OONCLUSIONS DE CE PREMIER LIVRE
C'est ainsi, que du doute, nous sommes passés à Pélaboration d'une science nouyelie.
Notre livre est comme nous , enfant du siècle f il procède par anal jse , il raisonne, et ne dogmatise pas. Cependant, à travers les détails dont il est encombre, il est facile d'apercevoir le prince unitaire qui Fa produit, etlemeut. Toutes les idée&vque nous avons exposées, sont, en effet, engendrées d'un seul mot, le mot progrès, qui en est, en même temps , le créateur, et la preuve.
Nous allons montrer à nos lecteurs comment ce nouveau verbe est la raison de tout ce que nous avons dit; nous leur ferons ainsi saisir la synthèse de notre travail.
Mais , arrivés à ce point , ils ne sauront pas encore notre doctrine. Le progrès, en effet, n'est qu'une cause seconde. Ainsi, notre penséç ne s'est
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point arrêtée là; une conviction scientifique ne nous suffisait pas ; il nous fallait conquérir une croyance, une foi, et des devoirs. Notre œuvre, 'ainsi que notre vie , eût été sans conclusion, si elle ne se fût t^minëe à une philosophie , et à une espérance , religieuses.
Cest par cette formule que 'nous terminerons la première partie de notre introduction.
Est-il néce^aire de dire que nous n^élevons pas nos prétentions au-delà de la production d^ine philosophie nouvelle ! Est-il nécessaire de dire qu'une philosophie se distingue d'une révélation , en ce que la premi^e , dans son vol le plus âevé, n'atteint jamais au-delà de ce que le raisonnement peut actuellement prouver, et par suite est impropre à fonder un avenir social ; tandis que la seconde engendre dans l'humanité une spontanéité créatrice ! Est-il nécessaire de dire que la philoso^ phie accomplit, suivant les temps, tantôt la fonction de préparation, et c'est celle que nous croyons remplir aujourd'hui , et tantôt la fonction d'application; celle-là, dans notre siècle, ne peut ressortir que du christianisme !
Lorsque l'on connaîtra plus profondément la science de l'histoire, on verra que nos prétentions ne vont pas au-delà des devoirs imposés à tout homme qui pense sur le terrain où nous sommes.
Le mot progrès doit être juge de toutes les pensées qui vont suivre. Toute idée , en eflfet , con-
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tient enel^an nombre déterminé de conséquences logi<|ne8; en sorte que par définition die engendre un sjstàme tellement nécnsaire, qae tout esprit doit le trcmyer , et le reoennaître« H sera donc inutile d'allonger notre exposition de dénonstrations et de preuves.
Si la réalité du progrès est pour noua, mise hors de doute^ la fortune dé tout ce qu'il enferme, nous devient aussi une certitude: et, de plus, parce que Hiumanité a une logique, à laquelle un hmnme ue manque jamais impnnAnent, c'est.2,dire sans s'annuler, nous sommes en mêaie temps assurés quetoutes les opinions queleprc^rès ne contient pas^ ou qu'il repousse , ne tarderont pas à mourir.
L'idée abstraite pn^;rès entraîne les corollaires sui?ants: on ne pourrait les en détacher sans la détnure^
Le mot progrés suppose l'existepice d'une spontanéité sfcdiye engendrant d'un {»rincipe, une succession d'effets.
Ainsi^ il suppose un effort pour convertir le principe en effets.
n suisse que les effets sont la réalisation du principe.
U suppose une création comme produit de cette réalisation , et par suite , une existence qui est le sujet, et Texcipient de la création.
B suppose que le principe est un thème une fols.
A LA SCIIHCB DB L^HICTOIRB. Sjg
donne , toujours présent à la spontanéité) sans activité par lui-même.
Il suppose, enfin, que la résdisatioii est le bi|t^ et le t^me du prpgrès.
