COI
vem^it logique d'ufie. impression quelconque est dpuMieznfîid^ constate, ..par le trajet qu'elle parcourt , et par l'épuisement qu'elle cause daos^l**- . cime^es aptitudes qu'elle traverse. On veit encore iaommeiit, l'intanuittenee étai|t la loi de toute activité' dans cette vie, le passage dVne impresHOn de poùtts eo'poicts-BerveuXf.eat le«ei^ mode par lequel la continuité dans Pacte peatse ccHnbiner aVec l'interpiittence , etc.
Nous laissons de côté toutes les autres cy>iiséqu^lWfi. kqtnédiBtes que nous pourrions tîr^r «le ces cOQsidéFations sur lïa^atomîe^ et la nutritioD-du système nerveux ; ielles nous détourneraient^u but ^e nous pdirsîiiwms. Nous prions seulement oûs lecteors de bim. âx.er ces &it& dans leurs esprits; ce sont des.ehpses certaines, et au-dessiw de la discussion , dont nous aurons plusieurs fois occasion de faire ùsagefùr la sulte.Enoe mcHnent, nous allons examiner -qu'elle est , au point de vue
PHYSiOl.OGiK SOCIALE, I77
(ie la ceeétude, la valeur de cet ergarnsme, en d'autres terioes, qudle coû6aiice mëriteat l'ap* pQT&l logique, et les seus^
Saint-Simon Pavait exprimée en raj^lant ce vieil axiome philosophique ; rhomn^ est un petit monde, qui résume, en lui, le grand, dans le sein duquel il vit.
En effet, que pouvons-nous savoir de. tout ce
qui nous est extérieur, au-delà de ce qui est ëa*it
en nmnB ? Le pfaài€H»ène se compose o^nstamment
de deiix^émenâ : l'un qui e^ nptxe aptitude jv'opre,
L'autre qui est une c^taine e:pstence eKtâ^icNirè ;
Aiosi, la lumière est teUe que nous la voyons seule-
idient aux jeux ; car, en examijpant son action dan«
d'antres drconstances , nous reconnaissons qu'elle
agit tout autrement que compte lumière. Il en est
de mâme de toiit élément de sensation ; il n'est
oe que nous le reconnaissons être , que relative*
ment à nous, et même quelquefois rdativ^nent à
un seul de nos sens. Parlant religieusement. Dieu
a voulu que k» choses nous apparussent soua les
formes nécessaires au rôle qu'il nous a donné*
Consultez les travaux des naturalistes; et vous
verrez eommenl leurs ^qpériences , et jusqu'à leurs
erreurs , prouvent <p2e notre ass^lion est rigou*-
reusezaimt vraie. Ils vous diront, par exemple ,
et cela certes est faux , qu'il est quelques animaux
qui ont des sens que l'homme ne possède pas , car
ils font des aetes que nous ne pouvons expliquer.
178 INTRODUCTIOIC.
Cette assertion, comme toutes leurs autres paroles, TOUS rappelera que le sens le plus général des travaux des physiologistes , c'est que rien n'est dans rbomme qui n'y soit détermine à Tayance , et que tout ce qui peut exister hors de nous , audelà de ce que contiennent les aptitudes organisées dans notre chair , est pour nous comme s'il n'était pas.
Qu'importe , au reste , qu'il y ait hors de nous des existence^ que nous ne pouvons ni penser, ni sentir? nous n'en avops pas besoin , et la probabilité de les voir un jour est un grand salaire à espérer. Qu'importe que dans les choses qui nous apparaissent du monde extérieur, l'exacte réalité soit couverte du Yoile phénoménal! P^ous sommes surs qu'il y a une certaine réalité sous cette apparence; nous les connaissons suffisamment pour nos plaisirs, pour nos peines, pour notre fonction. Ce qui constaté la véracité de nos sens , ce sont les actes que nous produisons d'après l^rs indications; tant que nous rencontrons un rapport exact entre leurs perceptions, et ce que nous trouvons dans fe inonde environnant , que nous fait de ne pouvoir pénétrer au-delà de la Valeur relative des objets! Un fou, n'€$t tel, que parce que quelqu'un de ses sens, externes ou intemoi, voit mal. ^ ■
Rappdiez-vous maintenant c^ que nous disions, il y a un instant, du système logique, de cette
çorordinaÇioii pr^par^ de toutes -les manières d'être hunteiines dans ses relations t^reslres , soit pensées , soit sensations , soit actes ^ et vous yerrez que les diverses conc^tions sur Tordre et les ensmibles , aussi bien que la connaissance des partie» « sont la mise en jeu ou la représentation d^un ordre et d'un ensemble, qui est en nous, organisé comme appareil; en sorte que toutes ces systématisations, ces classifications , que nous écrivons sur l,e papier, ne sont que des essais, pour reproduire au dehors, et mettre à Tusage de la société, ce ^i est écrit en nous.
Cette eopdusion , qui n'est autre chose que l'ei^po^ion du fait {^ysiologique lui-même , nous doi^e la formule de la certitude humaine. L'esprit (pli est en nous , est appelé à une fonction terrestre^ et il est pourvu de toute l'instrumentation nécessaire à l'accomplissement de ce but. E^ oonséquénce , la certitude , au point de vue absolu, est la conscience de notre existence comme fonction ; au point de vue relatif, c'est la conscieuçe de notre organisme , c'est là le fait obscur que tous les déba.ts sur la certitude cherchaient à écl^irçir ; c'est la l'origine de Fautorité invoquée tant de fois, et tsint de fois contredite , de cette autorité qui est la âomme<les actes humains de tous les âges, et de toutes nos traditions , en même temps que l'homme luir-niéme de tous les jours.
Le problème, dont nous venons de donner
i8o nrrRODUGnoflr.
l'e^licatiOQ phjffliologicpM , est le même qxie Platon pom^yait, et qu'il esdayast èe tésoadre par sà théorie de ta certitude tirëe d^ Texist^ice d'nn monde archétype , et d'idées absdlnes qui en ën^naient. Seulement, il mettait ce âionde, . et ces idées , au nombre des existences spiritu^es, tandisqué ce n'est en réalité qu'un organisme donnée l'homme pour sa fonction terrestre. Au reste, c'est par la considération de ce fait, qu'on comprend connnènt hf vérité passe si facilement d'un homme dans un autre, parce qu'elle trouve, chez tous, un domicile qui lui est pr^)aré, et ^uî Tattetid. Par Ht , enfin , nkrns rejettons cette diséussion propre à nOtriE^ tàlftps , sur la certittide que les uns font veiiir dés sensations , et les aulnes du seul ^ntimétft intime; câ!r elle n'est ti àstiâs Tun, ni dans Fânti^é; itisàs dans toits les deux à la fois.
Une sénlè ol^je(éti0!n se pi^ésente i é<ô^mtnènt , nous dcÉïiandei^a^-ofï , se fait-41 qàe les hommes se trompe^ si souvent, et soient si longs à trouve^ cette vérité de leur but , et de lélirs inoy tos terrestres , si réëllettient ils ont eh eux toute cette vérité écrite? là réponse est facile.
La vérité n'existe pour l'individu qdë pour ^tre réalisée, c'est-à-dire: transmise à d'autres. Ainsi, elle n'est connue par quelqu'un, que Wsqu*il est parvenu à la mettte to état d'être propagée. C'est pôthr cela qii'on a dit avec raison", qn'dlê n'existe
PHTSIOLOGiIE SOCIALE. l8l
point tant qu'^e n'est pas exprimcfe en signes transmissibles p^ la pardle, Tëcriture , et toute autre espèce de langage. C'est pour cela qu'on a dit encore avec quelque raison , qu'on pouvait juger du d^é d'avancement d'une science par la p^fectioû de son langage , et que la précision de la mathëmatique tenait à la bonté de ses moyens d'expression.
Si tous les honunes avaient une capacité ^ale , on ne concevrait point cette nécessite de la réalisation^ par le langage, des choses qui sont dans l'organisme humain. Les hommes seraient conune les animaux, tous égal^ocient instruits. Mais les ^itudes 3ont loin d'être igales^^et aussi cette nécessité se trouve être la même chose, en d'autres termes, ^e celle de^oimer une éducation. L'iuégar lité des aptitudes eUe*m^e est l'origine de la société , et 4u progrès 4 c'est elle qui constitue, au ffMid, la supériorité de l'homme sur toutes lésais U^^ e^i^^qc^s. terrestres ; car , reli^ieiisement , on doit dire que l'âme humaine est appelée à perfeotionner aatafit le glçbe qui lui est soumis, que le corps qai W sert d'organe imte»*médiaife; or, perr ieç^k^mer^ iW pfÀnt 4e y#p physique, c'est dbanger les rapports des forces existantes les uoets à l'égard des autres; m sofI^ <pie dan$ l'ordre Ji)rut c'est fûre .pi^omîper pçrtaines t^^dance» a«r d'iEmti«s;;e;t;.(l^psl'Qr4i^e Imipaiu, c'est faire #ffiort pour mettre à l'état d!^i$tei^e çi^é^fure ou de
l8a INTRODUCTION.
râUsatioD, le système entier des puissances qui nous est donne comme organisme. Dès le premier jour, Fhomme renfermait toute sa fonction en puissance, comme le globe la possibilité dé toutes les transformations que nous pouvons lui faire subir.
Ces réflexions nous conduisent naturellement à Fexametr des conditions de la réalisation , et à la recliercheX*^ la formule générale qui est applicable à leur production.
lo. Nous veii^ns dé voir queTorganisme nerveux se compose â^un centre , et dVxtréihités qui plongent les unes dan^a vie végétative, les autres dans le moride*extérièur ; plus , d'un appareil que nous avons appelé logiqu^youi est l'intermédiaire entre eux^ et la base deNia successivité. Nous ne pouvons donc trouver d'acthqté animale, dans l'homme, ou de réalisation , que suiVant l'une de (5es trois conditions; nous allons, sous le^ titre 'de chacune déciles, étudier les opérations d'onl dlès sont le si^e.
