‹ Introduction à la science de l'histoire, ou, Science du développement de l'humanitéChapitre 22 sur 35 · VI.V · texte numérisé non relu

VI.V

Lors^^oti transporte ce» cpnsidëratii^te d^ *phfr siolbgie individuelle^ à fe ph jsiologie s^^^e ^ lors(}ue de Texamen des fadil^ d'un h^ume, <m ii^âète à iseiui d€B factlltéB de rfaumanitë , ëti^u'éifi réeher<^e leurs lois^ daus leurs actes ouleui^ ptt^ duits , ou retrouve uue ideutitë. patËdte , sauf les difSéreuces d'éuwgie, etde 4urëe.

L'humanité, comme Fhommè , est pous^ à Tœuvre scientifique parole besoin dp coàuirftïie , et par cdûi de prër<âr* EUe est Soumise au$c mêmes nécessites logi<|ues, mais avec cette tiîfféraQicè, ^pue pourvue d^uue vie dont k durée est indéfinie, et toujours active, elle «e s'arrête p^t , aiti^ q/ià Ptudividu, Btu^'unè solution t^poraine de&i*pro-f. blêmes rationnels qui lui sotit inki^ntâ^. timà 'àe sert dé chaque déoouvette ^mme d'un ^^sgré poui^ parvenir à une éducation plus oompdjèté.

Les proprk1;éB logiques constituent les formes absolues âes actes de l'esprit humâiift.

Le (rrii^ipe de rdiàtion de causé à e^t , engenète deux Méës fôudameutâles* celle de D«çu, chiite de m«tière, etk probléinedesrélatiôHâ parlesqiidis ils se touchent. Ce SMtlàlescoh^tsintes juteUec-

PHYMOLeeiE SOCIALE. ^i^

iuelle80]ks^âê\^entles grandesyariatituïis hidtoriques^, et se manifesMnt les tendances de l'esprit humain.

Ce pt*incipe engendre donc les variations dans le laH|;age et les sciences. ; . ' .

Le principe d'unité et de succession engendre les idées corrélatives de fini et d^iufini dans la

cause et dans FefFet ; les variations .qui se montrent à cette occasion manifestent les tendances matliématfalques.

Ainsi (jiie nods Tavons vu en traitant des généralité de la physiologie sociale , les lois de Tinstri^mentalité, logique gouvernent l'activité de i'hnmanité* U« acte cqpiptet de cette instrumental îté constitue y bous lé répétons , un âge logique entier; et il est la même chose qu'un acte complet^ itoéthode, puisqu'il se compose d^une manifestation sentimentaley d'une opération rationndle^ et d'une oeuvre de réaiisatioà , bu de pratique ; de telle sorte ) qu'au point de vue rationnel où nous sommes placés dans ce paragracJîe, ce grand mouvement qui, depuis le premier moment de la coficeptîon à priori, ju^^qu'au dernki* de l'analyse, dts^ (pelques mUle ans^ qui débute par la fondation d'uiie syntlièse soeiale, et se termine par une synthèse conçue au po^it de^ue seulement indiiri** duel , n'est qu'un ^eul acte scientifique, €^est là une vérité que nos lecteurs apercevront difficilement dtt premier coup; on- est ^ ^i effet, aujouititiui trop préoccupé de détails, pour voir ccHnment,

3aO LNTRaDUCTION»

au milieu d)èut^ au' milieu de toutes les 4oçtrines ^ s .^i paraissent les cp-ordouner, ou en

. gpuvêrner* l'étude , ce n'est cependant quHj!ae se^ile géh^ralité. qu'on pôarsiiit, up seul but qu^n^liefche à atteindre. Malgré' cette difEculté^ ksi cpielques mots, suivans pourfcjpt ,, peut-être , éclaircir notre pensée. ' , ;

