‹ Introduction à la science de l'histoire, ou, Science du développement de l'humanitéChapitre 30 sur 35 · INTRODUCTJON · texte numérisé non relu

INTRODUCTJON

schistes , et les premières cbaux du marbre ; alors, elle fut plus salëe que calcaii'e j que siliceuse et alurmiueuse ; elle devint transparente , et ressemlsla presqu'à une eau de nos jours. . . .:

A ce moment ^ }a vie y^ëtale s^épancha dans son sein, et son fond se peupla de nombreuses fucoïdes, pendant que la flore terrestre , aidée par des {Juies plus abondantes^ créait de nouvelles faiûûles sor les rives des îles protogines. Le sol meuble des dépôts formés par Tocéan, sMmplanta des mdnes de nouveaux végétaux : c'était des fougères et des calamités de diverses tailles.

Peu de temps après , quelques siècles peut-être , la vie animiale commença daps le sein des eaux salées. Leur surface se couvrit dHnnombrables tribus d'animaux gélatineux , de toutes formes et de toutes grandeurs, se multipliant par rupture^ Iqs uns nageant isolés , les autres par paires y les autres en longs diapelé|;s ; puis vinrent les poljpes nageurs , les méduses aux couleurs brillantes. La multitude de ces êtres nouveaux était si gi^ande et si variée, qu'elle couvrait la mer comme un voile vivant , et lui formait un vêtement à reflets qui en changeait Faspect. Les profondeufs. des eaux se peuplaient aussi ; les bois de fucoïdes, qui en hérissaient le fond ^ se remptirent d'holoturîes rampantes; et les zoophytes commencèrent à construire leui-s habitations calcaires, à pousser leurs branches pierreuses, et à garnir le sol marin d'une

l^ét dure, qui^ toujours montant et toujours s'ë- }àrgissant , servit d'attache pour &xer les sels de chaux dont Teau se dëpouiliait, et forma la base de âoUy elles îles.

IiOltig*temps îl en fut ainsi ; mais lorsque dans le sable deîs rires, et deseaux^ furent venues le annëlideç, puis après les mollusques revêtus de coquilles à deux valves, qtiî ont semë de leurs dé*poUiUfs les marbres des polypiers , alors tout devint iounobile pendant des siàcles, chaque force restant attachée à sa fDnction; nul bruit autre que celui des âëmçns ne trouM«it le silence de la natfure ; par momentia voix des orages et des vents , 'et le grondement qui sortait des profondeurs du grapilf coaadQue pour annonoer que la force forma* trice veillait encore, et n'avait pas adievé la créa- ^oiide^jour.^ ;

Le globe s'inclina sur son axe.

Alors des masses , qui n^avaient d'autre atmosphère que l'air, furent plongées dans l'eau salée, avec leurs étangs d'aau douce et leur végétation ; et ailleurs , des plateaux sortirent de l'océan , élevant sur leur, tête, des lacs , ^ fond sédimenteux plantés dé fucus , et chargés dé se^ ; le scdeil les dessécha. Des forêts de zoophytes portèrent leurs soBimets à l'air; des schistes bleus , des marbres noirs , blancs, rouges , striés , des bancs de quartz, detalc et de mica lM?ilIans , étalèrent leurs surfaces au sdieil^ L'égalité des jours et des nuits, et l'unité

438 INTAOi>VCTIOIV.

des saisons forent rompue»; il y eut de^ ét^.et des hivers; il y eut des climats, et- la vie végétale et animale fut modifiée selon les climats. '

La terre verdoya d^une yégétationplusnombreuse et plus variée; des fucus nouveaux natpiirent; il n'y en eut plus seulement au fond de Pocéan, mais il y en eut de flottans à sa surface. Le règne amma s*enrichit de nouvelles familles. Vinrent lès mollusques à coquilles variées , les uns navigateurs comme la nautUe , courant sur les vagues au gré du vent et du caprice, les autres raiaapant sûr le sol des eaux. En même temps, aux rives des îles et sur les fucus flottans , apparurent les prîsmiers crustacées , les trilobées aux variétés. liomhreuses; Tair aussi se peupla d'insectes. Alors il y eut des yeux pour voir le monde.

Tel fut le deuxième jour de notre monde;' et un nouvel âge commença..

