‹ Introduction a la Psychologie, l'instinct et l'émotionChapitre 64 sur 71 · WILLIAM JAMES ET SES CRITIQUES · texte numérisé non relu

WILLIAM JAMES ET SES CRITIQUES

James ont formulées. Quelques-unes sont puériles. « On a objecté très justement à M. James, disait Rauh après Worcester, que les sensations provoquées par la vue d'un ours en liberté et d'un ours en cage sont les mêmes, ou à peu près, et, par suite, les mouvements liés à ces sensations. L'émotion au contraire est notablement différente. M. W. James répond que les mouvements provoqués par les sensations sont très nombreux et que l'attitude motrice fort complexe qui y correspond est très variable. Gela est vrai : mais la différence d'une attitude à l'autre est-elle suffisante pour expliquer la différence, l'opposition de deux émotions, telles que celle de la curiosité ou de la terreur?... C'est à M. W. James, continue Rauh, de faire la preuve, et non à ses adversaires1. » Mais la preuve est faite depuis que des hommes ont rencontré des ours, et M. Worcester luimême aurait sans doute admiré l'ours en cage, tandis que, devant l'ours en liberté, il se serait enfui. Aux arguments de ce genre — si de telles objections méritent le nom d'arguments — Descartes avait répondu par avance. Un objet n'est «effroyable» que s'il a « beaucoup de rapport avec les choses qui ont été auparavant nuisibles au corps». Un adulte intelligent comprendra tout de suite qu'il n'a aucun mal à attendre d'un ours séparé de lui par une forte grille. Pourquoi le fuirait-il ? Autant vaudrait se demander pourquoi le soleil n'éblouit pas l'œil protégé par un verre fumé2.

Page 1