LV^uvre lô^ique^comnoience du jour où le dogme est révélé: ilressorf en effet de celui-ci, lafoi'éij en une .certaine relation -de cause m efet. Cette* crojande, pour nous serytr dif langage des savais, est la* grande liypothèse qui seï«i4e point j^"^part de l'immense action ratipi^nelje^qui va. suivre. Le dogme ne va' scientifiquement jamais au-ddîà de la. détermination , et d* la qualification *de prîii'* ^ipes généraux dualitairés, c est-à-dire "de lacàractérisation de la c^us^dité e^ de la pâs$iidté. Il

reste donc Une immense Jac&rie à *combfer^ et tiiV lone travail à. faire^ noi\ seulement pouf trouvjèr le système des rçlatiops. à l'aide ile^quelles Yâtiir vite absolue agissait, agit, 'et àgiwi sur l'fpéltie; mais encore, et d'^abord, pou?* appï*é€iei: la nature de l'activité divine, èt'celle de k passivité matérîcUe^ Nous npu3 occuperons, dans un instaht, 'en trditanf p^rtiqulièi'ement ^ ratigonalisme^ de décrîlre comment cette unité d'céuvre et 4^ but se décom* posé en divet:s temps, çt^n plusieurs systènies tjp travail différens* en appareiKe. Maintenait, poui* quelques momens encotè',' qous poursuivrons: cettç

t>HTSlOLOGIÊ SOCIALE. 3 121

exposition du mode par lequel un âge logique se convertit en un âge scientifique, ou un acte de méthode.

La croyance dogmatiquement inspirée aux savans , leur fait désirer que tels problèmes existept, -et par suite les conduit à la découverte des faits scientifiques ; elle fait plus encore : elle leur donne le désir, à Poccàsion de chaque question, que quelque diose soit^ ainsi, non seulement cette croyance • engendre l'attention, et la dirige vers la recherche des existences propres à combler l'espace qui sépare la cause de son dernier effet, mais encore die engendre toutes les solutions hypothétiques que tiiaqnesujetpeutappeler;Soit, donc, qu'un terrain scientifique, une collection de faits, nous aient été donnés par les travaux antérieurs, la foi nous fournit les premiers désirs hypothétiques,, ou les premières doctrines, pour rendre compte de ces faits ; et soit que l'espace se trouve com{d.ètement vide , elle {»*oduira encore les premières hypodièses nécessaires pour le remplir.

Les hypothèses s'engendrent daps l'ordre de toute oeuvre à prîorî, c'est-à-dire en. descendant du général au particulier. De telle sorte, que le travail scientifique d'un âge logique, suit une marehe réguUère , toujours la même , facile m^ne à saisir, non seulement dans l'ordre successif des révolutions générales qiii en changent l'a^>ect , mais

ai

3îi2 mTRÔDIT€TM»ï.

Ynéme ddns le mouvement întëmiir, el relatif, de diaque spécialité.

Au fur et mesure qu'une hypothèse est prod<Bte, et eepetiàmit après qu'elle a été compié^ pdr la dét^umerte, ël Mneidàtion lie totis seë corôUaîres, là v^ificAtkni^ e'esC-à-diilB la piiatîque, ooilamenée i II arrive done un jtmt où Peewri^ hjrpe- Ihélique entière €6t «ouibisé à cette étude eaqliërt- MdMale, <6tla généralité mise à l'étal d'aûaljae. 0ë$^ lém^t&tMj du dernier sjstèiiiô qus tessort, pàt finaiie <l'tme série de traflraformations succesiifes, de l'à|>riori primitif. Dès oe moment^ aussi, les soiences deviennent stériles^.

En étudiant le rationalisme pur^ nous alktos préciser les révolutions générales que subissent les scienoeis dans un âge logique.

Le rnoweinént rationnel, ainsi que nous veMMÉs 'd$ te vôir^ entre «dans Ae mouvement logique tle ^lUiumàAité^'en'Suiscëdaiit à l'aote acatlmentalf oal* ^dmqtie désir n^est iSutre chose quHiae h^odtàse scientifique.

En conséquence, le ratioâalimaae offire, dans la AsUfe d^Un âge logique, trois grandes périodkiS prihdpakes, qui cotrè^ondetit at^ trois aded sen*libientaux principaux^ qui signalent le iiassàge d\ane soci^bé, As la synthèse à l'indivîdualîsme»

lift |>r«mi^ époque rationndfte test l'état théokffiqueç fWMië a^ipdferons la seconde ;état ontolo^ gique; et nous nommerons la troisième et dernière,

phjTfiiçiame ou positiriante. Noos alloûs les exdf miner Tune af)irès Fautre, afin d'exptima* , autant <pi'il JQOUS 8^9: possiMe,. leurs caract^es scieûtiÊquesi pa^ticulicFS ^ et de faire, voir coiumenl ûs se tiennent entre ^fô.