La terre changea Taxe dé ses mouvcmehs diurnes ; elle prit de nouveaux pôles et un nouvel équateur. En ce moment, die éprouva une secousse énorme; tous les rapports électriques et magnétiques furent changés ; toutes fes puissances qui formaient la nature chimique entrèrent en tourmente ; et dans ce renversement de toutes choses , le globe grondÀ depuis ses profondeur^y

presque comme aux premiers* jours du monde : toute sa surfs^ce trembla. Alors Fëcorce des diirs gneiss redevint'chaude ; dans certains lieux y elle craquay s'ouvrît, et à travers de Istrges fissures, des s^âevèrent colonnes grajiitoïdes et porphjrritiques qui écartèrent toutes les résistances qui pesaient sur elles pour porter leurs têtes , et leurs laves à l'air ; ailleurs , cette écorce brûlante jeta ses coulées à travers ' les marbre's et les schistes : les métaux furent remis en fusion, et les eaux ea^vapeur. Les schistes se feuillèrent et se durcirent, les calcaires se solidifièrent , et leurs vuides aspirèrent ou reçurent les métaux liquides qui y formèrent des filona. Mais celte violence d'eflfei^vescence*première né fut que d'un moment; elle se calma; il semblait que le principe moteur des aationâ chimiques voulât ménager ses forces afin qu'elles pussent su£r à de longs efibrts.

Daas cette révolution, tout ce qui était vivant dans l'ancienne mer, ^ sur ses rivés, avait péri;. il n'échappa que quelques végétaux , .habitans de l'ancien équateur, qui s'élevàrent avec lui audessus de la rage du feu et. des fluides.

Cependant , la terre tournait droite sur son axe qui formait un angle droit avec l'équateur nouveau. Un large ruban de montagnes , un haut et Vaste pbiteau , véritable méridien terrestre , ceignait le globe s'étendant d'un pôle à l'autre. Il n'y avait pas de climats ; car presque partout le* sol

44o INTROI^UCnON.

était brûlant ; la mer, t^hargëe de malières miiie^ nies j terreuses^ j^ animales , aeidbs^, bduiQomiait h ne laisser possibilité à auoane vie. Une ya^ peur d'eau énoirme s'échappait de son sein pour s'élererenFair, etretômber delà enbitumes chaudes et en jJuies d'orage; Tatmosphàreilait surdiàrgée d'acide Gai4>onique. Partout^ donc , un même oU^ mat, Une fuméc^ épaisse, utr profond InrouiUard,. à travers lequel te sokil e&t paru cônmMf un disque rotige* .

Alors la vie végétale descendit des cordiÙiéres nouvelles, et serépandh sur leurs rives. Ellepa^ rut partout où il y avait uti sol chaud, ramolB, capable de recevoir des racines , et surtout dans \ù$ DtOmbreuses îles que présentaient, «u milieu des mei^ bouillantes , les sommets des formations dn jour précédent. Elle revêtit d'une verdure serrée et épaisse les surfaces des bsuics echisteiix , quartzeux et marbreux ; elle occupa surWut lescoteaux et le fond de leurs vallées , et les pentea de leurs rivages; Il y eut des yégétaiec nouveaux* Les nombreuses variétés des fougères anciennes et nouvelles, des prèles, des calamités, des lycopodes gigantesques poussèrent partout avec' une vigueur,- et une vitesse incompréhensiMes : il sem*? blait que cette vie végétale se hatàt , et se grandît, parce que son tepis devait être ^ourt* Tout ce qui fut herbe plus tahl, était alors très grahd arbre. En quelques mois , ces plantes avaient acquis le

tenncf de ieur vie^ et de leur ^^lorme accrois* senenl; et diaque gëaémtioii mùrtBj tombait eq dânis j deyenatt le sol d\iiie gënératioii nourélle; €^ ainsi se farmait un terreau,' mëlaiige de nn oini»^ (k troncs, defeoiUes, une houille ^laisse qui s^exfaaussait rapiiknietit, chaque année de plu-* ^urs pieds.

