CHAPITRE VII
i. L'instinct et l'émotion. — L'étude de l'instinct conduit à l'émotion. Les deux ordres de phénomènes s'apparentent manifestement et le langage a enregistré dès l'origine les rapports étroits qu'ils soutiennent. C'est sous le nom d'émotions que Ribot décrit ce que nous avons appelé des instincts. L'émotion de la peur se confond, pour le vulgaire, avec l'instinct de la fuite. Un seul et même mot, en grec, sert à les désigner l'un et l'autre \
« Il est impossible, disait William James2, de traiter des instincts sans parler du cortège d'émotion qui les accompagne. Un objet de rage, d'amour ou de terreur n'incite pas seulement l'homme à l'action : il provoque des changements dans son attitude et dans son visage et affecte de diverses manières sa respiration, sa circulation et ses autres fonctions organiques. Lorsque les actes extérieurs se trouvent inhibés, les manifestations émotionnelles persistent encore et nous pouvons lire
1. Les pages qui suivent sont empruntées en majeure partie à un article publié par l'auteur dans les Archives de Psychologie, XVII, i53 ; 1919.