Le théolo^isme , en tant ^'œnvre scientifique , comprend tov^ les travaux cgoi tendent à k solution des prohli^efii Siw la natiEre de Dieu, et sur Pacte de 1^ çréatioii« Ces problèmes sont nomhreu}9 ; car il ne Si'agit past d^expliqu^r les phënoiQ^ïies natujrels ^ ms^s de rendre cocaptie de toot ee <^i intéresse VloKHBnie! ixKural et social. II faut d^ finir Die^, déteriwier sea altrilsaxls; de cette solution, dépendra listTie politique d& la société religiteiosc^ tout çsi^èrçi.; £n effel, suivant que tel oa tel aOriJUut; sera considéré comme ayant k, prédo-^ nûnaBçe , le mondcf I^wnaiti. sera conçu d'un point de vue nouv^u , et remué ^ et organisé daos^ celle direction partÂciiJière; enfia, suiTant l'atferilmt au^ quipl ]ie vi^B$iU$me^ décernera^ k primauté,, on la supériorité , Fceuvre génésiaquis^ devra être; envisagée S0U3 w^ 9iâpe€l difféiMft. Dans Fétude de la créatioi^, il s'$^ de démontrer , sinon toujocn^ de trouver , ooi^ment rationo^Ubmeiit Dieu peut élre prévo.ja«if; , et Fhomme libre ; com»ent Diieu pœt être bon, et le mal exister ; pourquoi l'opposition da biea et d^ mal ^ él)é créée ; pourquoi Fâme immortelle e^ jointe à ue^ corps pérlsss^^ y ete. Ces problèmes sont ^ous susceptibles de plusieurs so-

3a4 INTRODUCTIOX.

lutioiis ; or , en raison de celle qui sera adoptée , la vie morale des hommes, et Porganisation politique varieront du tout au tout ^ c'est-à-dire du bien au mal; il suffit, pour un si gi^and résultat, d'un dissentiment sur une question.

Là, comme dans tout autre sujet, il n'y a qu'une seule direction pour arriver à la vérité; aussi n'y a-t-il là, en même temps, qu'un seul bon système de raisonnement, un seul qui «oit progresisif, un seul qui soit utile, un seul qui, tôt ou tard, devra triompher. Les erreurs ont été, et seront, sans doute encore, très nombreuses ; niais il semble qu'eUes doivent être faites, comme pour gervîr de moyen de vérification : elles ont été toujours très nuisibles; toutes les sociétés passées, qui en ont adopté quelqu'une, en ont grandement souflfert; elles ont même tellement mal fait , qu'eUês paraissent aux yeux de l'historien, ainsi que des anomalies fâcheuses et retardataires , des empéchemens maladifs au développement de Fhumanité. Mais, pour juger les doctrines qui touchent la morale et la politique, est-il un autre moyen de vérification, qiœ le bien ou la douleur qu'elles font aux hommes? La soufirance, dans les solutions de cet ordre, est le signe de l'erreur, comme le bien-être celui de la vérité.

Le travail théologique ne succède jamais immédiatement à la révélation qui commence une époque organique. Il n'apparaît qu'assez long-temps

^près , poàtërieurement à un mouvement sentimental qui dure , quelquefois , plusieurs siècles ^ pendant lesquels la foi se propage , et se fonde: Foeuvre de science , ne vient qu^après Toeuvre morale.

Il en résulte que les sa vans se servent , pour résoudre etpour poser les difficultés rationnelles, des solutions seàtimentales admises danis la période précédente. Chaque axiome moral n'est en effet admissible qu'à certaines conditions rationnelles ;ceUes-ci sont, nécessairement, établies comme hypothèses, du jour où il a été reçu lui-même; en sorte que lorsque le savant cherche à démontrer l'hjrpothèse, non-seulement il peut employer, comme moyen de preuve, le principe moral qui fut le point de départ du problème qu'il élucide , mais de plus il discute la valeur même du principe , et sa vérité en discutant l'hypothèse. Ainsi l'erreur scientifique devient une erreur morale , et réciproquement.

La science de rhistoîre est donc un élément de première importance , même en théologie ! La position morale de l'humanité est une révélation de sa logique elle-même. C'est là qu'il faut chercher l'autorité vraiment universelle , car cet état moral suppose , et commande, irrésistiblement, certains raison nemens ; tellement que nulle solution ne sera acceptée , qu'à condition de' se rapporter aux exigences sentimentales.