La dudeurdes marlnres, et des sdùstes, où reposaient ces dépôts, kfttait lenr transformation en houflle , et ei^ distillait le bitume quiV^va&à leur surface. Mais de temps en temps, lesccHiTulsions de la nature venaient suspendre la y^étation. Par momens la mer qui pressait les rives de ces îles v^^étantes, jetait ses vagues surleurspartiesbasses, et y mettait des couches de marnes, de chaux, de caillogx, et des sds qu^elle tenait en suspension; d^autres fois, haletante et sonlevëe, elle poussait des montagnes d^ean jusque dans leurs vallées: al<n^, la vie v^étale était suspendue pour un tems, jusqu'à ce que tout ce liquide eut été réduit en vsqpeuc, laissapt un lit épais de marne ou de calcaire,. qui devenait le sol d'une nouvelle forêt. D'autres fois, des ébranlemens du sol, faisaient couler dans le sein dç l'océan, des banes entiers de c^te terre v^étale. Sur les montagnes seules, les d^>ots s'aocrmssaient sans trouble.

U en fut ainsi pendant des siècles; alors les {Juies avaient formé sur les îles et sur les cordillières , des étangs et des lacs dans toutes les ca-

44^ ntTHODUcnoiv.

vitës^.des ruisseaux et de» rivière» sur tôutes les pentes. Cétsàent des. eaux douces et pures /les seules qui pussent alors permettre à la vie de Venir dans leur sein. Elles se remplirent d'abord de mollusques, de vers, de nombreuses coquilles lacustres ; puis vinrent les premiers poissons : ce furent partout les mêmes espèces j à têtes obtpses^ à os cartilagineux j revêtues d'ëqaiUes épaisses , et lisses. Pendant que les eaux douces se peuplaient, leur fond aussi se chargeait de yerdure« La première fleur s'ouvrit dans leur sein .

L'axe de la terre s'inclina ; alors il y eut des îles houillères- immergées dans la mer; d'autres qui furent mises à une hauteur énorme au-dessus àvt niveau de ses plus* fortes marées ; il y eut àes sommets de la cordiUière, qui furent plongés dans l'eau; d'autres élevés encore; il y eut des zdnes chaudes, froides, et tempérées. L^effervescence ceissa partout : toutes choses se reposèrent. Les matières que l'océan contenait en dissolution tombèrent au fond; l'air fut purifié. La vieille v^étation fut détruite en grande partie , ici par les eaux qui la recouvrirent; là par le froid; et partout où elle put persister , elle perdit son énergie; ce qui était arbre dévint herbe et arbrisseau. Mais, en même tems , elle recommença au fond de toutes les eaux salées et douces que vinrent tapisser de

nombri^es tnbusdefucQÏdes. Et, sur les flânes des ftaontagjies , germèrent, aux climats temçJërës, des arbres verts, des cyprès, au sud, dés palmiers; et

sta» les bords des rivières de nombreuses lîliacées

onyrirent leur calice au soleil. La mer se repeupla de mollusques. Des poissons, de nombreuses nantilles, des ammonites, des méduses de toutes couleurs, nagèrent sur le sommet des flots? Les zoophytes conStrticteurs recommencèrent leurs tt*a vaux ; et Pair aussi reo<>nquit des habitans , et vint à résonner du - bourdonnement d'une m!ultitiide d'infectes.

Tel -fut le troisième jour de notre monde. Lateire changea son axe. Les mers furent violemment ébranlées;' elles remuèrent leurs fonds; en roulèrent la surface, jetant, ça et là, du sable, delà misaine, et lès quelques galets qu'elles avaient foirméa; mais lès profondeurs du globe testèrent immd>iles; Alors un nouvel âge commença.

Le globe roulait dé nouveau droit sur son axe; mais il était ceint par une double zone de plateaux montagneux qui se coupaient ^ à angle» droits ; nos Alpes actuelles étaient un des points de' cette intersection; elles étaient- équatoriales. Les mer^ étaient devenues plus profondes } lès

444 nmOBQCTUNf.

marées plus hautes; les yents moîiis r^g;iiliars; la température des terres était inhale.

Les eaux étaient restées douces ou salées. Elles gAndérent donc leur population ; seulement lesrs abciens faabitans furent modifiés ; et il j eut ans^ denouvdlesraoesatiimalesety^étides. Danslamer, oefuientdaspoissons^desméduses, desmdinsquies, qui u'tfraient pas encore vécu, dMnormesammo^ BÎtes, la bdemnite allongée ; enfin de nouveaux soophyfes se mirent k ToniTre*^ pour édifier d\iutres montagnes et d'autres îles calcaires. Ainsi de nombreuses tribus d'animaux naissaient dans loi eaux , comme une moisson préparée pour la pâture 4^ ceux tpii allaient yenir. Sur les terres basses^ aux rives des îles , les palmiers multîplïaieilt leurs espèces; et les sommets des plateaux montagneux, cons^rraient et étendaient la population d'ari>rc8 verts que leur hauteur avait sauvÀ. La terre était parcourue tkcnistacés rampans^ et d'éuormes insectes battaient Pair dé leurs ailes. La vie dès ce jour , essayait des formes pour tous les milieux.

