‹ Introduction a la Psychologie, l'instinct et l'émotionChapitre 27 sur 71 · ESPÈCES COMPARÉES VALEUR DE X · texte numérisé non relu

ESPÈCES COMPARÉES VALEUR DE X

orang et gibbon o,55

lion et chat o,54

puma et chat 0,57

rat et souris. o,56.

Dubois a constaté que la valeur de x reste, dans tous les cas qu'il a envisagés, voisine de o,56 (maximum : o,58 ; minimum : 0,54). De fait la formule

fournit une expression satisfaisante du poids encéphalique en fonction du poids corporel dans toute la série des mammifères1.

1. On trouvera des documents sur le poids de l'encéphale chez les mammifères dans les mémoires suivants, postérieurs à celui de Dubois : E. Spitzka, The journal of comparative neurology and psychology, XIII, 9 ; iC)o3; L. Lapigque, Bulletin de la société d'anthropologie de Paris, séances du 2 mai et du 6 juin 1907 ; P. Warncke, Journal fur Psychologie und Neurologie, XIII, 355 ; 1908 ; L. Lapicque, Bulletin du Muséum d'histoire naturelle, 1912, 2.

l'intelligence et le cerveau

Si le développement de l'encéphale dépendait exclusivement, de celui du corps, le facteur de proportionnalité c demeurerait identique pour tous les animaux. Il n'en est rien. La valeur de c varie avec le niveau que

l'espèce occupe dans l'échelle des êtres. Elle est égale,

pour l'homme à 2,73

pour les singes anthropomorphes . . à 0,75

pour les félins à o,32

pour le rat et la souris à 0,08.

Lapicque et Girard ont démontré que la formule de Dubois se vérifie encore dans la classe des oiseaux1. Le coefficient c est égal, en moyenne,

pour les perroquets à o,3o

pour la pie, le corbeau, etc. ... à o,25

pour les rapaces diurnes à o,i5

pour les canards sauvages, etc. . . à o,i3

pour le paon, le faisan, etc à 0,07 2.

En résumé, qu'il s'agisse des oiseaux ou des mammifères, le poids de l'encéphale peut être représenté quantitativement par un produit de deux facteurs. Le premier de ces facteurs figure une certaine puissance

1 . L. Lapicque et P. Girard, C. R. de la société de biologie, séance du 8 avril igo5. — P. Girard, Thèse de la faculté des sciences (Paris, 1908).

2. Sur le poids de l'encéphale chez les oiseaux, voir aussi P. Warncke, Journal fur Psychologie und Neurologie, IX, 93 ; 1907. — Nous avons calculé la valeur de c, à l'aide de la formule de Dubois, pour un certain nombre des espèces recueillies par Warncke. Nous avons trouvé, pour les cacatoès : o,38 ; pour les perroquets : o,3o ; pour les hiboux : 0,2/i ; pour le pigeon sauvage : 0,09 ; pour l'autruche : 0,075. Les passereaux se groupent entre les strigidés et les columbidés. — Pour les petits oiseaux, voir L. Lapicque^ C. R. de l'académie des sciences, séance du 21 déc. 1908.

LA MOELLE ET LE CERVEAU

du poids corporel. Le second est un coefficient qui s'élève avec le niveau de l'espèce et caractérise l'accroissement cérébral, dans la mesure où celui-ci est indépendant de la taille. Il est essentiel de noter que ce coefficient ne possède qu'une signification globale. Comparons deux animaux semblables à certains égards, mais différant par la grandeur de l'œil. On peut s'attendre à ce que le développement de la rétine entraîne une modification correspondante dans le développement de l'encéphale, et c'est ce que Lapicque a constaté efïectivement1. On sait de même que le cervelet des oiseaux bons voiliers est plus volumineux, toutes choses égales, que celui des oiseaux qui volent mal ou qui ne volent pas. Pour obtenir une expression rigoureuse du coefficient c, il conviendrait évidemment d'envisager à part chacun des organes encéphaliques. Tel quel, le calcul de ce coefficient n'en conserve pas moins un intérêt de premier rang.

Lapicque a montré que la formule de Dubois est susceptible d'une représentation graphique très simple2. L'égalité (i) peut s'écrire :

log E = o,56 log S + log c. (2)

Or, l'égalité (2) n'est autre chose que l'équation d'une droite tracée sur une échelle logarithmique. Elle équivaut en effet, dans ce cas, à l'expression :

1. L. Lapicque, C. R. de l'académie des sciences, séances du 20 juillet 1908 et du 27 déc. 1910.

2. L. Lapicque, C. jR. de l'académie des sciences, séance du 2^ juin 1907, et Bulletin de la société d'anthropologie de Paris, séance du 2 mai 1907.

l'intelligence et le cerveau

La constante b est l'ordonnée du point où la droite coupe l'axe des y. La constante a définit la direction de la droite : elle est la même pour toutes les droites parallèles.

Prenons maintenant un système de coordonnées rectangulaires. Portons en abscisse le logarithme du poids corporel et en ordonnée le logarithme du poids encéphalique correspondant. L'intersection des perpendiculaires menées par les points ainsi déterminés marquera la place de l'animal. Les espèces pour lesquelles le coefficient c est identique se distribueront sur une même droite inclinée. La superposition de ces droites traduira dès lors le développement de l'encéphale, abstraction faite de la taille.

Le tableau ci-joint contient en particulier les espèces dont il a été question plus haut.

Homme

^/tlèphani

Baleine j&

Gibbon^

•ne

lopithèyueJX'

le

Perr Perruche m

Herijton

72>upe

IOg IOO- | Kg 10- 100- IO00- IOOOO -

Comment interpréter la loi de Dubois ? On comprend

LA MOELLE ET LE CERVEAU

sans peine que, à égalité d'organisation, le poids de l'encéphale augmente avec celui du corps. On comprend aussi que, pour des espèces dont le niveau est tout différent, les éléments nerveux d'ordre supérieur se multiplient en raison de ce niveau même. Tel est, en bref, le point de vue que Dubois a adopté. 11 est parfaitement recevable et demeure légitime, quelle que soit, dans le détail, l'architecture du système cérébral. Nous avons vu que l'expérience assignait aux hémisphères un rôle prépondérant. Il importe d'observer que la valeur du coefficient c dépend en première ligne, chez les vertébrés supérieurs, de la masse que le cerveau proprement dit se trouve avoir acquise. Le fait a été établi directement dans le cas de l'oiseau1. Il se vérifierait selon toutes probabilités dans celui des mammifères.

Nous ajouterons un mot en ce qui concerne l'espèce humaine. Le poids de l'encéphale est, chez l'Européen, de i 36o grammes en moyenne, pour l'homme, et de i 220 grammes, pour la femme. Le poids du corps est de 66 kilogrammes pour le premier et de 54 kilogrammes pour la seconde. Si l'on applique dans ce cas particulier la formule de Dubois et que l'on traite à cet effet la relation de sexe à sexe comme une relation d'espèce à espèce, on trouve que le coefficient c prend pour valeur, 2,73, d'une part, et 2,72, de l'autre. Il y a pratiquement identité. Ce résultat, énoncé par Lapicque, est important2. Il permet d'affirmer que les poids cor-

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