‹ Introduction a la Psychologie, l'instinct et l'émotionChapitre 65 sur 71 · F. Rauh, l. c, p. i38 et suiv · texte numérisé non relu

F. Rauh, l. c, p. i38 et suiv

2. W. James a répondu à cette objection el à d'autres semblables dans The psychological review, I, 5i6; 189^.

l'émotion

Plus récemment, certains psychologues ont voulu faire état d'expériences dues à Sherrington. Le physiologiste anglais coupe, chez un chien, la moelle cervicale (au-dessous du point d'émergence des phréniques) et les deux vago-sympathiques. Il isole ainsi de toute connexion nerveuse avec le cerveau la majeure partie du corps. L'animal n'en continue pas moins à manifester de la colère, delà joie, de la crainte, du dégoût. De telles expériences attestent, à n'en pas douter, la maîtrise d'un opérateur. Elles n'apportent aucun résultat qu'on puisse valablement alléguer contre la théorie de James. Binet le remarquait déjà1. C'est parce que l'animal mutilé possède encore une mimique expressive qu'on lui impute des émotions. Mais les organes qui participent à cette mimique ont conservé leur sensibilité propre. Comment prétendre alors que la « base physique» de l'émotion a disparu? Elle subsiste dans la mesure où l'émotion se traduit encore par des signes apparents. Ce n'est pas tout. Rien ne démontre que le chien opéré ait pleine conscience des émotions qu'il exprime. S'il ne les éprouvait pas, son cas répondrait exactement à celui que James avait donné en exemple. Un individu anesthésique, mais non paralysé, « ressemblerait à un personnage que les spectateurs jugeraient affamé, parce qu'il mange, mais qui assurerait ensuite ne ressentir aucun appétit2)).

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