W. James, l. c, II, p
2. Le fait que l'enfant ne manifeste de là répugnance vis-à-vis des grenouilles qu'à l'âge de dix-huit mois, ne constitue pas d'ailleurs en lui-même un .irgument contre l'hypothèse de l'innéité. Pour être héréditaire, l'instinct 'nest pas nécessairement contemporain de la naissance.
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l'instinct
s'alarme ne serait après tout que « le serpent tentateur ». Les interprétations freudiennes sont recevables on principe. N'oublions pas cependant que, dans le cas particulier, elles perdraient une grande partie de leur valeur, si la crainte qu'elles prétendent expliquer devait être considérée comme originale. En attendant les résultats d'expériences décisives, le plus sage est de réserver toute conclusion sur ce point1.
Aux craintes primitives, originales, innées, s'opposent les craintes secondaires, dérivées, acquises. Ce sont de beaucoup les plus communes dans l'espèce humaine. La genèse en est immédiatement intelligible. L'homme est accessible à la crainte dans la mesure où il est capable d'anticiper un mal. Il importe peu que ce mal soit réel ou imaginaire. Il suffit qu'il soit attendu. De fait, chez les civilisés eux-mêmes, bien des craintes s'attachent à des objets ou à des situations qui n'ont en soi rien de redoutable. On les qualifie de superstitieuses, et, si chacun les ressent plus ou moins, tout le monde ne les avoue pas. Le nombre de voyageurs diminue le vendredi. Une maîtresse de maison évite de réunir treize personnes à sa table. C'est donc qu'une foule de gens tiennent treize pour un « mauvais nombre » et le vendredi pour un « mauvais jour ». Il serait fort intéressant de connaître l'histoire de telles croyances. Les ethnologues se sont appliqués de leur
I. Stanley Hall incline à admettre que l'enfant présente vis-à-vis des reptiles une « susceptibilité » héréditaire. Les arguments qu'il avance n'emportent pas la conviction. — G. Stanley Hall, The american journal of psycholorjy, XXV, 1^9 et 321 ; 1914.