Gondillac, l. c, III, p. i
3. Le besoin de construire serait, d'après W. James, aussi instinctif chez l'homme que chez le castor. Il se rattache peut-être à cette tendance. James inclinait, d'autre part, à admettre que l'homme cherche instinctivement une retraite pour dormir ou se reposer. Ce penchant, à supposer qu'il soit véritablement inné, est probablement d'un tout autre ordre. On pourrait le rapprocher des instincts de défense dont il a été question plus haut.
l'instinct
Il s'intéresse, en un mot, aux objets qu'il lui importe de connaître, et il le fait instinctivement.
La curiosité trouve un frein dans la crainte. Le « nouveau » éveille la crainte quand il ne sollicite pas la curiosité. Il arrive ainsi que les deux instincts répondent à l'appel d'un seul et même objet. La question serait de savoir pourquoi ils l'emportent tour à tour. Bornons-nous à noter qu'ils demeurent associés dans une foule de circonstances. L'inconnu attire les hommes et les inquiète à la fois. Le prestige du mystère,, auquel tant d'adultes restent sensibles, est fait de crainte et de curiosité.
IV. L'instinct sexuel. — V. Les instincts parentaires. — Ces instincts ont été définis plus haut. Contentons-nous d'ajouter, en les inscrivant à leur place, qu'ils figurent, aux yeux de certains psychologues, la source des affections qu'on appelle désintéressées. La genèse des tendances altruistes est encore débattue. Nous rappellerons brièvement ici les interprétations dont elle a été l'objet.
Les sentiments tels que la bienveillance ou la pitié se traduisent, dans la mesure où ils sont actifs, par la protection efficace des faibles. Ils se rapprochent à cet égard de l'amour que la mère ressent pour ses petits. La similitude évidente que l'on observe de ce point de vue s'expliquerait d'emblée, si l'altruisme dérivait en fait des tendances parentaires. Que telle soit bien son origine, c'est ce que beaucoup ont soutenu. On conçoit qu'un être chétif, dépouillé, misérable, puisse éveiller