L'époque ontologique succède au théôlogisme y

3a6 iPiTRODUcnoK.

et elle ju'ocède direot^nant de lui. Me ccnuprend les travaux <fiii ont jponr but de i^ettdre compte des phénomènes naturels, du poantde vue thëolô- ^ique. Lessavans cherelient, aWs^ à fonner la théorie de Faction des forces secondaires, de celles qui régissent le monde phénoménal dt meuveiïtles masses, jet les molécules matérîdles. Il n^est point question pour eux de recherdber la nature de ces forces , car elle leur e^t donnée par la foi , par l'histoire même de Taote créateur de Dieu. Ici commence donc le travail des savans spéciaux.

Cette époque scientifique n©u« paraSt rigoureusement mériter le aom d'ontologique. En effet, pour rendre compte des phénomènes , les lier et les coordonner entre eux , on essaye diverses hypothèses de forces créées , et on les tîompare aux faits , ou bien on cherche des faits pour en prouver la valeur. L'e^ériience leur est-^dk eontraîre, ce qui arrive l^ ^us souvent , on les modifie , on les étend par des ajoutages hypothétiques ; on les resserre , ou, on les remplace par d'autres. Le résultat constant de ee travail est l'acquisition de nombreux faits «ouveatu^ ; car diaque suppoisition nouvelle détermine Tattention dans une direction particulière; die est une occasion de découverte. Le mouvement scientifique offre donc une activité, et une variété, d'une vivacité extrême; c'est un véritable agiotage d'idées et de faits. Cependant, les changemens qui s'opèrent ne sont jamais que des

pcHivI idbslicoitQ^ 4|iâ kw* ^»Mjt figeas çb poiat de ¥iie théalQpqm. A la &» des époque^ de œ gawe, le lerraHL des açienoes est econ^lÀ^ttefit cjbaiig^ ^ et encombré de Abëœ'ies etii'eiqpérieQiees.

Le travail que AOius di^erivooas ooeup^ l^é|)Q<{He des âges logiques que l'on désigne siiÂyaQt h 4^ grté dlftvanQement des ^oidéliés hmmiw^ , kOm i^s oamfi de pdjtbâame, d^ moh^U^gm^ QU â^éU^ des eaiiaes secondçs ^ etc. .

Cepartàmt , les ^pédalUés def i^nnei^ îmoieart «es; les fidèles posaèdeot UA moipd^ de fi^t§, is»! dèsriors eUeB sont qudque <jbo$ef)9r eUes-w^p^p{ elles fcisment iijifte richesse^ iadépeïidwfifli^Pt œéme de l'éctivité epîriU*elie qwi W a eii^endr^. I^^tuUeura lee bypçtlieges qwi Içp P«t pf^uife^, «( 9O|islesqu]^as,a0i essaye tOu|(^F$ yaine^i^t de les eomprendi^, ont été t^UemeiU: ^^>di|ié^, qiijdks oui peIHl^ 2^w mi^actè^e prii>?4ttf et ori-t ginel. Ajoutez à cela que les détails sont s^ iM^pci-

brenK , si ^ssmsMm , ^'il r^tp ^ pein^ à re^prit le tfwps de ycwr aiiliprp fiboie. Po pe paH pWs bijsntot eommeDt ilsHMt ^é aoqub ; on Qwk q^'il sQi^t p^r etiK^méme^ $ . de ielJLe jsoarte q»'U jspfjît d'çmy rîr le^ yeuK |M)wr lea apercei^ir. Alioifs^ i$t QQpFdiQ9fek>Q maocpiacd, ^u ëtdiit trop ftjfcle.^ /?e ^'^^t plys quf uaejualière ^fui démode ]m , P^y^i^c .pom- )|i mettre en œaYS)ç^ MaiB rien de npu^te^ ne ser^ pr^i^^ s^x^nt

3^8 INTKODCCnOK. .

qu'une pensëe morale vienne mettre l'esprit en mouvement. On restera à remuer cette Hiaftière stA-ile], tant qu'une volonté d'innovation ne sera pas inspirée de sentiment. Ainsi , pour découvrir conunent, de Tontologie, les aavans passent %u physicisme , il faut examiner le mouv^nent social lui-même.