Ainsi ridée progrès, n < est complète, qu^autant qu^on admet tro^ enstences indépendantes l'une de l'autre, savoir : une spontani^ité qui pousse; une esistràce passive qui lui est inhérente , et qui contient Fint^alité du but; et upe existence , lïn milieu, qui est le sujet ou l'excipient de la réalisa-^ tioai.
L'activité doit ^e spontanée; Qar, autrement elle ne pourrait se mouvoir indépendanunent d|i milieu où elle est placée ; elle ne pourrait non plus pousser une progression , c'est-4i-dire opérer un mouvement qui commence et qui finit, et qpx s'étend, et grandit, en Ugne droite ; enfin , il n'y a qu'un être libre , c'est-à«dire à fàùultés iUii^ûtées , qui puisse créer d'après un thème.
Le principe , ou le fjième à r^lisér , ne peut être identique à la* spontanéité ; car , alors, il y aimdt une seule manifestation int^ralô , et non ^uoces^ sion dans Piœte ; et par suite, immobilité. Le thè* me doit différer en nature de la spontanéité; car il est passif et toujours le m^e. Ce principe est ce que nous avons appelé oi^ane , instrumentsalité nerveuse ; ce que Platon appelait le logos , émané du monde archétype; ce qu'il nommait aussi l'idée absolue.
38o iNTRODucnoif
Pour qu'il y eût lieu à réalisation progressive ^ il fallait que le milieu fût contradictoire.au principe, et cependant modifiable. D'une part , s'il n'eût pas été contradictoire au principe , il n'aurait pas été besoin de Tinteryention d'une spontanéité qui vînt pousser ce principe ; le milieu luimême en. eût appelé la manifestation: de l'autre part , si le milieu n'eût pas été modifiable , le progi*ès eût été impossible. Or, ces deux conditions , paiement indispensables , celle de contradiction , et celle de modificabilité , ne peuvent être accomplies que par la passivité dans les lois mêmes qui règlent le milieu.
L'idée progrès suppose encore, que , des actes successifs de la spontanéité, nul se^p^d^ en sorte qu'ils s'additionnent , en quelque sorte , pareillement aux termes d'une progression arithméthique, autant comme actes spirituels, que comme effets. Autrement, il y aurait seulement mouvement sur les divers points d'un espace, et non progrès, c^est-à-dire acquisition d'un but par la conquête de tous ses termes» Ainsi, pour le progrès , il ne suffit pas que la spontanéité soit , il faut encore qu'elle ait la propriété de conserver, et de se souvenir. Il faut , de plus , que le milieu , ou la matière de la réalisation , devienne , de moins en moins contradictoire , et de plus en plus modifiable.
Or, de tout ce qui précède , il résulte quelepro-
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grès est une action qui commence et qui finit , et , par suite , qu'elle a été créée dans un but qui est au-delà d'elle-même. Le progrès est donc une fonction, un devoir.
Il résulte encore la certitude d'un mouvement de succession régulier toujours proportionnel , et par suite observable j dont les termes , et les vitesses avenir sont prëvo jables , d'après l'observation des termes , et des ^tesses passées.
De ce que le progrès a un but au-delà de luimême, et constitue un devoir, il résulte l'idée de bien et de mal spirituel ; et de ce qu^ilest un effort, il résulte le fait du bien , et du mal physique.
Si l'opposition entre le bien et le mal n'existait pas , il n'y aurait , en effet , pas lieu à progrès; il n'y auraitpoint nécessité d'une spontanéité, pour faire un effort indépendant du milieu où elle est placée. Le mouvement ne serait plus en ligne droite ou ascendante, mais circulaire seulement.
Cependant, dans cette opposition, le mal devait être moins puissant, moins fréquent que le bien; car, autrement, le mal eût été invincible, l'effort toujours annulé, la conquête du but impossible.
Or , le m^ étant moins nombreux que le bien , s'il n'y avait eu qu'une seule spontanéité pour former l'hunpianité tout entière, il serait arrivé que celle-ci se serait arrangée d'un peu de mal , et de beaucoup de bien, et, par suite, aurait renoncé à l'effort.
