DOULEUR
préoccupés. Dans les chapitres de généralités qui forment la première partie de son ouvrage, il a consacré quelques pages à l'étude de la douleur. Il y a là des données fournies par une longue expérience et une observation attentive, mais malheureusement, on n'y trouve ni précision, un ordre parfait en rapport avec les idées modernes. Des détails un peu puérils, quelques erreurs d'appréciation atténuent peu, néanmoins, la valeur de ce paragraphe fort substantiel à beaucoup d'égards et où se trouvent des choses excellentes.
Nous ne forons que mentionner des tentatives, d'un ordre assez spécial, qui visent une étude générale des névralgies pouvant se ramener à une origine génitale, à titre de répercussion éloignée ou de simple irradiation. Dans cet ordre d'idées, la conception est illimit(;e, toute impression périphérique interne ou exlerne pouvant retentir, par voie réflexe, de l'appareil génital sur les zones les plus éloignées. Indéfinie, comme l'arc diastaltique réflexe lui-même, cette répercussion douloureuse ne nous parait pas cadrer suffisamment avec l'analyse des localisations précises de la douleur en gynécologie. Il est visible, que les auteurs ont emprunté à Courty le fond même de leurs descriptions.
On retrouve enfin, dans un ouvrage du docteur Berlin, « Guide du diagnostic gynécologique », de courts paragraphes sur l'étude des symptômes douloureux.
Doléris, dès 1886 traitait, chaque année, à son cours, de la valeur séméiologique de la douleur et de l'étude détaillée de ce phénomène, concurremment avec l'étude des autres symptômes généraux des maladies génitales de la femme. C'était le prélude habituel de ses leçons sur le diagnostic gynécologique.
On doit à II.-C. Coe une courte monographie sur ce sujet : « The significance and Localisation of Pain, in pelvis Diseases ». Il ne s'agit à vrai dire que des douleurs pelviennes envisagées d'une façon générale. C'est un thème analogue qu'adopta Richelot pour fixer l'attention sur ce qu'il appelle les névralgies pelviennes, qu'il considère comme passibles de l'ablation des annexes ou de l'utérus lui-même.
Il est bon de rappeler que Charcot, Féré et d'autres neuropathologistes avaient depuis longtemps signalé la douleur ovarienne, dans
5'i'2 SÉMÉIOLUGIE GÉNÉRALE.
l'hystérie, tout en lui refusant une signification spéciale relative à un état génital morbide.
Nous avons plus tard modifié notre opinion en nous assurant que ce n'est pas toujours l'ovaire qui souffre, dans ces cas, mais que le point névralgique douloureux, analogue à celui de la scapulalgie ou de la mastalgie, siège parfois dans l'épaisseur même de la paroi abdominale.