‹ Introduction à la science de l'histoire, ou, Science du développement de l'humanitéChapitre 20 sur 35 · VI. -^PES BfiitJX-Alt · texte numérisé non relu

VI. -^PES BfiitJX-Alt

Us émanent directement de Pactirité de la portion de Vorganismé sentitnental de Hiomme /que nous avons appeï^ expressive. Quoîqtî'bû veuille, qooiq^'en fasse, toi|te manifesti^n expressive, est Pcffet d'un $entim«it qui se meut en nous. Aussi , on pimnrait étudier comment le sy^^me dont il s'a-

^7^ < /iifTAQBiJerrMi.

gît, ija^IreaB^dediaQ^tahtôt soieièi^flaence (f une

^UUB.oQnGkfpikmàpostétù^ oit purement chafi)€^, ' c'eitfàrdinB' sdliditée par xjuèkpe partîcùla'ribé del-i^pmiiCiHaXiJitidiéis^ cet èftdiâeii' èâflnù^

préoédcQ^ suirce gefiapë 4'çti«}€«\ pour ^t^ autorisés à noust^nidiépe^aerici* f ^ •' '^ .ti{ieiS<^ntîiMueat.«id%uhint'pht$bê^ dé se manifester extérieurement , ^*il:'est ffà^îs s^nthétrq'iié : 9a d'duM'fô't€ân^^7*p}uftla penséë'qui'iïOus éâjfeut ei|twâB9B0^t)et;teihra^e «^V^j«bfi "^usn^iuS souf fpoqsp^ft jx^pMi*^ l^i'flÉ^è f i^tâgër . ÇUte liante piiéftton: ) 1 mwahi me ' ^ ^tit* « ) ci]flik^iÂii*' * à FIsôléiheétifou à h/ seËttM|e fi it&ûi tj^'êlle s^^p^néieJ :, ii<feu|ï«faidUtè trouve ' des ôyiàpsfthife^.' ti y ^ à' 'bien ^fm d^tirtBtiÉes ^d'ube^ eçhstitutipn sehtiméntale iilp«(R»'l!X^^tey poc^ noi^n*!^ idée . •^.âfesteittiiitelligibié pour les àutr^. Àtissî lôtfs les sentimens larg^ engendrent le pro^l;ftisme ; et l'on a remarqué; que leur impulsion éts^ît d'autant plus énergique, qi^'ils approcha îent plus de la religion ; il tjn est tout autrement des conceptions égoïste^f^plud çtem^ue de ceUes*Ià borne son cercle à uu oudeu3f ittcUyidu^j ill^^uiBGit d'une ou de deux sympathiesç^ encore rduen rencontre souvent qui n'ont besoin d'être |iàrtagées par personne; elles vivent en parasites , jouissanjtdes autres , sans rien rendre en échange des pl^.ij»irs qu^oa leur procure.

PHYSIOLOGIE SOCIALE. dyS

Les moyens ou les voies par lesquels le sentiinent passe d'un homme dans un autre, et par lesquels la modification organique , qui constitue la passion, est transportée d'un seul chez tous, sont aussi fixes, aussi invariables, dans leur nature essentielle , que les symptômes même par lesquels se révèle la présence du sentiment. Sans doute, la seule pensée froidement transmise par une parole sans accentuation , peut agir sur les hommes qui sont doués d'une organisation sentimentale supérieure ; mais cette aptitude à sentir avec passion est entièrement exceptionnelle. Aussi la pensée ainsi sèche, et froide, ne suffit pas au grand nombre pour l'animer ; il faut que le sentiment lui soit traduit avec Tappareii de tous les signes auxquels on reconnaît son exaltation , de telle sorte que les facultés sympathiques des spectateurs soient saisies par tous leurs sens , et qu'elles niaient plus qu'à imiter.

Nous appelons jérûj l'ensemble des moyens par lesquels on £Eiit que le sentiment passe de l'état de conception à celui de réalisation ; en d'autres termes, par lesquels il se propage sympathiquement. Or, ainsi que nous venons de le dire, l^irt ne varie point dans ses élémens ; ceux-ci sont constamment les mêmes , car ils consistent dans la reproduction des divers signes par lesquels l'inspiration sentinnentale se manifeste extérieurement, et par lesquels le système sympathique inhérent k

«74 IHTRODUCTION.

