‹ Introduction a la Psychologie, l'instinct et l'émotionChapitre 20 sur 71 · OISEAUX · texte numérisé non relu

OISEAUX

la comparaison des procédés auxquels recourent les reptiles et les batraciens pour s'alimenter. L'observation de ces deux types est éminemment propre à montrer tout ce que l'organisme gagne à la possession d'un cerveau perfectionné. Edinger a souligné avec raison la portée d'un tel examen1. Nous ne pouvons mieux faire que de le reprendre après lui.

La grenouille ne capture que des proies en mouvement. Elle s'efforce de happer le ver qui rampe, la mouche qui vole. A-t-elle manqué sa prise, elle ne poursuit pas sa chasse. Présent, l'objet exerce sur elle un attrait irrésistible. Sitôt disparu, il cesse de l'intéresser.

Les reptiles se comportent tout autrement. Le serpent affamé se met de lui-même à la recherche d'un gibier- Il le dépiste à l'odeur2, en retrouve les voies, et n'en abandonne pas la trace. Bref, il se conduit à peu près comme le chien qui quête. Vis-à-vis du poisson ou du batracien, le progrès est immense. La sensation n'est plus seulement enregistrée, elle est interprétée. La perception proprement dite apparaît.

3. Oiseaux. — Les hémisphères de l'oiseau marquent un nouveau degré dans l'évolution de l'encéphale., Les corps striés prennent un énorme accroissement. L'écorce, qui n'a pas encore l'importance qu'elle ac-

1. L. Edinger, Bericht iiber den III Kongress far experimentelle Psychologie (Leipzig, 1909), p. n et suiv.

2. Edinger a établi que l'écorce des reptiles est tout entière au service de l'olfaction.

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LA MOELLE ET LE CERVEAU

querra dans la classe des mammifères, est néanmoins plus développée que chez les reptiles. L'ensemble constitue une masse puissante qui tend à recouvrir les autres parties de l'encéphale.

Flourens a ébauché le tableau de l'oiseau décérébré. Sa description mérite d'être retenue. Klle éclaire d'un jour vif la nature des fonctions que l'animal a conservées. Mais elle en atténue la portée. Les travaux anciens de Longet et ceux, plus récents, de Schrader sont venus la corriger1. On verra qu'ils en laissent subsister les traits fondamentaux.

L'ablation pratiquée par Flourens s'étendait certainement aux couches optiques2. Si le cerveau antérieur est seul extirpé, on assiste au retour de fonctions que le grand physiologiste tenait pour définitivement abolies. L'état de stupeur n'est alors que temporaire : au bout de trois à quatre jours, l'animal redevient capable d'une certaine activité. Le pigeon, par exemple3, n'a nul besoin d'une excitation artificielle pour se mettre en mouvement. Il marche de lui-même et il prend quelquefois son vol. Il quitte à l'occasion le perchoir sur lequel on l'avait placé, pour en choisir un autre, ou

1. M. Schrader, Archiv fur die gesamte Physiologie, XLIV, 175 ; 1889.

2. Voir, sur ce point, A. Vulpian, Leçons sur la physiologie générale et comparée du système nerveux (Paris, 1866), p. 692.

3. Nous prenons le pigeon pour exemple et non pour type. L'encéphale et, notamment, le cerveau antérieur de l'oiseau est loin d'avoir la même complication d;ins toutes les espèces. A ce point de vue, le perroquet diffère autant peut-être du pigeon ou de la poule que le singe du lapin ou du cobaye. C'est ainsi que la destruction d'un hémisphère entraîne, pour le premier, une hémiplégie comparable à celle que l'on observe chez les primates. On ne constate rien de pareil chez les oiseaux ou les mammifères inférieurs.

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