En même tems que toutes ces choses s'étaient faites ) il* arriva que d'un eeuf de poisson sortit une syrène, uu axocolt, animal semi-reptile, et semi^poiçson, qui respire l'air et l'eau , *qm a des pattes poUr ramper sur terre ^ et une Nageoire caudale pour se pèiilss^ daAs l'eau; de ce germe sortit un salamandre , et un batracien ; dans leur

premier âge, ils yëcureiit*eD poissoHs^jie respirant que Feau; et dans le secoiid^ il^ vinrent en rqptiles, jie respirant^que Pair, pe l^urs germes/ sortirent les reptiles.

Alors, dans tous les océans çt dans tpus les la(9| gjpandirept les reptiles nageurs et carnassi^i^s. De nonâ)reù9es espèces dUcht josaurus au grosvenU*e^ à la tête ënorpie, au. long inuaeau armé de dents ai^eS| sa reposant le jour^ et y^ant la nuit, vinrent paître siiur la sjarfac^ des eaiix, les alimens que les âgps prëcëdenç avaient apportes, les pois* sons, les méduses, les pèches, les alQmpI^tes, les nautiUes end(H*inies« De9 plesiosaurus au col de serpent , au corps de crapaud^ et au]L, nageoires de de dauphin couraient lei$ côtes de^ qpntinens, et des îles, plongeant, visitant, fouillant à l'aide de leur long col, les boues et les fucus des rives po|u* y chercher les mollusques dont ils faisaient lenr proie.

Il se passa un long espace de temp^ pendant lequelles ossemens de ces animaux j, se mêlèrent aux débris des végétaux^ dans les dépôts épaiset durs de marnes bleues que les courans charriaient , for* maient en cpudies, çu élevaient en collines^

Enûn la terre sHnclina sur son axe de rotation, il y eut des espaces, enfoui^ sous les eaux , avec leurs débris de végétaux, qui devinrent des $tipites y d'autres élevés en l'air ;. les différences 4e saisons se pronopcèrent; le règne animal et le

446 INTROBSCnON.

r^ne v^ëtdl furent profondément flUNiifiës; de nouveUes espèces parurent.

Les variétës, les genres^ fes familles 'se multipHèrent parmi les animaux qui respiraient Peau , et ceux qui respiraient Pair; la population des poissons, et des reptiles surtout, devint innom* brable. Chaque jour, leurs formes se rapprochaient de celles de notre tems; la race de piesiosaurus, et des icthjosaurus était successivement remplacée dans la mer, par des gavials grands comme des baleines : de nomlnreuses' variétés de batraciens , de tortues, de monitors, de crocodiles, de serpens , peuplaient la mer , les eaux dotices , ou rampaient sur terre. Le roi du Inonde ce fut le reptile, oonmieau jour précédent -Pavait été le poisson. L^air aussi eut ses lézards carnassiers , les uns détaille gigantesque, les autres petits et grêles; les;ptérodàctyles aux pattes de moineau , aux ailes de chauve- souris , sautillaient sur le sol, volaient dans Pair, s^accroehaeintaux arbres et aux rochers, poursuivant les animaux dontil faisaient leur proie.

Tel fut le quatrième jour de notre monde. La terre changea son axe de rotation. Alors, dans certains lieux , les eaux laissèrent leur lit à découvert j ailleurs, cUes ratissèrent et lissèrent létîr fond, passèrent comme une vague sur de vastes espaces de terrains, entraînant leurs habitans, soulevant tout ce qui'était'mobile , les sables , les argiles , les craies , tourmentant ^^t mêlant ces dë^

GMxàêE. 447'

hrîs^ elles laissant tomber^ çà et là, tantôt étendus eil couches , tantôt en masses . formant collines , les . unes molles • les autr^ dores et semblables h UA (^ent. Ce fut le commencement d'un nouvel âge.