Forganisme kumaiii ëment ^ et est ëm» , dans toutes ses sources , dans toutes les rdcines par lesquelles il puise, et comnuinique, dans le monde environnant. Aussi, toutes les Tariations que Ton remarque, aux différentes époques histori* ques dstnsj les œuyresde Tari, sont la traduction de modifications dans les sentimens qui les in»^ pirèrent.

Uart doit être envisagé sous deux aq>ects g^éraux; savoir : à l'état de syntlièse , c'est-à-dire dans son principe de généralisation ; et , dans ses moyens de détail. Nous allons nous arrêter un instant à cette étude.

Nous nous occuperons, ensuite, de rechercher la valeur de ses œuvres, suivant qu'elles ont été en*, gendrées à priori, et faites synthèses, ou qu'elles ont été produites à posteriori , de sorte qu'elles seront réduites à n'être plus qu'une des formes expressives de détail, répondant, conséquenmient, à un senti* ment de l'ordre inférieur.

En général, il n'y a œuvre de Part, que là où respire une forme des passions humaines.

Mais le principe de généralisation ou de syn* thèse est tout autre chose; il faut que Vœuvre entière soit faite homme, et V homme éïe\H{ au plus haut degré d'expression qu'an hd connaisse; de I elle sorte quid la pensée de l'œuvre se présente, et dans son unité pour saisir l'être spirituel , et en même temps, revêtue de tous ses (fétails d'ex-

PHYSIOLOGIB SOCIALE. a^S

pFflssioB^ cilarâelte , pour s^^^nparer de FappareH âjniq)ailhique. Voyons des cxeropfes :

Qu'on se figure vm homme doue de cette ptrisseaàne supétimTe de désir , et de cette grandenr haarmonique de faicultës d'expression , qui font les artistes créateurs j un de ces hommes poètes dans tonte Pënergie antique du mot , lorsqu'il s'flance du sein de la foule, pour lui inspirer sa pensée. Son geste a suffi pour commander l'attention: il parle f le son de sa yoilc , Fenchainement des paroles, leur accentuation, leur rythme, tout a le màaiésens: c^e^ en mémetemps, dek musique, de la poésie^ de l'ëloquence, et du drame. L'expressic^ de la face, les gestes, le costume, en s9iA paiement de fidèles interprètes ; c'est de la peinture , de b sculpture , de l'architecture combinée». Le peuple qui l'entend est-3 r^>elle à la prémièiie parole! alors il retourne sa pensée, il retend soua tous ses aspects ; il k raconte de cent jiMiuiàres ; en un mot il HudÎTidualise mîQe fois , afin d'atteindre tous les individus qui l'éeoutent«

Bûns le moment que nous supposons, le poète révélateur n'est autre chose qu'une pensée revêtue de toute son ardeur sentimentale , et de toutes les formes par lesquelles les sympathies sont émues , et Tenthousiasme introduit dans les cœurs. Or, a|^liquez la division du trayail à cet acte ; décomposez-le pour en confier les parties aux artistes ; vous y trouverez tout l'ensemble qu'on nomme

a'j6 UmODtlCTlCHI*

beaux^arts, sans qu'il en manque un seul; bien plus, vous pourrez j reconnaître Tordre de dépendance suiyant lequel ils se touchent, et s'engendrent les uns les autres. Ainsi Fun fera un monoment; Fautre mettra Tartiste en peinture, ou en marbre ; Tautre traduira la pensée en paroles harmonieuses et r jthmëes , il Fécrira en vers ; un au* trejr joindra de la musique; un autre en fera un drame. Cependant, sous toutes ces formes , la peu* sëe primitive^ et son but, resteront toujours les mêmes; bien plus, Funitë spiritudle se reproduira, en elles , par une unité matérielle, dèsFinstantoù, au lieu de vouloir isoler chaque production , on voudra les combiner pour en faire une seule oeuvre* Toutes ces expressions ne sont doncexact^ment que des parties d'un seul mouvement , une décomposition de Facte artiste ; et Funité dans Fart, n'est que sa figuration matérielle. Cest pour cela, que les moyens de Fart n'ont point été inventa, mais seulement étendus , et perfectionnés. Us sont inhérens à notre nature, et de tous les temps de l'humanité. Mais examinons l'œuvre synthétique elle-même; voyons comment l'artiste fait pour donner à sa conception une existence matérielle. D'abord il habille le sentiment d'un vêtement architectural ; il lui donne, ainsi, le geste, la stature, toute cette expression extérieure qui impose aux sympathies ; puis sur cette draperie, ou ce costume de pierre, à l'intérieur, et à l'extérieur, il grave, il