Dans le système nerveux , toute activité ne peut avoir que l'une des deux directions opposées suivantes, savoir: du centre aux extrémités, bu des extrémités atf centre. . : '
Ainsi ^ la centralité ne peut être qu'à deux états dffîârens , celui ou elle excite le système , celui oà die est excitée. Mais chacun de ces états c^e des caractères très variés^ (]^e nous allons parcourir.
PHTSlOiiOGIE SOCIALE. l83
Dans le premier état, sans aucune influence externe ou interne, sous la seule intervention île la force de spontanëitë qui est en nous y la centralite ' s'émeut. Dans ce cas y elle peut agir sur les extrémité, ou les laisser dans le repos. Supposons jque cette activité pure de toute impression extérieure , ^it portée à son summum de puissance, alors U arrivera qu'elle reproduira la sonmie entière des activités humaines qui sont possibles j soit conceptions y soit sensations, soit actes ; car elle les possède touteis organisées et à ses ordres. Supposons la à quelqued^é d'intensité moindre, elle reproduira une quantité des activités humaines possibles en rapport direct avec cette intensité. Plus elle s'approchera de son siwunum de puissance, plus elle s'aj^rochera de ce qjni est la vérité pour nous , plus die baissera , plus elle s'éloignera delà vérité. Cette position de la. centralite est l'état à priori^ celui où, sans provocation, l'on çr^ les synthèses et les hypothèses. Cette position est extrêmement rare ; nous dirons bientôt pourquoi. On pleut presqueycompter les honunes q^ s^y sont placés ; ces honmies soi^t tous des révélateurs ou des inventeurs plus ou moinâ généraux.
Lpl^sque la centrahté agit ^[x>ntanément sur les extrémités via conception est toujours faite; die meut alors l'appareil dans sa direction qui est forèrent synthéthique ; soit qu'elle vienne de- créer la synthèse, soit qu'elle l'ait reçue et apprise.
1 84 INraODUCTïON .
Dans le cas où la centratité est e^tée par une modification qui lui vient des ertrëmitës ^ ou hien^ elle est en repos' : alors elle est passive à Vëgarà de ^^te sollicitation ; elle là reçoit , la Isàsêst aller , et déterminer en elle le résultat qui lui était approprié: ou bien, elle esta l'état d'activité, lorsque cet appel lui parvient: alors, si cette modification n'est pas dans le sens de son activité , elle est repoussée tant quelle ne lui e^t pas supérieure en énergie; et, dans tous les cas, elle est modifiée. Dans cette dernière -circonstance^ la centralité a une direction déjà déterminée , elle est à l'état de sjntkèse.
Dans le cours de cet ouvrage, nous appellerons, en gâiéral, état actif ou synthétique ^ cdui où la direction part du centre , ët^domine toute impulsion vfenue de la circonférence. Nous appdlerons e/o^à/^non celui de création; etétatanaljtiqiie ceiai où, sciemment ou sans connaissance de la cause, on ^ livre y. en vertu d'une synthèse antérieure, k l'étude des détails , ou aux conséquences des faits particuliers. Enfin nous désignerons soiïs. le nom de. passii^ité cehki où la direction vient absolument de la circonférence ; et d'à posteriori celui où le cerveau est excité seulement par des indpressions venant des e^rânités^
L'étude des exirémitésv, ou des seni tant internes qu'externes , est moins int^essanteque la précédente , cependant urous devons ^noiis en occu'^
PHYSIOtOGIfi SOCIALE. l85
p^; nouMS- somities ùxkés^ saas doute ^ dans un ôuyrage de ce genre^ de nous arrêter si long^^temps, sur un sujet si ardu ; mais , cela est indi^ensaUe; Qn jaom rc^ocherait, et nous nous envoudrkins, de ne pas Pavoir fait.
Les sens <|ui fomeietit dans le syst^e nerveux les d^ïiiètes extrémUës qu'il soit utile d'e^^aminer ici, sont de deux ordres. Les uns nous mettent en ra{^ort avec le monde phénoménal environnait. Nous les aj^llerons s^s de relatioB. Les autres , ^us in^ruisent ide Fëtat t^^étatif de notre chair ; nous les appellerons cens végétatifs ou Internes. Indépendamment de ces sens, qui tous transmettent au centre les événenietis de la ciroonfî^ppe , il y en a <lWu*es, qui sont de vrais agens d'inâuenbe du système nerveux sur lui-' niiéme, oii de celui-ci sur les autres parties du coips : nous les appellerons sens d'Innervation. Us pourraient être dassÀ aussi, en sens d'innervatioti de relation, ^^en sens v^etatif d'innervation. En effet , les premiers commandent les mou^ veinens de l'appareil locomoteur; les autres, au contraire, vont ag^r.sur les orgai^es de la vie vé* gétative; c'est à ces 'deniers qu'il faut attribuer ces agitations^ de toute la machine^ ces troubles àt colère, de syntpatfiie, qu'une idée , ila cpî, uo regard occasionhent. Ce nom de sens, que nous appliquons à quelques parties du système nerveux qui préside aux phéoomenéis de mouvement animal ou
raisorineiBeskt approprié; ensuit édélerminatioii où i*éalisatioii. Chacun £b ces troiâ termes généraux du môuYi^nent logique peul; être décomposé ea plusieurs ternes «econdedres, dontlamanifei^tion offre ass^ de durée dans Findi vida , pour pouvoii* ;enoare ^être reoûnnue; Toutes les recherehes de l'ancieufie m^{^ jsique s^pliquent à ces tmnes secondaires de la successivité j particidièrement à ceux que compreEment Fespaee oœupé par le raisoanenaent; mais, pour éti» utilisées, elles^ oêA be- ^n dW nouvel examen j et d'un re^ianiement complet, dont il serait entièrement inutile ^e nous occuper en ce lieu.
On ti'exigera', sans doute, point de nous, que nous prouvions que Tordre le plus général de la successivité est tel que nous venons de le dire, c'est-à-dire, qu'il se décompose en trois termes principaux, sentiment, raisonnement, et réalisation. Pour repousser le doute, nous ne pouvons^ invoqiier que l'observation dont nous avcms tiré tout oe que nous avançons ici , une ol)tset*vation tellement évidente, qu'elle n'a, jusqu'à ce |our, échjappé à p^soitiie , et tpi^lea été transmise, d^ siècle en siècle, sans éprouver jamais une seule contostatijon. Au reéte, pour enlever toute espèce de scrupule*, ^il 'suffit d'exprimer^ cieit mr.cU'e de succession «n termes plus ab$tratW^ nous 4irons donc qu'il n'est aulare chose que hi Wiam* festation du besoin, et la relation établie ehtre oe
PHTSIOIOGIB SOCIALE. îSg
f(AïA àç départ, et sa conséquence d^nière. Nous ne croyons pas qu'îJ 3oit pbsaiide à personne dé refuser Tobservation présentée sous teltfe forme ; cependant, celfe-cî est rigoureusement la même <îhose, sauf tes mots, que cet autre, passage sucçeisif à Fétat de sentiment, de raisonnement, et de réaiisation. Mais, ou nous dema'i^ra, sans dotite, pourquoi nous donnons le hom de logique à Fappareil qui est le siège de cette successivité , et le nom de mouy^nent k^iqûe au phénomène Iqifhéme ; si c'esit par défaut d?autre expression que nous rayons fait , ou si <?est avec intention ? car, nous nous sèryons d'un mot dont Pacbcçtîon est depuis long-temprf fixée , et consacrée à désigne^ l'opération intelleetuelle par laqudle nous coiistatôÉis la réalité ou Pappropriation d\in fait, ou d'un acte. ^ ^
"C'est ayec intention que nous ayons employé le mot logique^ en nous en servant^ lious n'ayons point youlu en dianger layaleur^ celle de désigner l'bpération par laquelle la yérité se constate ; mais, nous ayons youlu qu'il comprit enfin tous leà démens de la yéritéj'et le raisomianent n'eii est pas le seul. Nous ayons youlu lui rendre sa fôtîéé^ëxjMfesstye, antique, éclaircir Fofescurité cachéé^ous cesraqiêsloyoçy'Verbum. -
En éftet , rappelons-nous ce que c'est que l'arbre n^yeux , comment il est Feignent de la certitude, comment, depuis la manifestation à priori , et la
igO INTRODUCTION.
plus large de la spontanéité ^ jusqu'au dernier acte d'analy&e, tout y est contenu, tout y passe, il nous paraîtra éirident que nulle partie ne peut en être d^chée' comme un instrument logique tout entier ; la vérité çst en lui , mais ei> lut dans Fétat d'int^;rité; Ferreur résulte de Fi$olement de ses parties. Par ex6^lple, là synthèse et l'analyse combinées sont des moyens de certitude } isolée^ l'une de l'autre^elles conduisent àdes erreurs qu'elle^ sont; l'une et l'autre, séparéinent, incsqpables de rectifier, et même d'ap^cevolr ; par exemple, les hommes ne sont jamais certains d^un sentiment ou d'un raisonnement, pris isolément; mais lorsqu'une conception a passé par ces états, qu'ell^ est e|i même temps passipn , et démonstration , leç hommes se font tuer pour elle. U faut , en effet, que les sa vans aient bien présent à Fesprit que toute découverte de leur ressort, qui ne peut être adoptée par. le sentiment, quelleque soit ^on apparence positive , n'est qu'une vérité relative au temps où nous vivons, et n'enferme en elle rien d^absolu, ni de durable. Les hommes n'ont de certitude que pour les choses auxquelles ils font le sacrifice de leur vie.
Au reste, en résumant tout ce que nous venons de dire sur la vie animale envisagée dans l'individu , nous allons montrfpr, de reste , coimnent dans Finterventibn seule de toutes ses faculté sur unmâofie sujet, réside la certitude, et comment.
PHYSIOLOGIE SOCTAtE. I9I
lorsqye Faetioiï de l^onin^ e^ iniégnâe , tous les procéda dé yërifieation^ ^e nom» aj^pdons méthodes, ont été mis eit jeu.