38â INTRODUCnOK
Il (allait donc que rhumanité fift composée ^in^ dividiifi indëpendans^ afin que, pendant que les uns se reposeraient dans le biennêtre ^ les autres sentissent le mal.
llfalgrë cette multiplicité d'êtres , rhùmanitë ne pouvait cessar d'être une; car tous les individus ont le même but, luttent contre le mal, oht le même devoir ; en un mot sont solidaires «
De ce quHl y a pluralité d^individus , il résulte que dbaque point dn progrès ne peut être atteint que par le consentement et le concours de tous ; en sorte qu'une r^lisation n'eiiste qu'à (k>iidition d'un double effort de la part de la spontantéité ; dont le premier consiste à nommer Taé)^ ^àf^iel à accomplir, c'est-à-dire à le rendre spirituellement transmisstble et conservable ; et le second est sa matérialisatioif. Ainsi, toute conquête est méritée, car elle est le fiât d'un i^ort de la part de chacun*
Le mal devra cesser^ le jour où le thème entier sera nommé et matérialisé ; alors , le progrès humain sera fini; les spontanéités seront comme si eDes n'âaient pas, sans occasion d^agir : notre monde s^a parvenu au terme ^ où il devra être remuée par un autre.
A LA saEsrcE PS l'histoire . 363
Telles sont les îdeeâ premières qu'engendre par définition, le mot progrès. Elles sont tellement nécessaires , que chacune d'elles suppose tcnites les autres f rehranchez en une seule, ensemble, et dé* tails, tout est anéanti. Ainsi, d'un seul mot, logiquenitet suivi daiis sds conséquences , on voit sortir un monde ; et cette vie terrestre si tourmentée, M mélangée de bien et de mal, que nous souf&ioiis quelques aimées, cette vie nous, est expliquée^ C'est un6 œuvre que nous aiecomplissons entre le 'pasëé et l'avenir, dans un bid^ inconnu, immense, îitfîtu; c'est uii. devoir que nous Venons remplir ; yn mérite que nous conquérons. Cette vie n'éat plus une œutre morte, sortie de la boue le matin , pour y rentrer le soir, qui roule en aveugle datis les t^ëbrës de la matière. Non , elle va Ubee au iprand jour de l'esprit , sons l'œil de celui qui lui a donné une tàcbe , afin qu^elle fût. Nous ne* sommes pluis sailâ sUr cette terre , .sans personne qui nous eotnprenne, et, nous mt aimé, et netis aitzie. Gha- «èn de DM efforts, si petit, si pativre qtill schC, vaut quelque chose et s&t; il est reçaet eompté; la raison, la science, c'est le dévoueinent; Ifernsnij la folie, e'ëst l'ëgdîbme. Que personne donc ne 'désespère de sa faiblesse! avec des grains de sable , on peut combler un ab jme si grand qu'il sok. Que personne ne craî^^ de jeter im effort daAs le néai^t I Dans le monde , nulle vitesse donnée ne se pettl , et reste sans tracer sa route ; il n'y
384 INTRODUCnC»!
a que ceux qui ne donnent rien , et vivait de ce qu'ils reçoivent , qui ne laissent point de nom dans l'espace.
Ainsi, toute la logique de notre univers, son &me, en quelque sorte, est enfermée dans le mot progrès. Nous avons essayé de Fen faire sortir par définition. Sans doute, un jour, quelqu'un peindra le tableau , que nous avons à grande peine, et incomplètement esquissé. IL joindra à nos lignes, ce qui leur manque, la couleur, et la n^teté. Que vivement nous regrettons de ne pouvoir leur donner ces avantages! Nous le sentons, notre exposition n'a pas cette clarté qui va au cœur , et porte la conviction dans les esprits rd3elles. Nous ne diercheroQS point cependant à remplacer par des commentaires , cette vivacité et cette force d'évidence, que nous n'avons su trouver. Nous aimons mieux nous confier à la volonté de nos lecteurs. La logique se sent, et se comprend, comme la jdus petite passion , parce qui veut sentir et comprendre. Nous n'ajouterons que quelques mots sur les idées secondaires enveloppées dans celle de progrès.