Or, la pratique de la théologie , est la pditique et la morale ; comme les pratiques des théories sur les forces secondaires sont l'hygiène , la médecine et l'industrie. Il arrivera donc , parce que la théologie a été la pr^nière achevée j qu'elle sera la première convertie en système social y et la première vérifiée et jugée en raison du bien et du mal qu'elle produira parmi les hommes. Ainsi , c'est au fond, contre elle que s'élèveront ces premières sympathies, qui ne sont cependant excitées que par le malaise social, et aussi, c'est en discussions théologiques que ces sympathies se convertiront d'abord.

Alors le flambeau de la réforme est allumé; et le doute vient troubler la tranquillité des savans spéciaux : le tlésordre qui existe dans le domaine scientifique leur est expliqué , il leur apparaît jdus grand même qu'il n'est en réalité; ils ont eu trop de foi dans les anciens; ils ont, sous leur direction , procédé suivant une mauvaise méthode. On se met donc à l'œuvre pour changer.

La réforme des sciences ne peut avoir lieu si-

PUYSiaXOGl£ 60GIALE. 3^9

multanément par un seul acte, et d\ui seul coup ; . cela pourrait arriver sans doute, mais seulement par Fintervention d'une nouvelle hypothèse générale. Or, une pensée d'un tel ordre d'universalité, ne peut venir qu'à priori; et tout ce qui a lieu, en ce moment, revétle caractère de son origine; tout $e meut à posteriori. Chaque spécialité opère donc saipévolution à part; et le changement qui a lieu dans le sein de chacune d'elles ea particulier, ne va. pas même au-delà d'une modification dans l'ordre de classification des phénomènes. . .

Cependant , il résulte du fait même , que chaque révolution est opérée séparément, en vue seulement des exigences que présentent les faits de détail dans les diverses branches, des connaissances naturelles ; que les spécialités sont isol^ les unes des autres plus que jamais; qu'elles n'ont plus le moindre rapport entre elles, pas mé^ne celui de Thypothèse; en sorte qu'en réalité, le désordre s'est accru ; en sorte qu'il est évident que l'état des sciences est faux : car^ loin d'exprinier rharmonie qui existe, en réalité , dans le monde phénoménal^ il n'oflBre qu'un ensemble de relations contradictoires. Dès ce moment, il y a une solution qui est demandée ; la question de l'upité dans les phénomènes est posée; le besoin en est vivement senti. Toutes les fortes intelligences se mettent à l'œuvre pour satisfaire à ce problème , et trouver le secret de l'harmonie phénoménale.

33o mhoD^vctêosi.

Alors j kiëyitaUemeEit , H se troiwera «un savant à priori, un Pytiiagore, ou un Desoartes, <[ui viendra -enfin résoudre la i^pestion en posant les Ixises du phjsicisme. Il eommenoera par en appeler À la méthode, o^est-à'dtre, à sa propre capaciké rsttionnelle. Il s'isolera , pour un moment, de tout ce qtfi a été écrit , «t f»t, afin de saisir le pointée vue scientifique le plus pur, et {dus gênerai. Le monde, s^éonera tril ^ n^'est cpi'un yaste système mëcanique; c'est de la matiè[« et des ppoprîétës motrices dont on peut r^v^nter les oombinaisons par «elles des nombres, dira Pythagore; c^t de la matière, et du inoinrement , dira Bcs* eapfees.

Té&e sera ia nouTeHe unité physique, qui de* ¥ra i^îger les sciences pendant (dusieurs stàcies. Sien que uniquement fondée sur une pensée de mécanique nuriéridile , cq>enda»it , elle n Vngendre pas inévitablement des eonclusions purement coa* tériaclîsles. En effet, à toute ma<îhiae, il faut un auteur; et aussi les sayans^qui inventèrent la formule dontil s'agit, en appelèrent tous h Dieu, pour ren* dre compte de la force initiale qui 6it miae dans les masses et les mcdécules de la matière. Il est facile d'en comprendre (a laison : en pemontant à eette hauteur, ils sont ob^és d'assister par l'esprit k un «ommencement ; et il leur est ÎH^ssilde; -car telle est la logique humaine , il leur est imposa sible de ne pas reconnatti e la nécessité d^une vo-