L^omme ne peut operep que synthétiquebient ou anal jtiquemeQt , dans^ Tune et l'autre de ces maniérés d'être, il peut être soit actif ou à priori lorsqu'il procède spontaném^it , sOit passif, et à posteriori lorsqu'il reçoit la directiôti du dehors.
L'opmition synthétique est celle ou d'ttbe conception générale qui embrasse la somme entière ou à p^i près entière de l'activité humaine qui elst en puissance j on descend à tous les modes partiels d'activité. Si la synthèse est vraie, on doit, en venant d'elle, arriver aux dernières limites sans en manquer une seule , et en même temps «ans avoir laissé 'immobile un seul point de l'échdonnement de facultés qui 'unit le centre à la circonférence. La synthèse est fausse s^il se trouve un seul point extrême qûji ne s^y rattache pas par un Hen bien visible.
Bains l'qpérâtion analytique, au contraire, on part d'un point extrême, pour monter* à des généralités de plus' en plus grandes.
Or, il e^ évident que ces deux opérations contraires, l'une qui descend, l'autre* quiremonte, se servent réciproquçment de preuyes ^ ou jouent ^ l'iine à l'égard de l'autre, le rôle de vérification. Car, ou les deux, mouvemens s'accordent, et s'unissent en se joignant sur les mêmes degrés ,'ou ils
Ï9^ -tNTRODUCnOW.
^ contrèdiçeiit^ et passent Pim àoôlé.del'atttre en se. niant rëciproqnement: H ne pent y ayoir de vëritë aux yeux des hommes que là où leur concours donne un résultat identique.
La synthèse est Top^tion la plus humaine de toutes. Au contraire ) Pacte analytique est ce qui Test le moinis. Or^ en fait^ toute analyse est un acte de vérification par le contact du monde extérieur à l'égard des conceptions internes ; taudis que la synthèse est le moyçn de yérification^ des impressions venues du dehors par l'intervention du monde humain*
Entre ces deux manières d'être opposées , il n'y a pas d'éti^ intermédiaires autres que celui du passage de l'une à l'autre. A moins que l'hôimne ne dorme, il ne peut être autren^ntquedansi'une cm dans l'autre. L'analyse, au resté , est l'état habituel de l'individu; car^ quelle que soit la société dont il fait partie, il ne peut être synthétique que par la pensée générale qui préside à son existence. Toute son activité, sauf son but, est analytique. Examinons, en effet, en détail, en quoi consiste cette dernière opération ; nou» l'envisagerons sous deux points de vue, c'est-à-dire eonoinlé volpntaire, et comin? excitée.' Nous n'avons pas besoin de dire qu'il ne sera question ici que de l'analyse, envisagée à son dernier degré, comme il n'était plus, haut, question que delà synthèse éievéé^à sa plus grande puissance.
PHYSIQLDGlf: SOCIALE. ÏqS
• Lorsque l'individu se livre à Fanalyse voloatai- Tçment^ il est certain qu'il est «sous KnfliVînce d'une synthèse ^ et qu'il cherdie soit à la perfectioiincor en là coraplétaAt d^us ses détails, soit à la vérifier, soit à laf mettre ,à éxecution, etc. : car toute3 ces Opérations sout les mêmes quant au ré- 'sultat. Mais , ce qu'il y ja, d'inaportant à remarqua' dans ce travail, en vue surtout de la concluaion sociale, c'est que l'individu n'y dépense qu'une somme dVctivit^ trjès petite, ^r il ne niet , ^'amais en je^ , à lai fois , ^^jime seule de scis facultés. Pendant toute sa vie, il peut ^re occupé de la même opération.
Lorsque Tindividu s'a}>a^d<>npe . à If pas$^yité ^mlytiqiije, alors il |)résente une mobilité e:s^r^e; chacune de ses faculjtés , soit de conservation r.soit -ée^ raisonnement , soit de sypapathie , intervient à sop tour, pour lui copiiinander ùii acte, qui^ pen- Vlaut uii instant , le dopqiine tout eutier> et qui, lorsqu'il est accompli^ le laisse à un autre mptei^. C'est aux individus ainsi abandonnés , que sont tq^icables ces remarquj^ dès moralistes sur j[e$ passions qui gouvernent les ^gés dje ia vie.. Il est certain qu'un honmie qui ne. serait, absolumeiit qu'>analyse, descendrait au rang des bétes, .4e.ce$ machines animales, mues pour la sei4e. datisËictioîl de; l'instinct qui parle, immobiles, et ai^Qupie5,silHùstkictsetait. ; ** s
En (^nitive l'individu est, Ju^u'à un tîert^iî?
194 INTROPUCTIdK.
point, à Fëtat analytique, toutes les fois que toutes ses facultés ne sont pas en jeu en même tems. H^y est au minimum, lorsqu'^uhe cathégorie entière de facultés est en action ; il y est ati maximum, lorsqu'une seule faculté est mise eh jeu.,
Cest ici le lieu de caractA*iseF , par opposition , Pacte synthétique. Nous supposerons que nous le voyons se produire à priori , et dans sa jJus kaute généralité , afin de Savoir ce qu'il coûte , et pourquoi il est si rare. Le frïaximum d'activité ^tant connu, on comprendra", d'après cet exemple, Je prix et la difficulté relative de toutes. les position3 à priori secondaires où l'homme peut se trouver. L'état de création de la synthèse exige le plus haut degré d'exaltation ou "d'activité de Torganisme nerveux. Elle suppose, en effet, d'abord tin effort énorme de la part de celui qUi est à l'œuvre, pour s'isoler complètement de ce qui l'environne , de manière à ne plus voir qu'en lui , à p^cevôir seulement son organisme dans les aptitudes qu'il renferme, et dans leurs co-prdinations ; un effort éiionne pour s'isOler de toute espècç de mémoire • de manière* à ce que' sa personnalité se produise pure aux yeu5f de son esprit; .encore faut-il que cet effort soît opéré en un .moment. Cet état synthétique à priori , suppose ensuite que l'liomn(ie intérieur qst en activité* dans toutes ses parties, de manière à se percevoir lui-mâme, tout entîei: en un instant^ se saatir, se ré^mer, et trouver enfin
PHYSIOLOGIE SOCIALE. IqS
iemot, le ^yerbe de son existence. Encore un tel ëtat d'activité ne "peut durer que quelques minutes ; xaxff il ne faut que quelques minutes pour que la nëvrositë soit ëpuisée dans un nerf: aussi ^ à considérer toutels les synthèses qui ont jusqu'à ce jour conunandé les peuples , et elles s'ëlèy^it à un bien petit nombre , on reconnaît (pie leurs auteurs ont eu seulement le temps de commencer ; ils n\Dnt fait que pojer les premiers principes ; mais ils les ont posés purs sans qu'aucune recherche antérieurelps eût guidés ou trompes. Ainsi tous ces chefs des. peuples ont raconté les périodes géolo^ques de notre monde ; ils ont dit , il y a^ dès siècles^ ayant qu'il existât la moindre science^ ce que nos travaux modernes ont mis hors de doute seulement depuis quelques années. Mais , après s^tre élevés ^ cette hauteur, ou ils débutent comme sachant tout, sans avQir rieq appris,, ils toiid>ent de suite au nivea^ de la faiblesse de leur teçips ; Fœuvre de vérité n'est que comm^cée ; c'est au •raisonnement, et à Tan^yse à la computer. -
Si vous doutez^ qu^ ^opération dont il s'agit ait lieu de cette manière, examinez comment se sont faites les synthèses moins difficiles , et plus voisines de nous ^celles (Jui s'appliquaient à des questions secondaires . à des sciences par exemple. Interrogez l'auteur j il vouç racontera qu'après avoir eu présent, en un instant, dans , ^instai^t que dure une seule pensée , tout le monde' de faits qu'il fal-
ïgfi INlTRODUCnON.
lait co-ordonner, il â^ senti eétte co-ordinatioii'; il a été comme frappe par un ëeldir de yérite. Ainsi ^ avant toute analyse la Recouverte était faîte ^ c'està-dire la formule humaine trouvëe.
Ainsi, en. conclusion, la .vie animale cliess Findividu consiste dans une activité alternative qui va du centrç à la drconférence*!, ou de la circonférence au centre, , en passant par les troi^ états successifs de sentiment, de raisonnement, et de réalisation. Plus rhpmme possède blenlea synthèses de son être, plus le <;entre est actif, c'est-à-dire à pricjri à l'éigard du monde extéricftir ; et aussi Thu^ manité domine d!aiit»nt plîis dans ses actes ; moins, au, contraire , Fhomme est synthétique, plus il sfe rapproche des Jîêtes , mues par les seuls d©^ tails d&la vie végétiativ^ , et s^suelle.
. Maint^na;nt nous allons -transporter ces considérations delà vie individUelte, dans Tétude de la yie de» sociétés. I^ous allons les convertir en 'ui!re métllode ^Investigation pour la découverte dçs facultés de Thiunanité. Noiis suivrons dans ce travail, Fordre- que nous ayona observé dans Fexposition physiologique que nous terminons ici.'
§ IV. — PHTSI0L06IE SOGIÂIiE.
I, De même que Findividu est un, parce quHl a un centre d'existence , Fhumanité est xine , soit
PHYSIOLOGIE SOCIALE. ^QJ
qu'on l'eavisâge dans un tanps limité, soit cpi'on la considère dans sa continuité.
