‹ Introduction a la Psychologie, l'instinct et l'émotionChapitre 57 sur 71 · W. James, The principles of psychology, II, p. 44a · texte numérisé non relu

W. James, The principles of psychology, II, p. 44a

l'instinct et l'émotion

la colère dans les traits de la face, quand même le coup n'a pas été porté, ou la peur dans les altérations de la voix ou du teint, alors que les autres signes de l'émotion seraient supprimés. Les réactions instinctives et les manifestations émotionnelles se confondent ainsi les unes avec les autres par degrés insensibles. Tout objet qui éveille un instinct éveille également une émotion. L'émotion, il est vrai, s'achève d'ordinaire dans le corps même du sujet, tandis que l'instinct a sa fin dans l'objet auquel il obéit... Les deux classes d'impulsions répondent néanmoins au même modèle physiologique. »

James ne donne pas ces vues pour nouvelles. Le caractère instinctif des réactions émotionnelles n'a jamais été méconnu. L'auteur des Principles se contente au reste de marquer l'existence d'un rapport entre l'émotion et l'instinct. Ses formules ne visent pas à déterminer avec précision la nature de ce rapport et il est difficile de savoir si, pour lui, les réactions émotionnelles et les réactions instinctives représentent deux espèces d'un même genre ou deux parties d'un même tout. L'embarras qu'il a probablement éprouvé sur ce point paraît se trahir dans un passage du Briefer Course. « Faut-il décrire la peur dans le chapitre des émotions ou dans celui des instincts ? Où doit-on parler de la curiosité et de l'émulation ? La réponse à ces questions ne saurait être qu'arbitraire1 »... Il faut prendre acte d'une déclaration aussi nette. A s'en tenir

i. W.James, Psychology (Londres, 189a), p. 373.

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toutefois aux textes cités plus haut, il semble bien que .lames ait vu dans l'émotion un simple concomitant de l'instinct. L'émotion s'associerait à l'instinct comme le « sentir » à «l'agir »*.

Quoi qu'il en soit des opinions véritables de James, la thèse que nous nous risquons à lui attribuer a été défendue en fait par un de ses successeurs. W. Mac Dougall s'est efforcé, dans un intéressant ouvrage, de spécifier les rapports de l'émotion et de l'instinct2. 11 enseigne que l'émotion n'est que « l'aspect affectif » de l'instinct. « Dans le cas des instincts les plus simples, dit-il, cet aspect n'est guère apparent... Toutes les fois, au contraire, que l'instinct est puissamment développé, sa qualité affective est bien marquée. Le langage réserve à ces modes de l'expérience affective des noms particuliers, tels que colère, peur ou curiosité, et il les embrasse tous sous le terme général d'émotion... Chacun des instincts principaux commande ainsi un type d'émotion dont la qualité est spécifique... L'aspect affectif propre à chacun de ces instincts pourrait être appelé une émotion primaire. » Bref, si nous entendons bien Mac Dougall, l'émotion ne serait que la conscience de l'acte instinctif lui-même. A la répulsion, par exemple, correspondrait le dégoût, à la combati vité, la colère. La répulsion, la combativité, se manifestent au dehors par tout un ensemble d'attitudes, de gestes, de démarches caractéristiques. Saisir ces modi

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