Ces idées secondaires sont au nombre de trois ; celle de spontanéité; cdle de principe, ou thème, contenant le but; celle de milieu pour la réalisation du but.
L'idée de spontanéité est cdle d^une force existante par elle-même. Mais évidemment eUe n'entraîne pas nécessairement celle d'activité ; car oti
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ne peut ^x)ncey oir une action, sans y associer ridëé d'un résultat ou d^un eUet. L'action suppose donc, toujours, Texistence au moins d'une dualité, c'est-à-diré la présence de deux substances, dont Tune agit sur l'autre , ou qui agissent toutes deux, en même tempsy l'une sur l'autre. On ne peut concevoir un effet, autrement que comme conséquence d'un pareil contact, c'est-à-dire, double au moins. D'ailleurs , cet effet peut différer complètement des ^mens dont il^mane.
Ainsi , la spontanéité , conçue à l'état d'isolement absolu , existe, sans doute, toujours, comme substance, perses mais elle est alors conune si elle ù'était pas. Pour agir , il faut qu'elle ait un sujet d'action ; il faut qu'elle soit mise dans une relation dualitaire.
A ce point de vue on conçoit très bien ce qu'on doit entendre par la création de l'homme ; c'est la spontanéité mise en état d'agir. Sans cette occasion donnée, elle serait comme morte.
Parce qu'une spontanéité est une force existante pai* elle-même, on ne peut concevoir qu'elle ait jamais commencé, et qu'dle doive jamais finir, autrement que dans les relations qui lui sont données.
L'action de la spontanéité est purement spirituelle; c'est, le mot^ c^esl l'unité, c'est la volonté ou le libre arbitre. Ces qualités, en effet, sont les seules qu'il soit impossible de trouver dans l'idée
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n^atière, les seules fSKruJitësi niéme p^dmiî celles qui se rencontrent 4aiis le miUen O^ upus viy<ms , qui soient radicaleàient conti^adictoiresàcette idëe matière^ les seules^ enfin, qui puissent $ç conâerver et se transmettre seulement de spontanéité à spon^ tanéité ; leur activité constitue TœuTre spirituelle pro(»rement dite.
La spontanéité a mémoire ^ mais seulem^t mé^ moire spirituelle. Comment, en effet, cette mé* moire spirituelle , qui nous est démontrée par fo fait, serait-elle ailleurs !
Or, de tout cela , il résulte que la ^ntan^Jbé conserye quelque chose des actions qu'eli^ a pix>r duites ; c'est la mémoire. Ainsi, par Taction , ^e devient un souvenir, et reste telle à jamais^
n en résulte encore, qu^une spontsméité pourmit ^e plus forte, ou plus faible, c'est-à-dire poui^ait mettre dans ses auctes une vertu spiritudle plus grande, ou plus faible, plus ou moins d'unité^ plus ou moins de mots, plus ou moins de volonté. Ainsi, parrii^erventiond'unespontanéité supérieure, élue en quelque sorte, pourrait s'expliquer l'apparition des hommes verbes , des révélateurs, des hommes qu'aujourd'hui l'on nonune génies.
L'intervention des spontanéités n'est logique^ ment nécessaire, que pour pousser une série d'actes en ligne directement ascendante, et croissante, au inilieu d'un monde fatal; pour' engendrer un mouvement en ligne droite , à travers un mouve-
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ment circulaire. Telle est la logi^e , et tdle est aussi le monde cr^;car, c'est parce que nouàavonft dëcôuvert dans la rëalit^ que celte douUe direction de mouyetûens existait , que nous avons ëtë fotcea de reconnaître qu'elle était donnés par de^ forces de nature opposées* Cette réflexion nous ramène à Fexamen des deux autres existences qui forment le sujet de l'activité spirituelle.