Or , qu'esl-ce qu'une Unité' ou une ceiitralité dans ,uii homme? Nous avons vu que ce n'était pas un point anatomique ; et <][ue dans la masse een* trôle , il existe une multitude de points qui peuvent, suivrait l'oùcasion , être momeàtanément lé centre matériel d'âetion : il ne s'agit plus d'ailleurs de considérer^lamadbine; ma^ de dire comment s'y crée l'unité ou la ceptralité hundaine; '
Une unité , une centralité humadne ne peut être qu^une pensée ùehtrale. Depuis long-4emps y il est piwivé que nw n'existe dans notre intefligencc qui ne suit signe, et formule; il y a long-temps quç Pon a[ démontré que , sans les signes , l'homme ne s^ait qû'uxie ' jçolfeélioii' dlnstiricts pourvue d'ua appareil loeômofèiit ,'C^est^àtdire peu deefeoses au^des^us d'une machine. Et^ qu'est-ce qtt'uïie eentralité estimée en signesc, si ce A'est une pensée, une^foi^iuile prédominante. -
Le signe est le fait delà fdrée spontanée qui' est en nous. C'est elle, sans ^ucunî doute, qur est Iq centré niiol^le par lequel tout phénomène de né-^ vrosité acquiert une signifiôation nommée à juste titre spirituelle , transiûissible par la parole^ conservable par la mémoire. ' - - ^
Comment en douter 1 tous les jphéiiomènes dô la vie^ sauf celui-là , peuveiit être rapportés à des. modifications naturelles, des proplriétés des corps.
1 q8 INTRODtJCtlON .
bruts, oii des corps végétaux, à des actes physiques où chimiques, etc.. Le' pouvoir de nommer, au contraire, la création du sigfie, est le fait humain par excellence ; celui qui nous constitue ce quia nous sommes; c^est , dans les propriétés qui se voient en nous, la seule qui nous soit spéciale. D'ailleurs, il n'ja rien 4e matériel dans cet acte, car c'est au moment mépae où la névrosité vient de disparaître , où la celhde nerveuse est vide , que la sensation existe pouB nous , en recevant une signification.
Toute formule ne peut pas încUflTéremment de^ venir prédominante , et centrale, chez un individu quel qu'A soit, en effet, il faut pour cela qu'elle soit représentative de l'activité de son instrunient, et enharmonie avec elle.-Cette formule, d'ailleurs^ doit être la résultante b** l'effet dii contact de l'jesprit et de l'organisme encéphalique; L'observation ctémontre que le nombre ^st linûté de cdles qui peuvent se mêler à tout, se présenter dans tous les modes d'activité de l'être humain. Aussi ont-elles toujours l'un des deux catactères suivans : ou elles sont égoïstes, relatives purement à la conservatioti , et à la satisfaction des besoins die la vie Végétative; ou elles sont sociales, et alors on les appèUe conscience.-
De même que toute çentralité dans l'inditîdu , est uïie pensée formulée ,- de, même , dans l'être oollectif'^ l'unité est une doctrine sociale; et de
I»HYSIOM)GI£ SOCIALE. I99
même encQreque toute pensëe n'est pas suscepti- Èle de dL^emr centrale chez Thomme individuel, dé méme^ dans l'humanité , toute doctrine ne peut pas devenir sociale. ^
' a* L'h^manitë présente, comme l'individu, deux viea, l'une organique ou végétative , l'autre animale. Eii raison de la.structure de l'être examiné, on pourrait aussi donner à la première le nom dHnstinctive , et à la seconde celui de spirituelle. " La vie instinctive de Pétre collectif, doit être considérée d'abord comme la somme combina
dès besoins végétatifs des individus qui Ja composent. Mais elle a encore une base de plus , l'inégalité 4^ positions sociales, inégalité en Vertu, de laquelle nul n'a été, jusqu^à. ce jour, complète-, ment satisfait , savoir : les plus heureux ^ quant à leurs besoins de sentiment, et les plus pauvres, quant aux plus grossiers de leurs appétits. Cette m^aMté a fait qu'U a con3taimnent , jusqu'à ce mcmient , existé dans Thumanité bien plus de désirs en état d'appétence, qu'il n'y en avait à l'état de satiété ; de telle sorte^ qu'en se plaçant au point de vue collectif, on peut dire que les besoins de rhumanité ont à peine encore ^téjan seul, instant à moitié s^tis&its.
Ainsi, l'humanité, jusqu'à ce jour, a constamment eu besoin : elle ne peut même jam^ sortir complètement de cet état j car la* seule chose qui dépende ^'elle , c'est de faire cesser les souffrances,
dOO IirrBODUGTiOjff.
qui rt^ukent de rin^alité des couditioas. Mais, , cette cause eSboée^ die ne pourra encore rester oi^e, l'activité qui aj^)â3è, consomme son objet, et n'est satisfaite que tant qu'elle est occupée à le coMonm|er. Tous les besoins sont comparables à ki faim^ ils se taisent qudques momens^ pour se rérmtter, enfiluifce^ aussi exigéans qu'auparavant. Ainsi, ik ont constitué, «^ et constitueront une sensattidn toujours renaissante, ton jours vive , et pai^ là oiit imposé, et imposeront à l'humanité une tendabce continue et invariiJ)le, dont le mouvement progressif est la fiii.
Les besoitis individuels reçoivent une s^nificatibn 'sociaife,.pi^ les institutions, et les ij^duvemeM^ civils qui les représentent. Âinsi^ il ne s'agit plus i^eiileme^ de faim et de soif , mais d& Tinte-* rét de conservation sociale, et individuelle, tra-' duite par des institutions f il ne s'agit plus d:aiiiottr physique, d'îiitérét paternel ou maternel, mais dé mariage, timis de famille, etc. En tenant comptede cette obseirvation , il devient facile d'etÉd>lir d'une maùière positive \m vraies constantes sociales, afin de les fkire servir à l'usage que mous avons décrit plus' haut, c'est-à-dire à la foarmation d^ séries! Les doutes, les hé^tations qui devisdent oécèssai^ reméttt accompagner ce travail, IcnrsqUe nous prôiîédions parla méthode mathématique ou physique, cessent d'exister du moment où k pïiysiologite sodale n<[)Us donne nos points de départ. U
PHYSi(»X)GIE SOCIALE. 20 1
résulte die. ^son emploi dans c^stte çîrcoj^tance., {dusieurs autres avantages sur lesquels nous allons nous arrêter un instant. . . ,
Les actes de ï%umaaitë à Foccasioii de cha<|ae constante ou pour la satisfaotioi^ dei^haque bQ$oin^ sont toujours doubles , 1^ uns contraires , \e^ .aur
très favorables; il ne peut en être diffërem^fuent^' puisqu'il y a mouvement progressif, puisqu'il y a variation ; autremeiit il y aurait immobilité, c'est-à-dire un seul phénomène d'^né durëe ipd^niq^ Chaque constante doit dcmc. toujours seryir d'ori-r gi^e à deux séries, l'une favorable, Tautre-diéfia-^ vorable. .Ains^, en prenant le besoin d'ëgt^ite comme exemple, il pe peut y avoir moins dç 4^i|x systèmes d'aces, ceux qui lui donnent ^âatisfaetM>n> et tendent à p^dominer, et ceux qui lui sont >ôp^ poses, et vont en s^amoindrissant.
Or, il faut remarquer que dans cette manière dç procëdei^, nous ne sonmies qu'observateurs: La base nous est donnée par la physiologie ;. le jf este par l'histoire ;! aussi biep Pordre de succession q/^ la yaleur des faita-.Ce n'est, pas jious qui les\nterprêtons en effet; leur caractère est dëteripine pour chaque série ,. par la série côrrqspoiidante qui lui est contradictoire* Ce dernier gençe^ de -preuve donne au travail entier une rigueiur qu'il est^ dijËcile di^ trouver dans aucune autre> spécialité scien* tifique;
Il est inutile, d's^iHeurs,' de revenir ici sur le
Î102 mTOODUcncm.
mode de construction des sëpics , sur leurs pro^ priétés j et leur valeur Nous nous sommes suffisamment étendus ^ plus haut, sur- ce sujet.
En ne considérant ce mode d'investigation que comme méthode de recherche , on peut lui donner le nom de méthode analytique ou- à posteriori. En efiet, lorsque nous Remployons, jkhis rîous considérons conmie ne faisant pas partie de Fespèce humaine j ainsi que les physiciens , nous n'y apjioFtons ni désit*, m haine : ïious bommès purement des naturalistes observateurs. Cette méthode peut s'appeler analytique ou à posteriori, en ce qu'à Fégard de toute spécuktîob sur l'a Venir politique, elle est un excellent mode de vérification , un instt'umemt qui ne peut être faussé,* en ce qu'elle ne s'occupe que de sériés isolées de faits ; et, enfin, en ce qu^elleest incap£â)le, par elle seule, par sa propre action, de donner lieii à la moindre ço-ordination , à la moindre synthèse.
En efifét , en apposant que nous i^e possédions que cette seule méthode de prévoyance, voici comment nous «crions obligés dé procéder pour trouver unç synthèse, c'est-à-dire , l'idée -générale du système ;s6cial avenir. Toutes les séries, ayant fourni leurs résultats , il nous faudrait préûdre la somme des idées et vies institutions dont elle nous aurait donné la croissance , puis chercher un système social qui ôorrespondît aux faits que celle-ci nous fournit; il noiis faudrait; imaginer l'arrange-
PHT^OLOGfB SOCfALE. f2d3
ment politîipie dans lequd ces divers faits pournûent se combiner. Ainsi, cette synthèse ne nous serait' point donnée par la seule mise en oeuvre des sériés, mais bien pat une hypothèse ou par un raisonn^xt^nt^établi sur les résultats qu'elle nous aurait fournis. Or, onpeii^t trouver plusieurs organisations politiques, qni paraîtraient à nos yeux du ig"" siècle satisfatipe-atnr données des séries. II. y en a, en ce moment, déjà deux de^ publiées , Fune ou le principe de Forganisation est la division du pouvoir ^n spirituel-, et en temporel (i); Fautré où ce principe réside dansFunité de ce pouvoir (2). Cependant , bien certainement , il n'y a qu'un seul syst^e qiii réponde "parfaitement aux nécessités dc'Favenir. Nous verrons tout àj'heure cônunent on peut procéder à sa' découverte.
