VARIÉTÉS DE FORMES DE LA DOULEUR
Courty, sous le nom de types divers de la douleur, décrit la forme conllmie et la forme intermittente. Ce sont les deux variétés dérivant de la durée du phénomène.
Ce que nous appellerons plutôt forme de la douleur représente les sensations différemment ressenties par les malades, suivant des conditions très nombreuses, lesquelles se traduisent dans un langage presque identique. C'est ainsi que la colique représente bien le spasme ou le ténesme utérin, l'effort douloureux expulsif; que les points douloureux se rapportent d'une manière précise à certaines névralgies fixes, tantôt profondes, tantôt extérieures mais localisées ; que la sensation de pesanteur, de corps étranger, les tiraillements, la tension, la gêne s'accordent avec l'augmentation de volume, rabaissement de la matrice, une congestion excessive du col utérin ou une rétroversion.
La contraction douloureuse de l'anus, celle de la vessie, véritable ténesme réflexe de ces organes, se caractérisent suffisamment d'ellesmêmes et l'on sait combien fréquemment elles s'associent aux affections génitales.
Les brûlures, les points de côté traduisent mieux les salpingoovarites chroniques, la para-métrite juxta-cervicale dépendant d'une lacération profonde du col et, quand la brûlure est périphérique, le retentissement d'une lésion profonde correspondante sur l'innervation cutanée.
Le mal de reins se rapporte aux affections du col ou du paramétrium postérieur (ligaments utéro-sacrés) dans la métrite. Enfin, il est des douleurs d'une nature particulière, douleurs
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sine materia, en apparence du moins, qui sont le fâcheux privilège des névropathes et que rien ne semble motiver dans l'état des organes sexuels (coccygodinie, cystalgie, périnéalgie). Leur caractère particulier est d'être de siège et d'intensité variables, procédant par paroxysmes quelquefois périodiques, d'alterner avec d'autres manifestations de môme ordre, telles que la migraine, la gastralgie, de s'accompagner de battements pénibles dans les régions profondes du bassin. Elles donnent assez bien l'idée de névralgies pulsatiles telles que la névralgie temporale ou frontale.
Insister trop longuement sur ces variétés de forme nous exposerait à des redites, au cours de l'élude analytique qui va suivre. D'autant plus qu'il existe, outre les variétés de douleur susdites, une forme générale qui comporte elle-même de nombreuses variétés. C'est la douleur, sans autre épithète, qui caractérise la période aiguë des inflammations génitales et qui diffère notablement par son caraclère général, cyclique, diffus, mal circonscrit, des manifestations topiques relatives aux lésions chroniques mieux localisées.
Pour résumer cet aperçu, nous dirons donc qu'on peut adopter, pour la facilité de l'exposé, un certain nombre de catégories typiques de la douleur.
I. — Quant à la durée : elle est continue, paroxystique, intermittente ou périodique.
II. — Quant au siège : elle est profonde ou superficielle, générale ou localisée — unilatérale ou bilatérale, sans préjudice des sièges spéciaux très nombreux, qui correspondent aux points directement en rapport avec les organes malades ou avec l'émergence de certains filets nerveux plus particulièrement impressionnés.
III. — Quant à la forme : elle est gravative (dans la période phlegmasique aiguë des maladies), — lancinante et fixe dans les Iraumatismcs du col et les adhérences annexielles, — névralgique dans la période chronique plus spécialement, — spasmodique quand elle s'associe à une contracture musculaire (spasme du col, du vagin, de la vulve, vulvo-vaginisme), etc.
Les irradiations n'observent aucune règle.
IV. — Au point de vue clinique : elle est spontanée ou provoquée par les divers procédés d'exploration.
Z-2i SÉMÉIOLOGIE GÉNÉRALE.
Tous les médecins ont constaté la douleur, dans l'inflammation de l'utérus. L'ignorance des causes des lésions, des variétés et des complications habituelles de la métrite a seule donné lieu à des divergences d'opinions qui ne s'expliqueraient plus aujourd'hui.
P. Dubois a émis une formule dans laquelle la pldegmasie utérine paraît résider presque uniquement dans le phénomène douleur.
Cette affection nerveuse de l'utérus de Dubois, que Lisfranc dénomme état nerveux utérin, consiste dans une hypéresthésie, une sensibilité extrême, tantôt généralisée à tout l'apppareil génital, tantôt localisée au museau de tanche, sans que la matrice paraisse engorgée ou tuméfiée. Malgaigne insistait sur la douleur localisée au col et sur les névralgies utérines.
Oui ne voit, dans ces appellations dilîerentes, le résultat de la différence des doctrines, et qui n'y reconnaît le signe constant mais variable d'une lésion tantôt cantonnée au col utérin, tantôt diffusée dans l'ensemble du tractus génital, tantôt enfin, dans la forme torpide de l'affection, associée à un état ncvropathique manifeste? Nonat caractérise bien cette dernière variété en la qualifiant à' irritabilité nerveuse de l'orifice cervico-utérin qu'il faut distinguer de l'irritabilité inflamm.atoire.
Il ne veut pas cependant que l'on confonde V irrilabililé nerveuse utérine avec ïhystéralgie, autrement dit névralgie utérine de Malgaigne, sans toutefois donner de cette distinction une raison quelconque.
La dysménorr^hée douloureuse traduit plus spécialement l'intervention de cette double disposition morbide 021 moment des règles.
Enfin il est utile de distinguer entre la manifestation spontanée de la douleur utérine, sous forme de coliques menstruelles ou autres, et celle que l'on peut provoquer par l'exploration ou le contact direct de l'organe.
11 est tout aussi indispensable de faire la différence entre la douleur spéciale à l'utérus non enflammé et celle qui est le fait de
l'inflammation — d'un traumatisme — d'une flexion — d'une déviation — d'un prolapsus.
Nous envisagerons donc successivement :
La douleur spontanée de l'utérus, au moment des règles (dysménorrhée douloureuse).
La douleur provoquée par le contact direct ou l'examen.
La forme névralgique chronique de la douleur utérine, liée au traumatisme ou à l'anteflexion spasmodique.
Les spasmes utérins et para-utérins douloureux, d'origine réflexe variahle.
Les douleurs d'origine pathologique plus précise. Douleur de la métrite.
D. delarélrodéviation.
D. du prolapsus.
D. dans les tumeurs utérines, kystes, libromes, cancer.