L'ordre prèvideiîtiel , ou la progression, qui est la même chose , ne pourrait exister dans cette lutté entre une force libre , et une rotation aveugle , si un thème, un but h'était présent à la spontanéité. Ce thème ne pouvait être actif, car, alors , à quoi eût servi la spontanéité ; d'ailleurs, dans ce cas, il eût été libre , et par conséquent n'aurait rien offert de certain dans ses effets/ Il fallait donc qu'il fût passif, à un certain degré , #'est-à-dire incapable de changer de mouvement par lui-même : et oéla fut établi ainsi.
Or, ce thème eut été, devant la spontanéité, comme mil; il n'eût été, parce qu'il était toujours semblable à lui-même , qu'un obstacle de plus à vaincre; il n'eût enfin imposé aucune obligation d'ordre, et de succession, s'il n'avait été attaché à cette spontanéité, comme instrument d'action, etc.
L'œuvre de spontanéité est , en définitive , une création. Pour la trouver possible, il faut admettre que le milieu, où il s'agit de produire des phénOuiènes nouvieaux, est quelque chose déjà, mais
incapable de changer Tordre de ses mouvemem par lui-même. Ainsi, cVst moins contre lui, que contre les forces brutes qui le font rouler fatalement, que la spontanéité est en lutte. Elle ne peut modifier ce milieu, qu'en se rendant maîtresse des forces qui le meuyent., et en changeant leurs relations, ou leuPordre de coordination. De cette manière, on conçoit que le milieu , parce qu'il est soumis à des forces passives, c'est-à-dire qui n'existent pas par elles-mêmes , conunence par résister, et successivement finisse par être changé. Nous ne poursuivrons pas plus loin cet examen logique ; nous en avons dit assez pour ceux qui voudront continuer Toeuvre; trop pour les indif-
férens et les aveugles.
Il est impossible, cependant, de sortir de ce sujet, sans penser aux conclusions morales de tout ce que nous venons de dire.
L'homme passe sur la terre, mais il emporte la n^moire de ce qu'il a fait; elle est inunortdle comme lui. Dans le milieu spirituel pu il arrive, jce n^est plus un homme qui entre, mais un souvenir, unç oeuvre, un acte de la grande création dont il fut un moment l'instrument. Là, se trouvera son mérite, sa récompense, ou sa pçine. Un souvenir, en effet , ne peut sHndividualiser que par ses contacts avec ceu^ qui ne sont pas lui , un être ne peut avoir sentiment de lui-même, que par se$ rapports avec les autres. Or, comment un souvenir peut-il
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valoir quelquie chose dans la chaîne éternelle des oeuvres humaines , s'il n^est pas celui d'une œuvre en sërie avec celles qui ont ëtë produites ; s^il ne rappelle rien qui ait ëië fait, rien qui ait été engendre j il est nul devant le passé comme devant fa venir : s^il ne contient que du mal , . il est nu' encore; car:^ ou il est cdui d'une œuvrerétrograde et qui fut déjà, ou èelui dVne œuvre . nuisible , c'eat-à-dire hors de série. Ainsi, parce que tout dévouement engendre, et donne, tout dévouement |H'bduit existence , et sentiment dans , le monde spirituel; et parce que Fégoïsme r^oit seulement et consomme , ailleurs il se trouve sans contact , nul après mourir, conmie avant dWoir vécu.
Tous les axiomes précédens ont pour preuve , et pour principes , les nécessités de la logique humaine. Ainsi, c^est tofujours par impossibilité d'une autre conclusion rationnelle , que nous avons posé et abordé la solution des questions. Nous avons préféré ce mode, parce que , bien qu'il soit le plus difficUe à faire comprendre , û est certainement le {dus pur et le plus complet , parce qu'en définitive il est le plus assuré du succès ^ et enfin parce qu'il est le plus court.