VEY SiOhOGlM SOCIALE. 33 1

Iftnté initiale. Ces hommes ne sont que ^avans, :pckrcB qa'ïh ch^chent sevlemeut^ daas l'œuvre de l'Etr6 .suprême, le cdté»a3aateriel , ou physique, parpe qu'ils ne cherchent pas le but moral de cette création, parce que, en un mot, ils ne sontjpas occupas -d'j trouver ame sodutioû à un intérêt 30- €ÏA. Mais ces hoomies ne soxd pas athées. La négation de Dieu vient plus tard, et par ailleurs- Cependant,, la fraude hypothèse physique est trouvée : on cher<^ à coordonner les faits avec die , an. coixunençant d'abord par les pius généraux, q^ qui paraissent embrasser tous les aui^G^y tds que les ûîts astronomiques, puis suci^essivomaid: tous oeuK qui paraissant devoir être icompria par eux.

Le physicisme engendre deux directions de travail; Tune ^e nous appellerons naturaliste^ l'outra mat^ialistçlv

Les savans qui suivent là première , ne quittent pas le point de départ de vue^ en sorte qu'ils n'abandonnent ni la pensée de création, ni ne perdent la conscience du mode suivi pour inventer U» hypothiàse» dç physique secondaires; et par puite^ ils se gardent d'y attacher une valeur de réalité absciue. Ds descendent aux détails , mais san3 oublia la généralité. Ces savans forment, en quelque wrte, le corps des purs théork^iens : en effet , toutes les grandes inventions qui signalent la période que nous examinons , sortent de leur

33a ÏNTRODUCTIOK .

sein : ils ne mêlent , d'ailleurs , rien des passions sociales de leur temps à leurs spéculations scientifiques ; en sorte qu'ils rife rejettent j et n'admettent, ni une conception , ni un fait , par colère , ou par complaisance.

Cette classe est d'abord la moins nombreuse ; mais après un siècle ou deux, surtout après que la seconde direction scientifique, celle que nous allons examiner à l'instant , est devenue stérile, elle compose presque tout le monde savant.

Quand , du point de vue de la continuité de la vie humanitaire, on examine la fonction dece genre de travaux , on trouve qu'il est tout de préparation ; car, c'est là que se fait le terrain scientifique où viendra s'établir le dogme futur. Car, à regarder de haut, le phjsicisme, ainsi conduit, ne se présente que comme un eflFet de la division» du travail. C'est l'étude des effets , cultivée d'une manière spéciale ; car d'autres , pendant ce temps , s^occupent de théologie. Les deux grandes classes de sciences qui représentent la dualité humaine , sont cultivées séparément , pour être prêtes à être réunies un jour par une parole religieuse nouvelle.

Les savans, qui suivent Tautre direction, sont ceux qui, considérant les faits conune quelque chose d'existant par soî-mêtne , veulent en induire une tliéorie générale ; ainsi que nous l'avons déjà vu plus haut, leurs efforts ne peuvent atteindre au-delà d'élever un phénomène de détail , ou tout

au phis une spëcîalitë , au rang de fait universel. Ainsi, ils tombent dans Ferreur, et doivent y tomber : et aussi leur œuvre n'a qu'une valeur temporaire, purement critique, et une durée en rapport. En effet, le dernier résultat de leurs efforts, est une conclusion complètement contraire à celle que donnait la direction ontologique. On cherche à faire tout rentrer dans le matérialisme , jusqu'au point d'essayer d'en déduire des théories sociales. Ainsi , les sphères matérielles qui, dans le^ périodes antérieures, étaient considérées comme créées en vue d'une fin morale, et pour la vie social^ des hommes , sont , dans ce mode de la période dont il s'agit actuellemeïit, «jivisagéês comme principales, comme créatrices en quelque sorte; l'honune n'est qu'un phénomène inférieur, et la vie sociale un intérêt individud. Tel est l'état scientifique qui correspond au dernier terme de l'époque critique: djès ce moment , aussi les sciences devienne9t stériles dans cette direction. Il n'y a plus que 1$ na^ toralisme qui offre de la fécondité. -

Nous terminerons ici l'exposition des généralités que noua croyons nécessaire à Tintelligençe du ratibnalisme humani^dre. Si nous voulicms pous'^ ser notre étude plus loin, nous serions obligé d'en^ trer dans des détails qui feraient perdi*e de vue le but que nous poursuivons dans ce livre. Cependant nous croyons utile d'offrir à l'attention de

3^54 iKXMomcMfas.

nos kctetim na résumé de» coaMdéfatîoBft que DM» leur aTWK pvésesâées daoï» ce sSaièom pwar graf^; toute k philosophie de& wàeoee». est, ai; effet, enfermëe dan» ce tableau du iiiouT€Hieat r^ tioanel de Fesprît humaÎB. Cert u» acte complet de k mëtkode sciioitifique, aggraudi^ grossi ca quelque sorte, et montre tel qa'Q est ca toute» choses, et ebes toos les borasKs.