PHTSIOLOGIE SOCIALE. 37^

peint, il écrit de mille manières, toutes les pensées dont il doit contenir la mémoire, et dont il semble qu'il ait été agité ou ému : enfin , sous ce yéte^ ment il met une âme; il fait parler, chanter et agir le sentiment; en sorte que Peu veloppe de pierre est à ce drame , ce que notre corps d'homme , et son vêtement, sont aux passions qui nous animent. L'œuvre dont nous venons de tracer l'idée, est un temple ou une cathédrale ; cependant l'archi^ tecte n'a fait que peindre monumentalement, et dans des proportions colossales , tel qu'il le conçoit, le poète révélateur dont nous détaillions, tout-à-l'heure, l'action. Il a donné à une pensée, un geste avec un costume , une histoire avec toutes ses variétés, une voix retentissante, harmonieuse; enfin il a fait vivre un monde d'idées sous cet amas arrangé de pierres. Si nousjettons, en effet, les yeux sur toutes les œuvres dont nous achmrons les proportions sévères , et le caractère absolu , nous verrons , malgré leurs variétés apparentes, le cachet synthétique que nous cherchons à reconnaître. Examinez une de ces cathédrales qu'on appelle si improprement gothiques ; c'est Christ aimant, et bon, qui appelle ses fidèles dans ses bras pour s'y fortifier de son amour , et joindre leurs prières aux siennes; lorsqu'il les a reçus dans son sein , alors , il leur raconte sa vie , celle de ses saints apôtres , les eneourageant contre le mal par le tableau de ses souffrances , les excitant au bien

078 mwoTOemnr.

|>ar Fespéraace d'ua afenir de rëeoutpeBse; pu», bîentdt , il dit^ H dbaofce avec eux; alors ,ce pfM^d Boonumeot tout entier , avec fies docl^s retentir* «antes , ses martyrs peiats , et sculptés , les chants qui l'ehraiilent , et qui se modulent dans ses Tontes , ce grand monument tout entier est une priâre adi^essée à l^Éterael ; c^^st unlionune qui îsii{doi«; il semblé Christ sur k croix, et qui xrie: Pardonilez4eur^ mon père.

Étudiez un poème, mais un poèoie ipar de tonte imitation; vous 7, trouverez encore décrite a^le sjndièseen quelque sorte arehitèctumle dont xKms parlons. Ici, le monument , est un drame; la voix est la parole rhjtmée et musicale, c'est le ren. L'unité est moîn» visible, et moins pdasante, parce qu'elle est moins ramassée, et d^HMirvue de plusieurs de ses moyens d'ei^ressions : quatad mjéme on y joindrak le luxe des vignettes , ainsi ^'on le (aàsak au moyen âge ; quand ménoeon^aifrrait réservé pour lui, la parole presque vivante de rhiéroglyphe , ainsi qu'on le faisait en l^ypte pour les choses sacrées; le regard n^est plus saii^ avec la ixiéme violence, et les synqptathies do* minées avec une semblable Àiergîe; bien que ^oe soit toujours le mémo appareil nionumental.