Cette manière de procéder offre certainement quelque chose d'étrange, aujourd'hui, que pour démontrer le fait rationnel le plus petit, et le plus simple ^ on accumule des masses^ d'observations , d'expériences ; aujourdliui que , par exemple , il
igO .^NTROPUGTIOll.
faut dçs volumes pour [trouver qu^un homme ssms pmtj sms yéteHieiis, sans coucher, humilie , découragé, vit mcHus long -,teflip8 que llioBune abondamment pourvu , et cohient de lui-mâme. Notte manière de procéder est la bonne; et tcmtes lés fois qu'on a ùàt autre dmse qtie remuer des idëes af^prises, et varier les formes et les aspeets d'une vérité d^uis loug-temps connue, toutea les fois enfin qu'on a fait <ptelque chose de grave^ett a procédé ainsi, allant droitaubnt, par pur engendrement logique. La précision et la rigueur des madMv matiques tant vantées tiennentuniquement à ce que Ton a conservé l'habitude de se borner au rûsonnementpur, qui est propre à la spécialité. Là, ^u lien de commencer par r^reur commune, en soumettant la logique humaine aux faits , on marche coi^ormément à la réalité, en subordonnant les faits à la logique. Espérons qu'il en sera bientât de même dans le langage univ^sel.
Conunent un homme, avant dWoir vu, a-t-i^ pu connaître et enseigner les six jours de la |[enèse? C'est par voie logique. Supposez qu'il fut ve&ni dans le dernier siècle, raconter comment il êtjsàt impossible, logiquement deconcevoir quelemonde fût devenu ce qu'il est, autrement que par une Succession de. périodes de perfectionnement, et ^e complication croissante ; on se fût moqué de lui. Pour que les enfans de ce dix-huitième siècle vins-
sent à croire oed diôsés, il a &Uu leur en crerer les yeiût.
. Nous MMune» bien hardis , sans doute; nous nous compromettons grandement , en tnarc^nt ainsi au rd>ours des habitudes de noire sièc^. Mais il y a long*temps, dé^y que nous sommes en- U^ dans cette voie ; nous avons commencé du jour oà nous avons voulu fiiire oeuvre utile. H y a eonvîcdon profonde ehez nous^ si tfous doutions, nous serions ce que vous êtt», humbles serviteurs ou ennemis craintifs de toutes les admirations , de toutes les sottises , et de toutes les stërilitës d'aujourd'hui. Mais il faut finir ce livre.
Tout ce que nous avons dit peut être enfermé dans la formule de philosophie religieuse suivante :
« Dieu a associé Phomme à la création . il lui a préparé un domaine , afin qu'il le conduisît à des destinées plus hautes.
« Cest une parole de IHeu, qui fait l'humanité: c'est une pensée qu'il y a déposée, afin qu'elle s'y multipliât, s'y développât, et devînt ainsi, par ellemême, plus nombreuse , plus belle, et plus majestueuse, Un mot de cette pensée immense est chacun de nous. Après être né, avoir vécu , il retourne près de Dieu pour prendre place dans sa mémoire infinie, et y représenter son existence terrestre tout animée encore.
« Dieu a donné une espace et un temps, afin que rhomme pût créer ; il a borné l'espace et le temps,
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afin que les bcmniiey passait ménter devant liri.
« Diea a créé le bien et le mal, afin qaeles hommes fussent libres: il a Touln les hœurnes ISMnes, afin qu'ils pnssent s'aimer: il a ëtaUi un ordre invariable dans les dioses^ afin qu'ils pussent jq>prendre^ et prévoir: il a &it un monde inerte, afin que les honunes pnssent aussi donner le mouvement: il a différencie les hommes, afin qu'ils fussent nécessaires les uns aux autres^ et que tous passent donner, et recevoff^.»
A LA SGIEIHGE