IRRIGATIONS
Technique de l'irrigation inlra-vtérine. — La pratique des injections doit être soumise à quelques règles générales qu'il suffit d'indiquer.
Tout d'abord l'asepsie la plus sévère doit présider à toutes les manœuvres de ce genre.
Une sonde qui assure le reflux facile et complet de l'injection est indispensable, si l'on veut se mettre à l'abri des phénomènes de distension et de rétention.
On aura soin d'éviter l'injection d'une certaine quantité d'air. On amorcera donc la sonde avant de l'introduire dans l'utérus.
Le jet dirigé dans la cavité utérine sera d'une force modérée. Pour soustraire le fond de la cavité utérine à la totalité de la pression du liquide, on se sei t d'une sonde dont l'extrémité supérieure est percée de trois oritîces dont deux latéraux plus larges que l'orifice central. En outre, la pression du liquide ne sera pas considérable. On ne placera pas le récipient qui contient le liquide de l'injection à plus de 25 centimètres au-dessus du lit sur lequel est couchée la malade, et la température de l'injection devra être de préférence de 30 degrés environ.
Enfin, certaines solutions ne devront être injectées qu'avec la plus grande circonspection. Le perchlorure de fer, par exemple, ne nous inspire aucune confiance. II a été la cause indiscutable de plusieurs cas de mort.
On prescrira des solutions antiseptiques faibles. .
Les solutions de sublimé corrosif seront l'objet d'une surveillance constante. Le temps n'est plus où l'on confiait sans crainte à des sagesfemmes inexpérimentées ce dangereux antiseptique. Les injections de sublimé après l'accouchement ont été suivies d'accidents mortels dans quelques cas. Ce n'est donc qu'à bon escient qu'on se décidera à se servir du bichlorurc de mercure. L'injection sera faite avec une solution très diluée 1 pour 4, 5 ou 6000 et il ne faudra pas faire passer dans l'utérus une quantité trop grande de liquide. Une injection peu abondante de 1 litre, par exemple, est ordinairement bien supportée, surtout si les reins sont intacts, et si l'on est certain qu'il n'y a pas de rétention de liquide antiseptique dans la cavité. Les craintes d'intoxication sont surtout justifiées quand l'injection est laite après l'accouchement ou l'avortement.
240 THÉRAPEUTIQUE INTRA-UTÉRIINE.
Le sulfate de cuivre que nous avons recommandé il y a longtemps rend de grands services dans ces contlitions.
Le titre de la solution ser a de 1 pour 100. On peut se servir aussi de microcidine, de naphlol. etc.
L'injection intra-utérine faite après le curage sera pratiquée avec précaution.
La femme est en bonne position. Les fesses dépassent un peu la table ou le lit. L'orifice externe du col est à découvert, on introduit la sonde bien amorcée dans la cavité utérine et on a soin d'arriver jusqu'à la partie supérieure de la cavité corporcale, en dirigeant l'instrument suivant le trajet déjà connu du canal utérin. Par le palper abdominal, on s'assure au besoin que la sonde a bien pénétré jusqu'à ce niveau. 11 ne faut pas que l'extrémité supérieure de l'instrument reste appliquée contre la paroi utérine. Si on se sert de notre sonde, on écarte les deux brancbes, avant d'ouvrir le robinet. On fait passer 1 ou 2 litres de liquide dans l'utérus. On observe avec le plus grand soin la malade pendant toute la durée de l'injection, et il est bon d'appuyer légèrement sur le fond de l'utérus par l'intermédiaire de la paroi abdominale.
Si l'utérus est en rétrodéviation, on relèvera le fond de la matrice avec la sonde et on maintiendra l'organe dans cette position qui est plus favorable à l'écoulement des liquides.
A la moindre alerte, au lieu de fermer le robinet de l'instrument, il vaudra mieux abaisser rapidement le bock ou le sac qui contient l'injection, de façon à ce qu'il se trouve au-dessous du niveau de la table ou du lit sur lequel la femme est couchée.
Lorsque l'injeclion est terminée, dans les circonstances ordinaires, on ferme le robinet de communication et on attend quelques instants avant de rapprocher les branches de l'instrument. Dans ce court espace de temps, les dernières gouttes de liquides qui étaient dans l'utérus s'écoulent par l'orifice externe.
On retire l'instrument en lui faisant suivre un trajet en sens inverse de celui qu'on lui avait communiqué pour pénétrer dans l'utérus.
Le liquide contenu dans le vagin est enlevé à l'aide de quelques tam.pons.
La solution de sublimé peut être employée, mais nous préférons pratiquer une injection antiseptique très faible, dans ces cas, et nous