‹ Introduction a la Psychologie, l'instinct et l'émotionChapitre 14 sur 71 · Spinoza, Ethique, III, 2, Scholie · texte numérisé non relu

Spinoza, Ethique, III, 2, Scholie

LA CONSCIENCE ET LE SYSTÈME NERVEUX

systèmes. La science, dans son principe, est restée cartésienne. Le monde qu'elle envisage est pareil à celui que Descartes avait révé. La philosophie, qui tient cette science pour seule légitime et ce monde pour seul vrai, a pris parti dans la question de l'âme et du corps. Elle pose le problème comme Descartes. Elle ne peut le résoudre autrement que les Cartésiens. De fait, les formules du monisme sont empruntées telles quelles à Leibniz ou à Spinoza. L'une des plus fameuses est celle que Fechner a vulgarisée1.

« Figurez-vous, disait Leibniz2, deux horloges ou deux montres qui s'accordent parfaitement. Or, cela peut se faire de trois façons. La première consiste dans l'influence mutuelle d'une horloge sur l'autre ; la seconde dans le soin d'un homme qui y prend garde ; la troisième dans leur propre exactitude. La première façon, qui est celle de l'influence, a été expérimentée par feu M. Huygens à son grand étonnement 3... La seconde manière de faire toujours accorder deux horloges bien que mauvaises, pourra être d'y faire toujours prendre garde par un habile ouvrier, qui les mette d'accord à tous moments : et c'est ce que j'appelle la voie de l'assistance. Enfin la troisième manière sera de faire d'abord ces deux pendules avec tant d'art et de justesse qu'on se puisse assurer de leur accord dans la suite ; et c'est la voie du consentement préétabli. Mettez maintenant l'âme et le corps à la place de ces

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