Av^ipit de quitter )ce sujet , nous ferons rera«v quer encore , quç le^ besoins 4^ Fhutnanité*lui im* posant une tendance continue, il arrive aussi que les sériés présentent un mouvepient de'modifioalion' lente , mais sans interruption ^ns leurs croissance^, et leurs décroissances rétives.* ESles diffèrent^ à cet égard, complètement des modes que nous allons .examinera Finstant. Bour elles , il n'y a- point d'époques de perturbation apparente, ou d'intermittence comme nous aillons en trouver
(1) Sàiht-Simon. Aag. Comte.
(2) Les reliçionnaires Saint-Simoniensv
ao6 INTRODUCTION.
tre (^existeaces dont elle ne rend pas compté^ ou auxquelles elle ne satisfait pas ; et c'est ce qui est constamment arrive jusqu'à ce jour.
L'analyse, au contraire, n'est point. une doctrine sociale; loin de là, elle |çst constituëe par l'absence de tout système; le mouyement de la circonférence au^ centre , n'est autre chose que l'excitation cauf^e par des intëi^éts de d^étail qui surgissent et qui viennent^ par momei|;s, donner un mouvement presque commun à une aggrégation d'individus qui u'a plus de société que le nom. L'état de transition existe pour le passage de l'état de synthèse. à celui d'analyse; mais il n'y a pas 4'inlermédiaire entre cette dernière et le système opposé. En eflfet, des points.de vue pris dans des" intérêts qui ne sont qu'individuels^ qui ne viSjolent être qiie tels, et qui par sui^. appartiennent toujours au tems, ou au moment y sqnt in^>ropreskà engendrer une synthèse. Ces int^ts ^ont à un Ibut social^ c& qu'un instinct passager serait à un but; individuel, c'est-à-dire -compl^temeiit stérâes^n tout ce qui n'est pas eux-m^mes.
Le passage de la synthèse à l'analysé se fait par la réduction de la doctrine unitaire ' primitive , à .des particularité^ sociales de plus en plus étroites ; jusqu!^ ce que l'individualité, etle présent apparaissent>nfin seuls ; de même que dans Hndivid}! il s'opère p$r la transition. d'une faculté jle moins en «loins centa'ale, .
PHTSIOIX)GI£ SOCIALE. 207
Tous ces phénomènes sociaux, dans chacun des tetnps de leur production, offrent k successivît^ que nous avons dit être propre à chaque acte partid de l'homme individuel ; ils comn^encent par un sentiïnent, se continuent par un raisonnement, .et s'achèvent par une pratique.
Ce mouvement entier est dans Hium^nité Pana^ logue de ce que nous appelons acte logique chez l'individu. Dans celle-ci , en effet , jamais il n'y a d'analyse que par conséquence d'un état synthétique antérieur; car Tanalyse est impropre à formejr iin- peuple ou à engendrer un but conunun d'actîyité; il faut que la société 4$oit déjà toute fai^, pour qu'elle ait occasion ou po3sibfiité de se manifester. C'^t toujours par un acte synthétique que les sociétés co^nmencentf aussi les analyses qui en signalent les derniers momens ne peuvent éti*e opérées que comme cpniplusiQns du système unitaire çjii régnait antérieurepient.
JVpus appellerons âgé logique, lenàouveinent social qui représente l'acte logique complet, et qui commence ayec la . révélation d'un but d'activité propre à engendrer une synth&e, et se terapoiine, avec l'état d'analyse, àTinventioa d'une nouvelle doctrine unitaire. .
Maintenant examinons chacun de ces états en particulier.
% L'état de synthèse envisagé a^stractivement de sa formule spirituelle, et Comme valeur unique-
208 INtRODUCTlON.
meritphysique, estsyndnîme de but coHimùn d'actîvîté. Une pensée ne peut être sociale à ce point ^ qu'à condition de présenter aux hopraies ufiè œuvre à accomplir ; œuvre par laquelle ils sont constitués être collectîlT et reçoivent un nom , *et dans' laquelle chaque partie intégrante, chaque individu, chaque génération \ à sa part dé travail, sa part d'espéi^ance , et dé satisfactions. Du but ^oufmiun se déduisent nécessîiîrement deux choses, savoir : une série d'acte successîft et généraux entrepris danà la vue del'avenir de l'être collectif, et en outre une hyérâtidhie d'actes à accomplir dans chaque moment dé la vie de cet être. Or, tous ces acftes sont des homm^ j ainsi , d'une part te . sont des gôilvernans , des dynasties , des générations ; de l'autre là hyéràrchie sociale et ses Variations.
' Eh effet, la successivî^é des actes dont se compose un seul acte, est la même chose qaë la successivité des divers travaux nécessaires pour arriver à \m résultat qui èât cependant un. Aus^i donne-telle lîeu à ée qu'on appelle division du travail, soit qtx/è l'on considère 'chacune des œuvres part tieBétf comme un témp^ du mouvement général , soit qu'on les envisage conune opérées , dans la même époque, par des individus diffià^ens jboncourant, chacun pour une part, au but commun. Le principe qui engendre le travail, est le point de départ de la division des actes dle-jnême.
PHTSIOLOCUE SOCIALE. aOg .
La division du travail, soit dans l'espace, soit dans le ten^ips , a des limites qu'elle ne peut franchir ; ce sont celles de la division des actes préëtahUe dans Forganisme humain ; elle ne peut, en un lnot,dpiiner lieu à une seule fonction au-delà des péssibilitës que tous les individus contiennent en puissance. Seulement elle est d'autant plusparfieiite, que chaque possibilité humaine est confiée à un agent lïiieux différencié; et, tout est, d'ailleurs, admirablemient préparé, pour qu'il en soit ainsi ; car l'intensité des aptitudes varie d'individu à individu. Mais en arrivant àce degré extrén^, il faut qiie chaqueacte, ainsi représenté parun ouvrier différent, ou piurune génération, soitco-ordonné avec tous ceux auxquels ils se rapporte, et en vue de son. résultat^ de la même manière qu'il le serait, s'il était opéré, avec toute la série de ceux auxquels il tient, par un seul honmie ; de telle sorte qu'il n'occupe ni plus de place 9. ni plus d'effort, ni plus de tenips qu'il n'en tiendrait , si un individu l'accomplissait tout seul. En un mot, la division du travail n'est fructueuse, qu'autant qu'après avoir été isolées, toutes lès parties sont ralliées les unes aux autres^ convergeant vers un centre social, exactement comme toutes les facultés dont elles sont l'expression, sont organjquément enchaînées chez un individu. Ce que nous avançons ici , est tellepient vrai|, que toutes les fois qu'un acte, résultat de la division du travail, s'opère dans la société au-delà de ce
aïO INTRODUCTION.
qu'il est nëcessaire, c'est*à-dire s'empare de plus de place, et prend plus de temps qu'il n'en doit occuper ; toutes les fois qu'il sort des limites • qui lui sont imposées par ses rapports, cet acte reste nul en tout ce qu'il a de trop ; les hommes qui l'ont exécute soufiBrent ou meurent. En industrie , les économistes appellent cela produire trop.
Ainsi, on voit que la division du travail suppose la co-ordination des parties , c'est-à-dire un gouvernement; et, bien plus, que le travail ne se divise jamais que par déduction d'un point de vue unitaire et, synthétique. Il est même à remarquer que nul système d'actes n'existe aujourd'hui à l'état de division, qui n'ait commencé auparavant par être exécuté par une seule main. L'homme , en quelque sorte, commence par tout faire, ou autrement l'humanité commence par n'admettre dans son sein que quelques spécialités très générales, qu'elle confie à diverses aptitudes 'ouvrières : puis , successivement , ces spécialités se subdivisent jusqu'à ce point où elles pourraient atteindre un dernier terme de spécialisation possible , qui n'a pas encore existé jusqu'à ce jour.
Nous avons peut-être trop insisté sur le mode par lequel s'opère la division du travail dans l'espace, et dans le temps; mais nous voulions fixer fortement l'attention du lecteur sur ce fait ; parce que lorsqu'on le connaît, bien , on sait alors parfaitement ce que c'est qu'une synthèse faite hom-
, PHYSIOLOGIE SOaALE. 211
mes, et en quoi consiste le mouyement du centre à la circonfërence qui en est la vie. Nous croyons que Texamen précédent ne laisse point de doute, sul* ce fait, que Thumanite procède à la division du travail en partantderunitë qui est le but, pour arriver aux détails qui sont les moyens. Comment , d'ailleurs , s'il en était autrement, pourrait-on fonder un système de peines et de récompenses , et un système d'éducation soit générale, soit professionnelle , etc. Au reste , ce que nous avons dit pour la division des travaux, estvrai pour toutes les manières d'être de l'humanité , aussi bien pour le mode de génération des actes scientifiques , et sentimentaux, l'ap* plication des théories à la pratique, etc., que pour les actes industriels. ^
Après avoir ainsi exposé en quoi consiste abstractivemenllasynUièse,etravoir décrit sous son asDcct physique en quelque sorte, nous allons rechercher quelles sont ses conditions d'existence spirituelle, comme doctrine, ou comme centre d'idées.
Il faut à l'humanité un but d'activité qui comprenne toujours le passé , et toujours l'avenir, qui rattachant le dernier au premier^ détermine le mouvement présent. Il faut enfin que chacun -de sesinembres, danstoute sa personne, etsouÀ toutes ses manières d'être , soit rattaché à toujours à ce b>ut immense dont on raconte le commencement, et dont on ne dit pas la fin terrestre. Car, dans
2 1 a INTRODUCTION .
rhumanité il n'y a point de solution , il n' j a pour eUe ni naissance , ni mort ; le présent n'est qu'un point qui lie le présent à Tavenir.
