W. Me Dougall, l. c., p. 1/49 et suiv
l'émotion
La colère et la peur représentent les commotions affectives par excellence. Les émotions de ce genre méritent de prendre place dans un troisième groupe qu'il reste à caractériser.
La colère et la peur sont des émotions spécialisées et elles s'opposent, comme telles, à la tristesse ou à la joie. La colère et la peur ne se confondent nullement avec des instincts proprement dits et elles se séparent, à ce titre, des réactions dont l'instinct maternel a fourni un exemple. Le premier point ne fait aucune difficulté. Le second a été méconnu par d'excellents esprits. Il est nécessaire de le préciser.
L'instinct de la conservation sous sa forme défensive, dit Ribot1, «s'exprime» parla peur. L'instinct de la conservation sous sa forme offensive, ajoute-t-il, « c'est» la colère. La peur et la colère, reprend Mac Dougall2, traduisent à la conscience l'instinct de la fuite (flight) et celui de la lutte (pugnacity). Ces formules sont l'une et l'autre inacceptables. Il est parfaitement légitime de rattacher la colère et la peur à des réactions instinctives. Il est impossible, sans faire violence aux faits les plus évidents, de soutenir que de telles émotions ne figurent qu'un «aspect» de l'instinct.
2. L'émotion, raté de l'instinct. — L'instinct de la conservation se résout, nous l'avons vu, en une collection de tendances. Il se traduit tour à tour par la