CHAPITRE IV
LA MOELLE ET LE CERVEAU
I. Vertébrés inférieurs. — Flourens croyait avoir démontré que l'animal perd avec ses lobes cérébraux « toutes ses sensations, tous ses instincts, toutes ses facultés ». Nous avons vu que cette formule ne saurait être acceptée telle quelle. Il importe maintenant de la préciser et d'envisager séparément à cet effet les différentes classes qui composent l'embranchement des vertébrés. Nous laisserons, pour faire court, les poissons de côté et nous nous arrêterons d'abord à l'examen d'un batracien.
Le cerveau antérieur1 est trop peu développé, dans la classe des batraciens, pour que la perte de cet organe entraîne les graves perturbations que Flourens observait chez l'oiseau. De fait, une grenouille privée de ses hémisphères ne se distingue guère d'une grenouille
i. Rappelons qu'on distingue dans l'axe cérébro-spinal des vertébrés les parties suivantes : moelle épinière ; arrière-cerveau, dit aussi moelle allongée (bulbe, etc.) ; cerveau postérieur (cervelet, etc.); cerveau moyen (lobes optiques, etc.); cerveau intermédiaire (couches optiques, etc.); cerveau antérieur ou hémisphères (formations olfactives, corps striés, écorce). — On entend par encéphale toutes les parties de l'axe contenues dans la boîte crânienne, c'est-à-dire, toutes celles qui font suite à la moelle épinière.