L'individu trouve dans la société le but de son activité; -il j voit son passé, et son avenir; mais rhumanité , où trouvera-t-elle son but ? Sera-ce dans quelque chose de plus petit qu'elle ! Non , sans doute : quelle vie sur le globe est aussi large que la sienne ; quel effort peut comprendre le sien \ £Qe demandera donc son but à quelqu'existence ^us vaste, et plus puissante qu^elle même ; c'est-àdijre àTunivers. Pour cela il lui faudra savoir où tend l'ordre, et la hiérarchie des forces universelles dont ^e fait partie, et afin de savoir ce but de Tunivers, elle ira chercher son originel
L'esprit humain, en effet, est, parla nécessité de l'organisation rationnelle qui lui est imposée , forcé de pousser les questions jusqu'à leur der^jer terme. Or, où trouvera-t-il Punité, d^où seule il peut conclure un but commun , et des fonctions particulières ; ce ne sera point dans la fin , puisqu'elle n'est que la conséquence de la durée du but lui<-méme ; ce ne sera point au milieu de 1» durée , danscet espace qù chaque partie fonctionne suivant sa loiparticuliérede liberté ou de fatalisme, où il' n'y a que des relations d'influence qui sont évidemment données ; il ira donc chercher le secret du preUéme dans un point de départ com- ^lun, dans un commencement, une origine, une
PHYSIOLOGIE SOaALB. ai 3
création. Arrivé à ce terme j à ce point suprême le plus éloigné qu^il puisse apercevoir, il sera de toute nécessité j sans pouvoir s'en défendre j contraint de nommer une volonté y une puissance de spontanéité ; en un mot , de prononcer ce mot, Dieu; il faudra qu'il assiste à une création ; là seulement il trouvera l'unité d'où il pourra déduire toutes les conditions de sa fonction , où il pourra trouver enfin une certitude, et avoir une occasion de manifester l'amour qui est enlui, la possibilité de reposer sa faiblesse, la satisfaction du sentiment d'immortalité si profondément empreint en son être, etc.
Ainsi, une conception vraiment synthétique, est toujours la religion .
Cest, en effet, de cette formule seule que l'on peut déduire toutes les solutions dont l'humanité a besoin. Alors, on peut dire positivement comment notre espèce est fonction de Tunivers ; le but d'activité est donné par la définition même de la fonction; on sait comment et pourquoi elle a été posée sur le globe, par conséquent quels devoirs il lui faut remplir, et enfin comment et pourquoi elle cessera, un jour d'exister sur la terre. Cessoluti^s, p^ leur seule définition, et c'est là le caractèrede la vérité absolue, ces solutions répondent à une multitude de problèmes secondaires , inexplicables par toute autre voie, tels que qpux-ci : la différence des existences soit visibles , soit invisibles , qui fait des unes des agenslibres,et des autres des agens aveugles;
l'existence des hommes à Tëtat d'agehs libres , afin d'aimer et d'être aimés; l'existence de certaines lois logiques organisées dans Thomme, et correspondant aux lois universelles , afin qu'il ait possibilité de prévoir, et d'agir; l'existence de certains besoins de conservation, afin que la transformation de la nature soit opérée, pour le bonheur de l'homine , autant que dans l'intérêt du but de la création ; comment des limites sont imposées à la vie terrestre des hommes , autant comme condition de liberté , qu'afin que son erreur ne nuise pas à la fonction ; comment enfin le mal est la condition du bien , en même temps que la règle de la liberté, et p^r suite l'élément du progrès, etc. Dites , vous qui lisez ceci : y a -t-il Une preuve plus grande de la vérité de la religion , que cette puissance d'expliquer tout ce qui est* inexplicable sans elle? Parmi les formules scientifiques auxquelles vous croyez , en connaissez- vous une qui soit appuyée sur une pareille et aussi rigoureuse vérification ? MatériaUstes , Panthéistes , cherchez dans vos doctrines quelque chose de ces solutions; vqns ne pouvez que hier l'existence des problèmes, et rester impuissans, et les yeux fermés devant eux. Allons , prédicateurs de mensonges , soyez francs ; convenez que vous avez la vue courte : et au lieu de rester assis dans la boue , montez à l'échelle; vous y verrez, peut-être: si vous vous obstinez à rester en bas, certes, l'humanité vous laissera et vous oubliera où vous êtes.
La conception religieuse n'est donc , comme on vient de le voir, qu'une grande vue finale sur Fhumanitë; en sorte qu'il n'est pas, dans l'espèce, une partie , une faculté , une joie , une souffrance , qui ne devra y trouver un but d'activité. Ainsi la religion unit l'individu à l'ensemble. Comme l'humanité est fonction de l'univers, la nation et l'individu sont fonctions de l'humanité. De cette manière , ils se trouvent saisis , et chargés 'd'un devoir; ils ont une valeur dans le monde; pourvus, dans cette fin , des mêmes moyens généraux que l'espèce, de liberté, de raisonnement , et de force motrice, pouvant, comme elle, mériter , c'est-à-dire aimer, et ^re aimés, marcher droit, ou se tromper , enfin avoir plaisir et dévouement à vivre, etc.
Il n'y a pas plusieurs religions , mais une seule. En effet, le nombre et la nature des problèmes dont l'humanité demande la solution comme une condition de son existence , une nécessité de son être, ces problèmes sont toujours les mêmes; les possibilités de solution qui leur correspondent ne sont pas non plus multiples , mais unes et invariables ; aussi , parce que nous donnerons à la re^ ligion différens noms dépeuples ou de temps, parce que nous montrerons, sous ces variétés de noms, quelques diversités minimes , il ne faut pas croire, à cause de cela, qu'il y ait quelque chose d^arbitraire dans cette hajite synthèse. Les problèmes résolus sont fondamentalement les mêmes;
2l6 INTRODCCnOlf.
les solutions sont ^[alement ideptiques; dles ne yarient que dans quelques détails de fpime, c'est* à-dire dans les conséquences que les honmies ont tirées du principe lui-même. En effet, ayons-nous dit plus haut , jamais jusqu'à ce jour une synthèse n'a été li>Tée complète à l'humanité ; la solutioi» des questions secondaires, et les co-ordina^tions inférieures ont toujours été abandonnées au raisonnement analytique ou à posteriori. Ajoutons que jusqu'à ce jour le langage n'a pas encore été assez parfait , ou l'intelligence des hommes assez t>uyerte , pour que la généralité put ^e exprimée rigoureusement dans son int^rité , et dans des^ paroles qui ne fussent pas des images et <|es drçimes. Dans ces questions , les mots ont une iipportance, l'erreur, en effet, se reyét de ces mots. Sans doute, elle est impuissante à dire rien de ce que dans la religion du genre humain on cpmprepd sous certaines paroles. Mais , parce qu'elle en use^ bien qu'ils couvrent un espace vi46 , eU,e se trompe elle-même , ?t elle trompe les autres par des fau^ tomes 4^ vérité. Disons donc quelque chose des mots: par dogme, religieusement, on entend, la narration qui contient exprimée la spl^itiqn de tous les problèmes, fondamentaux nécessaires à l'esis^ tencé des hommes comme humanité. C'est ce qui éternelleiDient doit être enseigné ; c'est ce qui éternellement doit guider toute espèce d'activité humaine, sociale pu partielle. Le dpgme n'est pa^ti-
PHTSIOUIGIS SOGIALfi. aij
çuUèrement ni un expo^ sentiment^}, ni un exposé scientifique. C'est une parration unitaire, qui satisfait à toutes nos manières d'être , et nous présente Die^ sous tous l^ aspects que nous pouvons concevoir en lui. Tels fiureut tous les dogmes enseignés jusqu'à ce jour, en diverses langues, et en 4ivers temps. Scientifiquement parlaîxt, l'épithète dogmatique, ^nifie des théories naturelles qui sont de nature à se rapporter au dogme religieux , et dignes d^étre enseignées sous lui.
Le mot culte veut dire le mode étarnd des eonununications entre Di^i , et les hommes , soit de lui à eux, sok d'eux à lui; de lui à eux, par l'enseignement et l'inspiration ; d'eux à lui. par la prière et le sacrifice. Et , sous ce rapport , il est en même temps intiment, raison, et acte. Cest', en effet, 1^ ÎOTVfïe sous laquelle le dogme reçoit sa réalisation spirituelle, car là on enseigne à aimer, on inspire 1^ dévouement, on commande l'acte.
Dans l'état social , synthétique ou religieux , les buts ^es nat^OQs, des générations, et des individus so^t des deyoûrs déduits de la fonction de l'humanité.
4. La transition de l'état de synthèse à l'état opppsé , c'est-à-dïare de l'état de collectisme ou reli^eux, à l'état d'individualisme ou irréligieux, s't>rpèrepar une succession de synthèses de {du$ en plus petites , qui sont toutes de^ déductions de celle qui les précédait: C'^t, en réalité , ufste ana-
^l6 nrTRODUCTlON .
Ijrse qui commence, et proche avec ordre, dëbutant par isoler de Tunité, et faire]yiyre sëparëment les unes àes autres, les premières jgënëralités qui se déduisent du système universel antérieur. Chacune de ces époques de dégradation est constituée par Tadmission d^unbut d'activité commun à un certain nombre d'hommes, et tiré d'un intérêt, secondaire il est vrai, mais encore assez puissant pour devenir un centre iniportant d'activité y et pour être le principe d'un mouvement de plusieurs siècles. Sous l'invocation de ce but, des cations se constituent, et se nomment. Cest l'époque des grandes individualités , et des religions protestantes.
n arrive alors à l'humapité ce qui arriverait à un individu qui viendrait de quitter le but social, et qui, ensuite, trouverait encore en lui au moins deux buts spéciaux assez étendus pour lui faire sentir encore qu'il est une fonction de l'humanité et de l'univers , pour lui servir de principe d'action ; en un mot deux systèmes de facultés à besoins assez énergiques pour s'emparer de Sa vie , les facultés de sentiûient ou de sympathie, et celles de conservation. • '
Nous aurions pu comprendre ces transitions dans l'histoire du' développement de l'analyse, mais les différences sociales qu'elles présentent , leur caractère encore religieux , nous ont paru nécessiter un examen particulier.
5. Nous ne parlerons dans ce paragraphe, consacre à Fexamen de Tétat analytique , que de cet ëtat parvenu 'à son summum ; car, ce n'est que par la comparaison des extrêmes, que nous pouvons dëfîAir nettement des -manières d'être opposées. D'ailleurs, nous venons, sous le nom d'époque de transition, de décrire l'analyse à son début.