Examinons, par exemple, l'enfer sdu Bante, œuvre dont oe po^ , comme on sait , n'a poiot conçu l'idée ptremière, et .dont; la pensée Temonte' à une époque ou le <»ei^iment religieux était encoi^

FHYSfOLOGlE SOCIALE. 279

laut «nti^. C'est un cône immense, et profond, un abyme «i grand, qu'il ne pourra jamais être Ipepipli , un t^ou , où la mort jette les espérances , et les joies de ce monde , les anibitions, les fiertés, les confiances égoïstes. Autour de ce cratère qui doit l'engloutir , tourne , et tourbillonne le cercle 4es yies mondaines; c'est une danse de méchans, et de. fous, qui s'enivre, et s'éblouit de son mou- ' yemest, «t dont l'ivresse, à tout moment, jette quielqu^un dans l'abyme d'où Ton ne sort pas. Du fead, jet des parois, un seul cri s'âève; c'est l'aveilissement , c'e^ la moralité de l'œuvre.

D'autres fois , c'est dans une vie dlioname que te poète synthétise, ^détaille un sentiment; mais toujours. Q encadre cette vie -entre un passé, et un avenir monumental, l'enfermant ainsi dans une enoeinte mystérieuse et gigantesque , dont elle est un des élémens.

Ainsi une synthèse d'art, donnç toujours à la peiisée, un geste par leqtiel elle commande l'attention. Ce geste est, à lui seul, un monument, et une enceinte dans k^queUe le sentiment se dramatise en se mouvant sous toutes ses faces, se répétant dans toutes ses expressions. Enfin ce mo- Bornent tout entier est doué d'une puissance harmonisante, qui inspire la pensée morale par sympathie; en même temps, qu'il est un signe pour Tesprit. *

<Jr, puisque la pensée qui oônstitue la syntlièse,.

liSo DîTfiOBUCTIOK.

est celle cpi établit entre les diverses manifetfa-^ tioDs artistes, un rapport^ tel qu'il en rësahe hd tout unique, il est fsieile de com[Nrendre que tontes tes pensées ne sont pas douées de cette propriété, et que les seules capal^ de donn» une telle unité passionnée à Tassendjlage de tant de parties diverses, sont celles qui peuvent être faites hommes^ ainsi que nous le dbions plus kaut.

L'unité sentimentale peut être exprimée de deux manières, sous forme descriptive, ou %urative; mais sous ces formes isojées^ ce n'est point une synthèse d'art. En effet, cdle-ci n'existe qu'à condition de saisir à la fois l'âme, et l'appareil imitatif du corps; or, la première des deux formes ne peut se faire imiter qu'en attaquant directement l'esprit et en passant par lui; la seconde^ au contraire , frappe immédiatement sur les spnpathies. Suivant que c'est l'un ou l'autre de ces deux modes qui est employé, tels ou tels arts acquièrent la prédominance. Mais, nous le répétons, l'effet n'est complet, et l'art entier, que dans le cas où les deux moyens sont réunis en une seule œuvre. Ainsi, par exemple, le temple envisagé à part de toutes les cérémonies qui doivent y habiter, 1^ temple n'est que la forme figurative d-une pensée sentimentale ; les paroles qui viennent l'animer, le drame éducateur qu'on y représente^ étudiés également isolément, ne constituent aussi que la forme descriptive. L'œuvre n'est, entière,

que lorsque le temple est rendu vivant par les cérémonies qu^il est destine à enceindre. Dans le premier cas, c'est un cadre sans toile, ou un paysage sans figure ; dans l'autre une toile sans cadre, ou une figure sur un fond noir.

Aussi les arts ne peuvent être ramenés à Tëtat desynthèse parfaite, que par la croyance qui construit des temples peur y prier, et y enseigner les sain^is exemples ; autrement , c'est un monuinept ou un poème.

Nous avions hesoin de nous livrer à ces considérations, afin que Ton pût bien comprendre comment une pensée qui pourra engendrer une œuvre synthétique, peut être exprimée artistement , sans que la synthèse d'art elle-même existe.

Nous ne nous dissimulons pas que dans la définition de la synthèse expressive, que nous veaons d'essayer, il doit rester quelque obscurité. Elle n'est pas telle cependant quelle ne puisse être complètement résolue par le premier de nos lecteurs, à l'aide de la réflexion. Dans la généralité, (page ft74), d'ailleurs, notre définition est rigoureusement vraie \ et tout ce que nous avons dit ensuite n'a eu pour but que d'y appeler l'attention , et d'en montrer la valeur. Pour élucider entièrement la question, il'faudrait un traité spécial sur les beaux-arts. Or, ce n'est point ce que nous voulons faire ici; nous nous proposons seulement d'en établir les bases philosophiques , d'indiquer les principes de

la iHmTdie théorie générale, qui est nécessaire à ieur progrès; en un mot, d'rà fixer Forigine physiologique, de manière à établir les prodromes de rétude historicpie à laquelle nous devons iious livrer plus tard, -dans le but d^en faire apercevoir Favenir.

