VII. Les instincts égoïstes. — L'être supérieur ne
l'instinct
tend pas seulement à persévérer dans l'être. Il tend à accroître son être, à le développer, à l'enrichir. Les instincts égoïstes n'ont d'autre fin que celle-là. Esquissés tout au plus dans l'animal, ils acquièrent chez l'homme une puissance sans égale : l'égoïsme est l'instinct spécifiquement humain. L'égoïsme a reçu les noms les plus divers. Il se résume dans l'ambition. Au désir d'être plus et d'être mieux, se rattachent l'appropriation, l'envie, l'émulation, la rivalité1. L'innéité de ces tendances n'a jamais été contestée. Elles semblent assez connues pour qu'il suffise de les nommer.
VIII. Le jeu. — Que le jeu représente une activité instinctive, c'est ce qu'il est impossible de mettre en doute. Que le jeu se distingue des instincts proprement dits, c'est ce qu'on ne saurait pas nier davantage. La finalité de l'instinct apparaît au premier regard. Celle du jeu se dissimule. Il est nécessaire de la dégager.
« Sous les rapports physiologiques, les jeux des enfants sont bien dignes de remarque. Qu'on les étudie avec attention, et l'on verra qu'ils sont le simulacre des actions de l'homme adulte ; on peut établir le même rapprochement pour les jeux des jeunes animaux, qui sont aussi en quelque sorte la répétition des actions qu'ils seront appelés à exercer par la suite. » Ces mots, que Magendie a jetés en passant dans un manuel élémen-
I. Certaines formes d'appropriation s'observent chez les animaux. L'écureuil amasse des provisions. La pie passe pour « voleuse ». — «L'instinct de la propriété » est précoce chez l'enfant. Il se traduit, en particulier, par le goût des collections, très vif à un certain âge, et qui se fixe d'ordinaire pour peu qu'il ait eu l'occasion de s'exercer en temps opportun.