Dans l'état analytique pur, le but de la société, celui même de l'humanité , sont déduits de l'indi* vidusdisme , ou des droits des citoyens , pour par- 1er le langage moderne. Il n'y a de devoir, dans lasociété, queceluiderespecterlesdroitsdesautres, s^ils en ont, et l'homme est appelé à considérer sa personnalité comme ^ale de celle de l'être collectif j en effet, il ne lui doit rien au-delà de ce que celui-là lui doit à lui-ftême. Ici^oint de passé, point d'avenir social; le présent est seul quelque chose , c'est-à-dire tout ce qu'il peut être. Ce n'est plus l'humanité|[ui se meut, et dirige les fractions de temps, et de nations ; mais ce sont les fractions, les circonstances momentanées qui la gouvernent. L'organisation n'est qu'un arrangement mécanique , un système de garanties réciproques à l'aide duquel chaque égoïsme peut se mouvoir aussi librement que le permettent les égoïsmes qui l'entourent ; dans lequel^ la morale n'a d'autre définition que l'intérêt personnel bien entendu ou bien raisonné; où, par suite, la probité est diez les
a20 INTROPUCTION.
nm une faiblesse d'esprit, et chez les autres une habileté . etc*
Cependant , cet état oflEre un avantage en vertu duquel il est une fonctign du développement de rhumanité. £n effet, en mettant en saillie les Seuls individus, en proposant leurs intérêts temporels comnie le buÇ unique du système social, il met au jour tous les intérêts individuels que les organisations sociales précédentes b'ont point satisfaites ; il appelle les classes d'honmies, dont le système précédent justifie la position, à demander leur part temporelle; il rend leur misère hideuse, car il la moutre ,§ans consolation , et sans autre but que dWroître les joui^nces de quelques hommes qui n'ont plus d'autrç valeur, que la leur propre, c'està-dire, celle de leur égoïs A[, En un mot, il appelle tous les individus à faire valoir leurs droits. En cela , Ji'^ts^t analytique achève constamment, dans la condition sociale des homm^ l'amélioration . pensée ^uw les époques précédentes.
Il accomplit la ménie fonction dans toutes les manières d'être dç l'humc^nité. H est comme un ^ççu^teur public > chaîné de dénoncer les vices , e| 1^ faïutea aU3si hi^n théoriques que pratiques de l'état qui le précède.
6. Chacune des manières d'être différentes, soit la synthèse, soit l'analyse , soit les positions interim^iaires mtt^ h première et la seconde, s'en-
PHTâlOLOGIK AOGIALE. Util
gendrent par une succession dé périodes , dont robservatioïi est importante* Chacune d^éllê, avant d^étre constituée et en pleine activité , présente trois stades de développement; i*^ elle début^ar un sentiment ; c^est d^abord un besoin , un malaise inconnu dans son origine et qui agite la société; ce besoin est transformé en un désir, du jour où il est formulé par quelqu'un, a®. Alors commence la période de raisonnement, où Ton cherche les moyens de répondji^e au désir , et où l'on discute sa valeur. 3" Enfin, cette opération terminée, Pon commence à agir; et l'œuvre dé résdisation sociale s'opère.
Nous ne noué arrêterons pas à étudier ces trois modes delà sucoessivité sociale; plus tard, nous nous en occuperons en détail. Nous ne répoiidrotls pas non plvis à cette question qu'on pourrait po-* ser : ces périodes existent-elles? Sont -elles les seules ? Pour qui aura lu attentivement ce que nous avons dit plus haut j pour qui connaît l'homme , ou , s'est seulement observé lui-même , il ne peut rester de doutes à cet égard. Non seulemîent il est impossible de concevoir qu'il en soit autrement ; mais encore c'est un fait, et de tous les faits le plus fréquent, et le |dus facile à reconndtre. Ce serait déjà en doiAer, que d'en tenter la démonstration^
y . Résumons maintenant, sous une formule abré-^ viative, les généralités de physiologie sociale que uQus venons de présenter ; nous avons reconnu ;
I "" Que rhumanitë est une ^ en ce qu'elle présenté toujours le même système de facultés agissantes yis-à-vis le même monde , le même besoin d'unité, vis-à-vis le même besoin d'invidualitë ; d'où il resuite qu'elle présente des constantes.
2** Que l'humanité est progressive parce qu'elle est toujours active ; car agir, c'est vivre, et la vie est d'autant plus intense , que l'activité est plus grande.
3** Que l'activité a lien par unie - succession alternative de mouvemens à priori et à posteriori, c'est-à-dire de synthèse et d^analyse , se dévelop.pant pour satisfaire à des tendances invariables.
Nous pouvons donc comprendre la loi du développemei^t de l'humanité, sous la formule suivante, qui contient la loi logique et la loi dé tendance ; l'humanité procède entre des données constantes *, savoir : son unité et ses individualités , elle-même et le monde extérieur , les subalternatisant alternativement les uns aux autres, de manière à réaliser entre eux le système de relations harmoniques établies dans l'organisme individuel.
Par définition, une formule qui exprime la loi de génération des phénomènes , est un instrument de prévoyance. Il en est ainsi dans la seule science spéciale qui possède sa loi, dans l'astronomie. En effet, du moment où Ton sait comment les phénomènes s'engendrent , il est facile de calculer lorsque l'un d'eux est donné , quel sera celui qui $uc-
PHYSIOLOGIE SOCIALE. àd3
cédera, fst comment il succëdera. Il en est ainsi dans notre science du développement de rhùmanité ; la loi logique est un instrument de prévoyance incontestable. H suffit de savoir à (Quelle position de la synthèse, ou de l'analyse une société se trouve, pour connaître à (piel état elle marche. Et de plus, «i l'on examine dans toutes ses parties la position- qu'on aperçoit, de manière à bien l'apprécier, l'on pourra dire avec certitude à quel degré dans le développement de ses constantes eUe tend à arriver; ainsi que déterminer toutes les révolutions antérieures par lesquelles elle a passé.
L'humanité , en ^et , ne peut être que dans l'un des deux états opposés dont il s^agit , ou passant de l'un à l'autre, et suivant qu'une société a produit ces actes alternatifs un plus ou moins grand nombre de fois, elle est inévitablement.dans une position plus ou moins avancée dans la satisfaction de ses besoins tendanciels.
Si l'on nous demandait pourquoi cette alternative de mouvemens est nécessaire , et si l'on peut admettre que l'humanité soit, à tout jamais, réduite à faire ainsi? Nous répondrions que cela a été et sera , parce que l'être colleclif est nécessairement soumis à la double tendance du. but commun, et de l'intérêt individuel ; en d'autres termes, à la double condition de centraliser et d'individualiser; et parce que c'est; à l'aide de ce
Sa4 INTRODUCfriON.
mouvement qu^eUe approprie Tutiitë aux détails , et réciproquement.
Si , dans tout le passé , ôette alternative d'activités diflféreiites , ces passages de Tunité a Piiidividualisme, ont existé, occupant chacun de longs espaces tistojpiqnes , on en peut trouver la cause, en ce que jamais encore aucune synthèse n^a su rallier à elle toutes lès particularités ; aussi ces dernières se sont toujours insurgées podr venir critiquer qui n'avait pu les comprendre.
Le mouvement logique est tellement inhérent à la nature humaine , qu'il ne peut disparaître (}ti'avec celle-ci; mais on comprend très bien qu'il puisse dans l'avenir s'exercer presque simultanément, de manière à ce qu'on cesse de voir ces immenses lacune^ alternatives . dont nous parlons. Cependant , il ne peut en être ain^ que dans- le cas où la synthèse à venir serait plus complète qu'aucune ^e celles antérieures, c'est-à-dire aussi unitaire qu'individualiste. Il y a lieu d'espérer que le jour de cette parfaite harmonie viendra. Il n^y a pas encore eu, en eflFet, de société qui se soit organisée pour être progressive; jamais homme n'avait conçu cette propriété de leur colleclisme, et cette fonction. En conséquence, jusqu'à ce jour, toutes choses se sont faites comme indépendamment de la volonté des pouvoirs constitués , et toutes les révolutions ont marqué leur passage par des organisations politiques spéciales.
PUYSIQLOGIE SOCIALE. ^^^5^
Au re$te ^ la r^lfté tiie Id loi logique de rhumanit^ est pariaitemeut constatée. Uhi^oire nous présente, tant de fois^la rëpëthiou des mouvemens qui la composent) sottqû^on étudie les gën^alités^ soit qu'on obaerve des spécialités-, qu'il est impossible de douter de son exi^^nce. Nous pouvcm* donc mmsaida- d'dUe aTec une coitnplète confiance.
Poor Tobsérvatenr , l'étude des procédés à l'aide descpiels cette loi opère, donne lien li un genre de carjâtode quî^n'cskte dans aucune ^uh*e science que la nôtre. Ainsi, par l'exacte appréciation des £ûts cpii coiB^ppsent une époque, il peut se placer dans la position mêoke où Thuïnanité était alors , el s'identifier avec ses bescnns et ms passions. Alàrs^ il n'a qu'à laisser nîardka* l'ins^nunent Ipgique qu'il possède en lui , et il surrivera aux mê^ mes résultats que l'être collectif lui-même ; résultats qu'il pourra ensuite aUer retronrer. dans l'histoire. Il aura deviné rhomanité parce qu'il est hoftnmç. C^te méthode ^&te donc cet avantage sur tout autre prdcédé rationnel, de donner k la prévoyance, outre la confiance qui résulte du rt-^ gOQjreu^ emploi dNut instrument scientifique , la certitude cpii est la oonséquencîe de l'assentiment de notre personnalité toute entière. * ''
£u£n y les conclusions acquises par Fétude isolée de chaque série tendancidle, ^doivent s^ trô^uver en harmonie avec les résultats ^déocuVarts à l'aide de la mëthode logique. De ce. concours , il
Sia6 INTRODUCTION
résulte une somme de probabilités telles que n'en possède pas la plus certaine de noâ spécialités phjsicpies. Ajoutez, nous le répétons , Iju'à cette certitude toute scieîitiûque , vient se joindre celle qui résulte de rapprobation entière du sentiinentetde la raison de chaque individu.