Au reste, nous allons nous arrêter un instant à examiner , chaque bel art dans son individualité particulière. Ce sera le moyen d'achever, autant qu'il nous est possible ici,la description deFacte par lequdsontproduitesles synthèses dont il s'agit, et par conséquent d'exposer le mode synthétique des combinaisons artistes. Pour bien faire cortiprendre une idée, il fant la jn^enter sous plusieurs faces; cVst ce ^i convient surtout dans le sujet que nous^ traitons.

Les divisions aetue&ement établies dans les provyéàés artistes , les dénominations attribuées à chaoua d'«ux, r^résentent plutôt des manières techniquet$,quedes différences réelles et fondamentales. Ainsi , le mode descriptif est fondé , peut-être, sur une ^ule fecUlté vraiment organique d'expression. Tous les procédés qui le composent , hormis cdui qui consiste à dramatiser une idée, n^existent que par des emprunts faits aumode figuratif. L'art du vers, pw exemple ,' n'est autre chose que Fart de rendre musicale la simple parole, en la soumettant à la mesure et au rythme. La poésie, et nous nous servons de œ mot dans l'acception qu'on lui

donne d^ptûs d^ix mîUe ans , car^ nous n^entendons ptkis^ aujourd'hui, par poète ni un révélateur^ ni un inventeur; la poésie n'est autre chose qu^une description qui figure des actes, à l^ide des vers; dans la haute antiquité, on faisait de la poésie à raidedesdescriptionspeintes «a hiéroglyphes; plus tard, on fit de la poésie à l'aide lie la parole figurative, mesurée, rythcnée; la lawue de cette épo-

que, que la dire minplerai^it était déjà chanter; noiiaûguas ne^mmtpliisles mêmes; elles tendent à un autre genre de perfection, c'est celle de k précision, et de l'exsœtilude, c'est d'^e une simple «igaification , expression des mouvemens logiques qui se passent en nous. Aussi, po%tr acquérir la ^alilé sympathique de la parole ancienne , il £^ut déjà que nos mot& soient soutenus par la puissanee de la .musîqiie eUe-^méme. Nous ne craignons pas de le dine ici, il arrivera tm temps ou cette musique, jointe. à ime prose arrangée pour elle, c'est-àrdire seulement mesurée et rythmée, ou, en d^ftutres term^, jointe au mode descriptif dans sa simpUcitsé , remplacera la poésie versifiée. Cela est déjà pos^le aujourd'hui.

On peut décrire uiie synthèse artiste; mais l'exposition,' simplemeid parlée, d^une œuvre, e$t une narration qui ne s'adresse qu'à l'e^uît; en sorte que l'émotion aœtimentale e^ peut presque naître dans le spectataor, que par un acte de sa volonté,

284 IMTftOBUCTriOir .

et par réflexion. Il en sera tout autrement si ht parole est reyétue de Taccentuation musicale, et si l'on s'est appliqué à peindre des actes qui provoquent l'imitation; les sympathies seront mise? en jeu dès le début. De cette manière, l'auditeur sera saisi, en quelque sorte, spirituellement, et charnellement jusqu'à un certain point.

Il faut donc admetti'e l'existence d'un art descriptif, mais secondaire, mais incomplet; bien que les conditions auxquelles il existe soient de joindre à son principe qui est le dramatisme, de joindie, autant qu'il lui est possible, les formes figuratives.

Sous le nom démode descriptif, nous comprenons la poésie^ vers et prose, ^e drame romanesque ou théâtral , etc. .

