LES RÉFLEXES DE DEFENSE
Beitr'àge zur Lehre von den Funktionen der Nervencentren des Frosches. Ce livre ouvre une période nouvelle dans l'histoire de la physiologie nerveuse. L'activité de la moelle est étudiée avec une précision croissante. Les phénomènes d'inhibition deviennent l'objet d'un examen approfondi. Des actes compliqués, tels que ceux de la marche, sont analysés progressivement et réduits peu à peu au type du réflexe. Les recherches de l'école goltzienne remplissent le dernier tiers du siècle passé. Elles trouvent leur couronnement dans l'œuvre de Sherrington qui, mieux qu'aucun de ses devanciers, montre comment le système nerveux fait de l'animal un tout solidaire et assure, par « l'interaction » des réflexes, le concert des parties dans l'organisme des vertébrés1.
Nous avons relevé, dans un chapitre précédent, les traits essentiels de l'activité réflexe. C'est cette activité elle-même qu'il s'agit maintenant de décrire. Nous l'envisagerons, pour commencer, chez les vertébrés inférieurs. Il n'est pas nécessaire de revenir sur le caractère machinal de l'acte réflexe. Il importe, en revanche, de marquer qu'un tel acte est un acte adapté. Les observations suivantes, empruntées à Baglioni, feront connaître, dans un cas particulier, la nature de cette adaptation. Elles portent sur le crapaud commun2.
I. C. Sherrington, Ueber das Zusammenwirken der Riickenmarksrejlexe und das Princip der gemeinsamen Strecke, Erg-ebnisse der Physiologie, IV, 797; 1905. Le même, The integrative action of the nervous System (New- Haven, 1906). — Voir aussi, sur cette question, T. Graham Brown, Die li eflex funktionen des Zentralnervensystems, Ergebnisse der Physiologie, XIII, 279 ; 19 13 et XV, /»8o; 1916.
•1. S. Baglioni, Die Hautrejîexe der Amphibien, Ergebnisse der Physiolo-
128 l'activité réflexe et l'activité cérébrale
Les diverses régions du système nerveux soutiennent des rapports qu'il est indispensable de rompre, toutes les lois que Ton se propose de découvrir le rôle appartenant en propre à telle ou telle partie. Supposons qu'on veuille déterminer les fonctions de la moelle. Pour les manifester dans ce qu'elles ont de spécifique, il faut soustraire l'organe dont elles procèdent aux influences que les centres encéphaliques exercent normalement sur lui. Le physiologiste n'est pas obligé à <îet effet de décapiter l'animal. 11 peut séparer la moelle de l'encéphale, en pratiquant une section dans l'axe cérébro-spinal à la base du crâne. C'est à ce procédé — compatible, chez les espèces inférieures, avec une survie prolongée, — que l'expérimentateur italien à recouru l.
L'adaptation des réflexes cutanés se décèle, chez le crapaud à moelle isolée, d'un double point de vue : elle répond, d'une part, à la nature, et, de l'autre, au siège des excitations qui peuvent affecter la peau. C'est ainsi qu'une pression exercée sur la plante du pied détermine l'extension brusque de la patte, tandis qu'une piqûre, appliquée au même endroit, provoque un mouvement de retrait. Ce mouvement n'est autre chose qu'une réaction de défense élémentaire. Lorsque l'irri-
gie, XIII, 454 î I9i3. — Les expériences de l'auteur se trouvent résumées p. 5o8 et suiv.
1. Il est bon de noter que les fonctions observables dans l'organe isolé ne représentent qu'un minimum. La rupture des connexions intercentrales n'a pas seulement pour résultat de séparer les diverses parties du système nerveux. Elle peut entraîner et elle entraîne d'ordinaire, au moins chez les vertébrés supérieurs, des effets d'inhibition capables de masquer le jeu normal de telle -ou telle de ces parties.