LA CURIOSITÉ
2ig
tement la nature de la cruauté1. Il rattache la cruauté à l'instinct de la « domination ». Souffrir est ce que l'homme redoute le plus. Faire souffrir autrui, c'est le mettre dans une situation que nous estimons intolérable pour nous-même, donner preuve à son égard de notre toute puissance et, en le subjuguant, nous élever du même coup.
III. La curiosité. — On a coutume de grouper sous ce nom les tendances qui répondent au besoin de connaître. Que ce besoin soit inné et ces tendances instinctives, Gondillac lui-même n'allait pas jusqu'à le contester. « C'est naturellement, machinalement, par instinct et à son insu » que la statue du Traité des sensations se meut et qu'elle découvre, « d'après ses mouvements, qu'elle a un corps, et qu'au delà il y en a d'autres2 ». Quand l'instinct ne serait qu'un « commencement de connaissance », ce commencement du moins ne pourrait être qu'instinctif.
La curiosité est précoce. Il n'est guère d'animal mobile qui n'explore activement le milieu où il est placé. Dans l'espèce humaine, elle se manifeste de bonne heure. Le petit enfant regarde, goûte, palpe, manipule3.