‹ Introduction a la Psychologie, l'instinct et l'émotionChapitre 19 sur 71 · REPTILES · texte numérisé non relu

REPTILES

Les auteurs ont suivi les animaux opérés pendant quelques semaines. Si leurs observations avaient pu être prolongées davantage, l'expérience serait décisive. 11 convenait cependant de la mentionner. Le rôle qu'elle permet d'attribuer aux hémisphères du batracien est celui-là même que nous verrons s'accuser dans les espèces supérieures. La grenouille conserve, après la perte du cerveau proprement dit, les fonctions les plus nécessaires à son existence. Elle devient, en revanche, incapable de tout progrès. Intacte, elle témoigne d'une certaine plasticité. Mutilée, elle n'apprendra rien. Les recherches de Burnett1 ont apporté dès lors à cette conclusion un appui nouveau. Le physiologiste américain a étudié parallèlement et dans des conditions bien définies la grenouille normale et la grenouille privée de ses hémisphères. Les observations qu'il a recueillies sur la capture des proies sont en particulier fort instructives. Abandonnés à eux-mêmes, les animaux opérés se montrent moins habiles que les animaux témoins. Enfermés dans une cloche avec des mouches, les premiers s'emparent de celles-ci en quelques minutes, tandis que les seconds essaient de fuir ou demeurent accroupis, immobilisés par la peur.

2. Reptiles. — Le cerveau antérieur des reptiles est plus développé que celui des batraciens. Il sert notamment de support à une véritable écorce2. De fait, la

1. T. Burnett, The american journal of physiology, XXX, 8o ; 191:?.

2. L'écorce cérébrale s'ébauche dans la classe des poissons — où, dans certaines espèces, elle n'est représentée que par une membrane épithéliale. iùlle est très simple encore chez les batraciens.

Larguier des Bancels.

LA MOELLE ET LE CERVEAU

destruction des hémisphères entraîne, pour ces animaux, clos troubles apparents d'emblée. Les expériences de Schrader1, pratiquées sur la couleuvre, sont démonstratives à cet égard. Nous nous contenterons de les résumer.

La couleuvre privée de ses hémisphères garde une activité très étendue. Ses mouvements reprennent, au bout de quelques jours, toute leur précision et toute leur variété. Jeté en travers d'un bâton, l'animal s'enroule aussitôt et il réussit à maintenir son équilibre, quelle que soit la position que l'on donne à l'objet qui le soutient. Cette épreuve fournit une mesure des ressources qu'il possède encore. Elle atteste, du même coup, le dommage qu'il a souffert. Aussi bien, dans des circonstances pareilles, un individu normal se laisserait couler à terre et chercherait à fuir. La couleuvre décérébrée2 s'attache au bâton qu'on lui présente comme elle ferait à une branche flexible. Elle ne tient compte ni de la présence de l'expérimentateur, ni des manœuvres qu'il exécute. La couleuvre intacte se comporte comme si elle reconnaissait l'un et redoutait l'autre. Les réactions de la première sont machinales. Celles de la seconde impliquent une sorte de discernement.

L'expérience découvre la signification des hémisphères. L'étude du sujet normal achève d'en préciser le rôle. Rien n'est plus instructif, de ce point de vue, que

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