Sous le nom d'art figuratif, nous comprenons l'architecture , la musique , la peinture , la sculpture, la mimique, etc. La remarque générale, que les arts étaient nommés plutôt d'après leurs pro-. cédés techniques, ou leurs méthodes industrielles, que d'après leur principe causal ; cette remarque est encore ici applicable. Les sens expressifs , qui en sont l'origine, nous paraîtraient mieux indiqués par les apellations , sentimens de la forme , de la' couleur , des sons ou de l'accentuation , et de la mimique. Si l'on recherche en effet quelle est la perfection jusqu'à présent, quels sont , en un mot , nos chefs-d'œuvres dans ces divers genres d'expressions, soit qu'on les voie combinés, ou iso-

PHTSIOLOGIK «OCULE. 1^85

les, oa trouve d'abord que les productions de chacun d'eux doivent leur mérite au sentiment det quelque chose de fondamental qui sera la couleur dans la peinture , la forme dans Farchitecture, etc.. On s'apperçoit ensuite que chaque art n'est pas le résultat d'une faculté seule mise en jeu, mais celui d'une combinaison dans laquelle une faculté prédomine ; ainsi dans l'architecture c'est la forme, et la mimique ; dans la peinture c'est la couleur, et la mUnique, etc.

Ainsi, dans les beaux-arts, il n'y a pas œuvre sans combinaison, il n'y a pas de production qui soit le résultat de l'activité d'une seule faculté artiste. Autrement, ce ne sont plus des effets d'art; C^ne sont plus que des signes qui excitent une fisiim de l'économie , ainsi qu'un aliment provoque l'appétit, ou des choses. qui s'adressent à un usage industriel. On comprend donc que là, comme dans tout autre ordre de faits , il j a synthèse de plus* en plus haute, au fur et mesure que l'œuvre est le résidtat de la combinaison d'objets plus nombreux; et qu'qnfin la synthèse absolue est celle qui lés comprend tous en une seule manifestation*

Au reste j l'effet que l'on désigne vulgairement sous le nom d'harmonie , est l'œuvre que nous venons de décrire sous celui de synthèse.

La théorie de l'art doit, être faite par définition de lui-même. C'est la mise en évidence, etl'accep-

q86 ucrRO^Gcnm.

tation à titre de princes , des cofiditiand même de soD existence cxmmiê puidsanee expreasire.

Aussi , Ton doit ocmsidërer lea règles classiques aotodOLement admises^ comme très incmnpiètes ; et il faut remarqnm* , en effet ^ qi^eUes n'ont guide les artistes que dans des travaux d?nn ordre très secondaire» Le gi^ie, dit-on, change , et refait les règles. Ce mot proyerbial n'est pas exact ; loin de là j kii seul, ma par le setitiment de Fart complet, leur a étë fidèle jusqu'à ce jour; et parce qu'il venait toujours les appliquer dans un temps où il y avait seulement intelligence des détails , on l'a pris pour un créateur.

Les règles actuellement en vigueur ont le vice de varier suivant les parties de Fart qu'on examine; elles ne sont point les méaies lorsqu^l s'agît sort du mode desmptif ^ soit du mode figuratifs en sorte que )e poème, et le drame théâtral, ont cha^ cun une poétique particuli^e , et qui diffère encore de o^e admise ^^2 architecture,* si toutefois Ton peut dire qu^il y ait ici autre dbose qu'une habitude d'imstalion. Parmi les principes reconnus par l'école, un. seul est exact , et vrai , e^est cehii de Pu* nité d'action , qu'il serait plus exact de généraliser sousle titre d'unité début, pour indiquer que c'est une seule pensée qui doit diriger l'artiste dans la construction de son œuvre.

Pour nous, nous pensons que l'artiste, qu'il

PHTSIOLOeiB MCSFALE. 21^7

d^ngtsse d'une œuvre descriptive ou figurative, doit eifcfermer sa pensée mèrey dans une enceinte architectiu-s^e en-quelque sorte,- qui déjà la reproduise et en soit le s jmbole ; puis la mimer , la dramatiser, et la pendre sous cette «iveloppe grandiose dont il Ta revêtue, de manière à ce que nulle individualité sympathique ne lui échappe , et nal mode antipathique ne lui manque.

Les pensées qui ne se prêtent point à ces conditions d^unîté, de ton,, et de mouvemens, ne 80»t point des pensées d'art.

