‹ Introduction a la pratique gynécologiqueChapitre 98 sur 170 · DOULEUR DANS LA RÉTROVERSION · texte numérisé non relu

DOULEUR DANS LA RÉTROVERSION

explorateur : plus le fond de l'organe est turgide et épaissi et plus la sensation est aiguë. 11 faut bien se rendre compte en effet que cette région, anormalement déclive, est alors le siège d'une congestion passive qui amène la stase veineuse et l'infiltration de ses parois, avec augmentation de la sensibilité à ce niveau, surtout à chaque retour des règles.

Il faut toutefois distinguer cette douleur d'avec une sensation provoquée sur l'ovaire ou la trompe entraînés avec le corps de l'utérus et dissimulés en arrière du fond de l'organe

La douleur la plus caractéristique et la plus vive que l'examen de l'utérus en rétroversion puisse provoquer est celle que produit l'introduction de la sonde utérine. Elle se manifeste au moment où l'instrument touche le fond de la cavité, et elle s'exagère si l'on tente immédiatement la réduction. Elle a été signalée par Schrœder et nous l'avons souvent constatée.

La douleur de la rétroversion siège aussi dans les ligaments tiraillés. Ce sont les ligaments utéro-sacrés et les ligaments ronds.

La douleur sera donc lombaire et sacrée (mal aux reins, traction sur les iilets nerveux cervico-sacrés) ou inguinale (émergence des nerfs à l'orifice inguinal externe).

La caractéristique de cette sensibilité anormale ressentie en des points parfaitement circonscrits, c'est qu'elle n'existe guère que lorsque la malade se tient debout, surtout lorsqu'elle garde longtemps cette attitude.

Elle s'exagère par la marche, la fatigue, les efforts.

Dès que la patiente garde le repos et reste étendue, la douleur s'atténue notablement, si même elle ne disparaît pas entièrement.

Enfin, la douleur ressentie par les organes voisins (\m subissent les effets de la déviation, soit par irritation, soil par compression, porte sur la vessie et sur le rectum principalement.

La vessie est tiraillée dans sa région la plus sensible, le col et la naissance de l'urèthre, d'où ténesme et dysurie.

Le rectum est comprimé, d'une façon en quelque sorte permanente, par le fond de l'utérus rétro versé.

Il s'ensuit une sensation de compression, éprouvée par la malade,

.158 SÉMÉIOLOGIE GÉNÉRALE.

qui se dislingue assez mal de la sensation dépendant de la congestion hypostatique du fond de la matrice. Les deux sensations s'allient pour produire le symptôme douloureux complexe précédemment décrit.

La constipation habituelle amène souvent de la redite, avec ou sans desquamation muqueuse. C'est la forme la plus pénible. Elle apparaît lorsque des adhérences recto-utérincs se produisent par le développement d'un exsudât pseudo-membraneux qui s'organise et maintient au contact la surface séreuse de l'utérus avec le péritoine du cul-de-sac de Douglas.

A défaut d'adhérences et de rectite réelles, il n'en existe pas moins, d'une façon habituelle, un état de spasme du sphincter rectal qui se traduit par un ténesme persistant.

Ce ténesme est presque pathognomonique de la rétrodéviation utérine ancienne et accentuée.

Les annexes (trompe et ovaire) sont-elles prolabées, la sensation pénible, ressentie au point précis du contact des organes génitaux et de l'intestin, est à son maximum ; car le spasme gagne généralement les ligaments utéro-ovariens et les faisceaux musculaires du ligament large qui sont comme raidis et immobilisés dans une altitude vicieuse.

D. — Douleur dans le prolapsus utérin.

Une bonne partie des caractères que nous venons de décrire pour la rétrodéviation se retrouvent dans la douleur spéciale au prolapsus utérin.

Comment en serait-il autrement, puisque la rétrodéviation est une des étapes obligatoires du prolapsus, la matrice ne pouvant s'abaisser au delà d'un certain niveau, sans se dévier en arrière et se placer dans l'axe de sortie du bassin, c'est-à-dire dans l'axe du vagin?

La douleur lomho-sacrèe existe pour la même cause (tiraillement des ligaments utéro-lombaires et sacrés).

Il s'y ajoute une tension pénible dans les flancs et les côtés du bassin, qui est due à la traction permanente subie par les ligaments larges.

Enfin les tiraillements douloureux se font sentir jusqu'à l'épi-

Page 1