I^us arons yu qiiNiiii âge logique prëseste trois périodes scientifiques : la premièFe (»ractâriséepar les travaux tfa^ogiques; la seconde toute oc* cupëe de reeberehes et de perfectioiiiiemeRaL omtologiques f la troisi^ne ccmsacrée an jdiysicisnifiL CSiirctme de ces périodes-, àf inflbmt oudk k terw mine, c^est*à-dire à Finstani ou Voit a conqnb bi solution du problème qui en formait le biit^ est remplacée, non seulement par Itordre de travaur scientifiques qui dok logiquement bsi succéder,, mais encore par une œuvre panatique immédiate. Ainsi , P^poqne théologiqne donne lies , de siâte,. à une pratique politique conforme à eUe-mémef cfc le système théocratique s'empare de la société, en même temps que Toiitologie enyabôt les éoeles. Legoufvwnement, dont il ^^a^ dispea^ît^ an moi^ ment même où les écoles sVnrréteit dans, le perfec^ ticmnement de la métaphysique. En oonséqnenoe^ h Fépoqoe ontologiqney succède uaie pratique 80«ciale, et des [Hratiqnes spéciales, puremeirt onto^ logiques, cpii viennent remplacer le théoara^

PHTSIO&OOIB SOCIALE. SSfS

tisflfte; et, €?est ^m mémetemps auâsr^ que conmUsoBe l'élaboration du physkîsiDe* Cet enehevèbtesaewt dé» périodes logiques seccmdaîres , est tely qu'il at* tacbe rage lo^qœ qui passe ^ à celui tpii lui smtt^ oéàe. Aiim^ la première période, là période mO^ rale^ des doctrioes r^li^jLeuses ^ répond toujous» à la pratique du pbjëieîsnte. Le premier obstacle <{ue la morale nouvelle ait à yftiacre , est le maté^ ridlisBoe fiienâUel légué par Vè^ antérieiu*.

Chaque péiîode pratique edt un yéritablô tra^ vail de y^ificution k Fégàrd de la période 8ci»nfir fique qui l'a engendrée^ ALoâi , jusqu'à ce JQuf ., la «cieboe tbéologique, j^g^ f^ Papplioatioft, s'e^ trouvée mauvaise^ et a été rejôtbéej dû méi^^ la politique ontologique ( c'est celle qui nous gouverne aujourd'hui), et la politique matérialiste, ont été toujours repoussées. Or, chacun de ces mouvemens, qui viennent ainsi briser une organisation sociale mal raïsonnée , est le fait d'un sentiment moral. Ainsi, c'€st l'amour des lois de Dieu, la foi en une loi révélée, qui engendre et gouverne la théologie. Cest par haine , contre les applications d'un mauvais raisonnement théologique, et par amour des promesses qu'il n'a su réaliser, ou qu'il contredit^ que le& sociâé^f se jettent dans un autre Ordre de raisonnemens et de pratiques ^ qu'elles essaient du phjsicisme en science ^ et da l'ontologie en politique* Toujours, le ixàêmesestàr menti qui fait sortir l'humanité d'une période de

336 IMTRODUCnOK.

pratique, est celui qui commence une nouyelle période d'investigation scientifique.

En effet, aux jeux de l'humanité, il n'j a point de véiîlé hors le but qui lui est assigné, ou en d'autres termes , hors de sa raison d'exister. Uiie science qui nierait' ce que le sentiment affirme, c'est-à-dire négligerait les exigences de l'existence humanitaire, serait fausse; les hommes n'en ont même jamais accepté de pareille. Aussi, que fait la science , et que doit-elle faire? Elle ne peut, die ne doit que prouver et éclaircir le but de l'humanité. En effet, celle qui a essayé d'opérer une autre fonction, n'a jamais compté pour quelque chose dans la mémoire des hommes.

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