Chaque partie de Tart,^ ou ehaïque bel art eirti^isagé>8éparément^ doit donc donner Ueu àdeux ordres de considérations th^iqnes^,^ et d'observa^ tions historiques : les unes a jant trait à leors^ re* latîons réciproques de subordination; les autres, toutes spéciales,, toutes techniques, ajant pour but d'établir le meilleur système d'expression pro^ pre à chacun d'eux.

I/ordre de subordination des parties de Fart, change en raison du sentiment qu^ s^agit de faire valoir. U y a des arts généraux ea quelque sorte, il y en a d'individuels. Ainsi , dans les époques Qrganiques de l'hmnanité , l'archîteeture aequkrt k pi^édominance parmi les mode» figuratifs ; elle subordonne complètement à ses convenances , la peinture, la sculpture, et même tout le syst^e de cérémpnies dramatiques dont elle doit élre ]e manteau. Au contraire, dans les époques critiques,

s88 INTRODÙCTlOîf.

elle perd toute son importaDcè. Son rôle se borne ù servir d^abri , ou à donner dû relief à quelqu'une de ces figurations qui étaient auparavant ses humbles esclaves. lien est de même delà musique. Cest que ces deux arts jettent plutôt dans riipmme une disposition , qu'une pensée ; c'est qu'ils ne particularisent pas comme les autres. Leur influence est toute de prépari^ion; et aussi leur puissance ne pouvant descendre à. des proportions mesquines, il résulte, de leur intervention, une ouverture ou un prodrome qui écrase ce qui le suit. Aussi faut-il dire que l'architecture , et la musique sont , des beaiix-arts , ceux qui ont le plus besoin des idées religieuses ^ et qui sout le plus antipathiques aux sentimens étroits.

Nous ne nous occuperons point d'étudier lé meilleur système d'expression propre à chaque partie de l'art. Ce sujet nous entraînerait trop loin .

Faut-il avant de terminer ces propositions théoriques , examiner la réalité du principe que les anciens considéraient comme générateur de l'art; faut-il rechercher l'origine du beau. Les considérations physiologiques auxquelles nous nous sommes livrés ,. doivent avoir suffisamment résolu la question r Lambeau, dans les arts, est ce qui ^e fait imiter, et aimer, ce qui entre dans les sympathies humaines.

Et cela est organiquement déterminé. En effet, toutes les formes sur lesquelles les hommes de

tous les temps, et de tous les lieux, sont unanimes, sont celles qui se rapportent à une fonction, et qui sont aussi les plus convenables à son exercice : toutes les formes sur lesquelles on diflf(^e, sont celles que la pensëe, et lé progrès engendrent. D faut remarquer d'ailleurs que le beau n'est presque jamais reproduit dans une œuvre un peu complète, sans être mis en contraste avec le laid. Or , personne n'a dit, je crois, que le laid fût un type: ses formes sont cependant aussi rigoureusement déterminas , et variables dans lès mêmes cas, que celles de son oppose; il le définît ; pendant que l'un excite l'itnitation , l'autre latepousse. En un mot, le beau absolu, ainsi que Fentendaient les anciens, est variable au nïéme degré que Tinstrumèntalité de rhomme elle-même.

Il résulte de tout ce que nous venons de dire dans ce paragrapAiç , qu^îl ne peut j avoir création d'art, que du point de vue à priori. On ne conçoit pas en effet comment, autrement que par un acte de la centralité spiritudle, serait émise une unité. Une œuvre d'art est un signe, ou mot mis en pierre ou en sons ; et l'esprit seul peut nommer. Au contraire, d'après l'examen auquel nous nous sommes livrés , il est évident quç dans le mode de génération à posteriori , loin qu'il dût y avoir la moindre harmonie entre les diverses manières expressives , chacune d'eMes serait réduite à sa simplicité gros-

990 iirrRODucnoif

sière, isolée de tous ces emprunts sympathiques qui la font si puissante ; tellement qu'à peine pourrait-elle remuer chez un autre, un appétit déjà çxistant, dont elle serait cependant Texacte m^tnifestation extériefure. Vojez quelqu'une de ces représentations sales, qu'on étale dans nos rues : elles sont capables de se faire imiter, d'exciter l'appétit, mais seulement chez celui dont )a faim est ouverte : autrement eUes dégoûtent et repoussent. £h bien ! chaque expression , réduite à sa simplicité, fût-ce un cri de douleur , ou de joie, un hurlement de colère, fût-ce un geste enthousiaste, chaque expression ne provoquera sympathique* ment que ceux déjà prêts à sentir. .

