommencer l'irrigation. Une seule main suffit à tenir la sonde et à régler l'écoulement des liquides.