9. «On reconnaît une synthèse à son mode d'origine et de procession. Elle est constituée par la définition d'une seule idée , celle de Dieu ; par l'application de la définition d'une seule volonté^ cette)
de Dieu.
Comme doctrine^ et comme réalbatioir, dOe vient de haut , et semble indépendante de tous pré^ cédens; en un mot, elle naît à priori, et^ à ce titre , elle est un<î révélation. Soit qu'elle apparaisse dans un désert , soit qu'elle arrive au milieu de. sociétés déjà existantes , elle fait son peuple , elle crée ses hommes , sa société :^pour cela, elle commence par en haut, organisant ce qu'il j a de plus' élevé, et ne descendant jamais à und^édel'échelle. dés fonctions, sans avoir constitué celui qui le |)pé^ cède. /
C'est une unité qui par définition atteint toutes les particularités, et toutes les individualités.
Pour créer sa société, elle a deux moyens:* comme doctrine, la persuasion; comme réalisation, la force. Le progrès consiste à diminuer, et à supprimer ejifin le dernier , pour ne laisser subsister que celui qui s'adresse à l'esprit.
PATHOLOGIE 90GfAL£. 12 2 7
' Si UM seal des caractères abstraits que nous vemms de présenter, manqué, vous pouvez' pronon*cer hardiment que ce n^«jt pointlà uûe synthèse. ' Outre ces signés fondamentaux , on peut faire intëpvemr;, pour la reconnaître, des conditioââ de position. Ainsi une synthèse ne naît jamais qiiV lors qu'il nî^ya-pas encore de société, ou au milieu du désordre d\ine époque analytique. EUe est marquée au coin de l'originalité la plus complète; et, oependatit , efle^ne riié rien de ce qui a existé avant elle; ^e ^e 'commence pas par une discus^ sicm; eSe se pose, et n'arrive à la controverse qu^ descendant.
Otï reconnaît l'analyse aux caracfèreâ opposés , eQe «mît ioujours à posteriori , au sein d'une synthèse, dans un peuple tout feit, dont^dle vient mettre en saillie quelques spécialités , et quelques indi?iéualîtés. Arrivée à son summum, elle préseioite des -fraètions multiples en actioii ; sans montrer ni leur origine , ni leur raison ; elle prescrite une division du travail t^iite faite , mais sans 6o-ordination des parties, etsans indiquer ni pourquoi , ïii comment elle s'est faîte.
• La synâiése, comme doctrine, pré^nte des re-^ lations tou|(^rs désignées par des signes positifs; l'analyse , des caractères de relation toùjonps rt^ gatifs; et , comme réalisation, celle-k^î défekid plus qn'dle n'ordonne; elle pbnit plus qu*elle ne récompense, etc.
228 INTHODUOnON
La synthèse s^avBiice V^û fi^ë sur ^avenir; IV nalyse s'avance toujours Vœil fixé sUr un paasë quiconque qu'eUf crkiqw.
Toute Tépoque renlertnëë entre le moment où Fhuaiakiité sort d?un ensemble synthétique ^ et. ]à tefnps ou elle arrive à œ dernier degré de critî** que analytique, touteoetteëpoquevadëlkiM^tout ce qui était lié, détruisant pîéce à pièce l'anoien. édifice^ et faisant de diacun de ses moi^œa^ une spéieialité, un but d^eKÛstence; &k un mot, eUe ytk individualisanl^^ de }^ en plus ^ les doctrines,. lea sociétés , les géné:*s^id9S et Ifd hommes^ IMbis da^»s cet œuvre d'individualisation , il y a, i{<»asieiM>ua Pavons déjà dit ^ phisiwi^ t(»nps distinct^^ Kous appele^ona le))pemier^ temps de protestation f x^'^it cdui de ls^ révtolte contre TappU^sation politique éa Tancienne synthèse* On prétend seulement la ré- ËDrmer : on en ^ppeUb auK iAt^^ et.^vit p|i$^û>n^ des nations^ des^pl^isses^, de^ individus', ft aux^-* seignemens^ dé livres priouitifs* Nous rKwmvona le second^ wmpy de critiqu* pri^retowt dift»; c'est celui où l?0natto(|UB 1^ aynjdièse^2mtiH^itte4aw» la vérité même dç^i^ 4oetrine.., Nous nwppt^çt^le troisiàm^ tefiiips, épof^pA^, d9S, ebartes^^ '^^est fdors qu'on éfige Tindiv (dualisme en principe social , et qu'on a ji^eours ^ux^,arr(^ngen)Qns mécânicpies. .
U <i'est p%S inuUle d^ UQvi arrêter un moment à étudier Ift fonction d^^^ dernier était ;..^r p'Ost seulement lorsque cette fonction est tprminé^ «que
PHYaeiLOGIB SOCIALE. fldg
k Buit de la syiiiiiése fatnre, et dkibat des sociétés avenir, est prmioncé. Bans T^poque des chartes^ rbumanité reste progressive, parce qu'elle est toiH |onrs scmmise aux impulsions t^idancielks : et bien que oeUes-^ agissent kolément , dles n'en laissent pas moins d'autant pkis éndrgiquem^it, qu'elles f ontpartie de F^oïsme de chaque individu ; et nidle puissance morale n'eât là pour modérer leurs appétits. L'humanité ne rétrograde donc pas un buttant, elle n'est pas un instant statîonnaire. Elle renverse toutes les institutions crées par l'ancienne synthèse^ qiie leur immobilité con<kimnait .à périr ; et, dam cet œuvre, ce qu'il y a de remar-* quaUe, d'est que, constamment, eUe ne procède pas d'autres principes moraux, que de ceux qpi lui ont été ei»eîgnés par cette synthèse elle-même. En effet , alors IHmiqne lien des hommes est Thabitu^ de morale qu'ils ont reçue, et qu'ils transmettent à leurs ^ifiuis. J)e -cpielle doctrine poorrait-il leur en tenir mne nouvefle? Ainsi, c'e^ da»s ie sens de cet ensetgnem^it primordial que le progrès s'opère encore dans les diverses directions isolées. Ainsi ^ dans V^^ioque des chartes , l'humanité atteint les dernières conséqoenoes de la synthèse précédente. Elle vit encore de son espoît , sauss vivre de son ordre. Voyez, par exemple, toutes nos révolutions modernes : malgré leurs prétentâens contraires, dles soultotitesy clniétîennes dans leur principe moteur, et leur but.
On peut tirer de cette observation y un enseignement pour le temps ps*^nt. C'est que le mo^ ment d-une révélation' n*est pas eniBoré:venu ; la ' fécondité de la morale chrétienne est loin d'être épui^; carleprincipede la souveraineté du peuple qui en est un de ses aspects, commence à: peine son rôle. Si donc il se trouvait, parmi nos lect^Eirs , quelques uns de ces hommes qui croient à une révélation actudle ; qu'ils réfléchissent à cette remarque que nous faisons en passant; qu'ils sW surent de son exactitude.
Le rôle critique est achevé lorsqu'il ne reste de l'ancien édifice rien que la réalisation égoïste de ses dernières conséquences morales , alors la synthèse paraît , pour donner à ces égoïsmes de nouveaux devoirs , et un nouveau but d'activité, *d[le s'élève par divers temps. D'abord^, elle n'existe que conune doctrine; et elle a, sous ce titrç, trois révolutions à subir ; la première est'celle de conversion , c'est celle où Fon prêche, et l'on obtient un assentiment volontaire des individus à un acte religieux temporel ; la seconde est celle où l'on discute sa meilleure organisation politique ^ la troisième est celui de la pratique^ ou de la réalisation dans tous les sens. r
Ainsi l'humanité est comme un homme; cennne lui , die est douée d'une spontanéité qui la pousse.
PntStOLOGIE SOCIALE. a3i
et de besoins qui exigent satisfaction ; pour elle ^ vivre, c'est agir j et plus elle agit, plus die yit.
5on principe d'activité est un, car.il est représente toujours par un but. Mais elle a deux vies , Tune animale, l'autre végétative; et elle reproduit dans ses actes le mode de chacune d'elles. Parce qu'elle a une vie végétative, elle est soumise à des tendances invariables; parce qu'elle a une vie animale, eUe offre les alternatives et les successions du mouvement logique.
Les mots vie animale , vie végétative , que nous avons empruntés' à la physiologie individuelle, sont incomplets et inexacts ; nous avons donc appelé la première vie instrumentale , l'autre vie élémentaire!.
Un acte logique , dans l'humanité connue dans l'homme, se compose^et du mouvement du centre à la circonférence, et du mouvement de la circonférence au centi% ; il n'est complet qu'autant que ces deux mouvemens ont été opérés dans leur ordre méthodique , c'est-à-dire , en commençant à priori; et finissant analjtiquement
Lorsqu'un semblable mou vement a été opéré intégralement; un autre tout pareil, lui succède. Nous appellerons âge logique, chaque acte ainsi achevé; et nous dirons en conséquence que l'humanité , comme un homme , croît d'âges en âges , mais qu'elle n'a pas de décrépitude, parce que ses âges.
^32 i^TRjQwarioif,
^OQt ^spirituels , et non charnels , ^ioai que ceux de rindividu .
L'âge logique, envisage comme acte untque et dans souj^r^emble, ainsi que chacun dea modes généraux dans lesqiiels ils consiste, considérés aussi comme actes isolés, présentent trois périodes principales ; la première de sentin^at ou de besoin , la seconde de raisonnement , la troisième de réalisation. L'iiuinanité ^ dans ces manifestation», dififère des Findividu, seulement en cela, qu'elle n'a que des besoins humanitaires^, ou de çoUectisme , qu'elle n'exprime ses raisonnemcns que par des mouyeméns de notasses , et qu'elle ne oréalise que par des œuvres civiles ou politiques.
Le progrès dan^ l'espèce humaine est donc le résultat de l'activité constante des tendances., et de la succession des âges logiques.