Aus3i , il n'y a art véritable que dans les. époques synthétiques de l'humanité. Ailleurs^ il n'y a plus que des imitations.

Aussi, il n'y a pas de création véritablement artiste qui n% soit morale, et sdtialisatrice. Ail-^ leurs , il, n'y a plus qile des figurations qui n'ont d'autre mérite que d'être des copies plus ou moins vives d'actes humains^ indifferens, bizarres, ou sales.

Lorsque les honmies sont placés dans la voie à priori ou spirituelle, tout, chez eux, jusqu'à leur vie, est œuvre d'art. Toute production émane de la pensée morale, et en est comme une harmonie détachée^, un retentissement significatif.

Lorsqu'au contraire les artiste» s'abandonnenjt

PHTSIOLOGI& SOCIALE. %Ql

au seul mouyemient sympathi<pie, iU deviennenft pureihdQt îiaitateurs dans F^acUtude du mot. Ss imitent d'aboiyl quelques parties des grands mo^ numens qui frappent leurs yeux ; puis , ils baissent en mémç temps que leur époque y ils descendent à des copiés de plus en plus mesquines, de moins en moins humaines. Us arrivent à peindre arec amour ^ jusqu^à la nature morte, ils deviennent enfin, comme on le dit , Pexpression de leur siàde.

Lorsque l'artiste en est venu là, il ne trouve plus à satisfaire sa première condition d'existenoe, celle de faire vivre une passion humaine dans cha* que expression , ailleurs que dans la représentation de deux sortes de sentimens; ceux qui émanent des passions inférieures, des instincts les plus bruts^ et qui. sont excitables pAv bi représentation directe des ^ctes qu'ils appellent, tels que Tappétit sexuel, Vappétit de diverses jouissances paressen*ses et égoïstes; et ceux qui émanent de nos antipathies, et se figurent en caricatinres. Ces hommes ne 9aves|t plus qu'individualiser.

l4es beauxrarts généraux écfaappeait à cette dégradation , parce qu'ils ne s'y pr^nt pa^. L'architecture disparaît, et devient l'art de construire. La musique est plaquée à des scènes indignes d'dle; mais elle ne s'y marie que comme bruit, ou pour les contredire. Partout, le procédé technique n'est plus un moyen, il devient un but. C'est alors que les artistes cherchent k créer un type du beau et

^9^ tNTRODUCTtOir v

du vrai; et ce qui est bien remsurquable , leur beati^ c'est quelque chose de technique ; leur vrai , c'est Texactitude imitatrice; tant, à ces ëp#ques, Fintelli-^ . gence de Fart est perdue !

Enfin, ce qu'on désigne, dans les âges analytiques ou critiques , sous le nom de beaux-arts , n'est autre chose que les formes techniques imaginées dans l'âge synthétique précëdeat, pour servir d'expression au sentiment. Et c'est pour cela aussi que les noms par lesquels nous les désignons, sont tous tirés ou indicatifs du procédé industriel qui leur est inhérent. Ainsi , l'architecture est l'art de construire; la musique est l'art dé marier des sons; la poésie c'est l'art de versifier ou de conter en vei's, etc. Quant au principe fondamental et générateur de chacun d'eux , il a été découvert dans l'âge antérieur : et c'est de lui qu'on l'a reçu. Pour la vérification de cette observation extrêmement grave, puisqu'elle prouve par les faits, que l'art ne peut être engendré qu'à priori, nous renvoyons nos lecteurs à l'histoire. Là, ils verront que chaque ^oque organique est caractérisée par une innovation capitale , et dans les formes , soit descriptives, soit figuratives , et dans les procédés techniques eux-mêmes.

PHYSIOLOGIE SOCULE. OQ^

Page 1