Xa terre était droite sur son axe. Les eaux, les airs, le ciel, étaient ce <|u'ils sont aujourd'hui; seulement il n'y avait encore de saisons nulle part: chaque ch'mat était le même toute l'année, également chaud , également froid , également humide. La plupart de nos hauts plateaux montagneux existaient déjà. H ne restait plus rien des formes gigantesqueme^t bizarres du jour précédent ; elles avaient péri dans le naufrage du dernier cataclysme, sauf quelques espèces sauvées, comme poiir conserver des types affaiblis des existences antérieures.

L'air se remplit d'oiseaux et d'insectes ; la population des eaux salées, et des eaux douces, â'embellit^ et se centupla en variétés , et en nombre. Les cétacés à mamelles, les uns carnassiers, les autres herbivores en décor ètient la surface. La terre se planta de végétaux nouveaux, et se vêtit de prairies; les dicotyledonées , les arbres des climats tempérés parurent; et ces vertes pr^ries, ces riches forêts d'arbres à feuilles caduques , d'arbres à failles vertes, de palmiers, furent

reiii(Jies de maipiittffîres. Les uns pétrissaient h boue des mands^ les autres couraieirt dans les plaines^ et sur les colUiies ; les autres halntaient le sommet des arbres; d^autres nageaint siir les eaux : aux bruits de la nature^ qui, jusque ce jonr^ n^avaient été accompagnes que par des sifflemens et des ooassemens de reptiles , se mêlèrent l'harmcmie des chante des oiaeaux^ et k toîjc des passions animales ; et jusqpiW cri de la terreur ifxi iiaquit à l'aspect des [Nremièrs carnassiers.

La première formation animale fut nombraise , mais elle devait bientôt mourir presque tout eqtière; ce fut, parmi les animaux à trompe, ces méçalonix, ces palœotherium , ces anafdotherimn, qfn n'ont rien labséde leur wce, Le^ Ufis broutaient l'berbe, les autres l'arrachaient avec leur trompe. Us avaient toutes les tailles , toutes les formes , toutes les moeurs : les uns, lourds, nageaiait dansleseau^, ou se vautraient dans les boues ; les autres, doux ^ timides , mais légers h h course , bondissaient <^r le flanc des collines : les uns, lents dai^s leurs mouvemens , mais puissans par leur taille, pourvus d'une tr(wpe forte et dur^^, couvcï^ts d'une peau épaisse et rude, armés d'ongles de lion, comme le m^atherium, ne craignaient rien des faibles carnassiers qui couraient alors les forêts. Au miliw d'eu^se trouvaient quelques unes des espèces qui devaient subsister lorsqu'ils ne seraient {Jus , des mosjbodontes j des tapirs, des rkinopéros.

G£NBS£. 449

La terre inclina son axe; alors, ces populations furent^ les unes , plongées sous les eaux salées , ou sous les eaux douces ; d'autres furent tuées par le froid; et le reste disparut sous la dent des grands, et redot^iables . carnassieFS qui vinrent à naître* ^ ^

De ce mouvement sortit une génération de mammifères, inrfombra})le, gigantesque^ qui envahit le sol; car ceux qui devaient être petits, au jour pu nous sommes, furent grands alors. Ainsi , l'énoriùe mastodonte au poil laineux, tenait la place d^Ç -nos éléphans ; parmi les ruminans , il y eut des élans géans, aussi hauts de taille que notre ^phant, etplusl^uts par le bois; parmi les carnassiers, des tigres et des ours grands comme dA chevaux ; parmi les rongeurs , des lièvres de là- taille de nos chevreuils : d'ailleurs , le règne animal était complet, nulle espèce ne manqusSt ni dans l'air, ni sur terre, ni dans Feau. Le germe animal, comme une graine jetée dans un sol fertile, et longtems cultivé ,luxuriait enfin.

Tel fut le cinquième jour de notre «londe, et un nouvel âge commença. La terre changea son axe de rotation. Deux points de l'équateur devinrent pôle»; toutes leurs eaux jetées hors dèleurs lits, furent saisies par le froid et glacées* En même tems , les océans se soulevèrent , et sortirent de leurs profondeurs , chargés de tous les galets que le roulis des marées avait formés en tant de

45o INTRODUCTION.

siècles ; leur ffet pas^a sur'toutes les plaines basses; il coucha des forêts , et les chargea de cailloux et de limon ^ confondant les produits ck k mer avec ceux de la t»re ; les eaux remplirent lés vallées , les fentes des montagnes , les Hivcanes , d^un ci-r ment formé de marne et de débris de toutes sortes, pierpe, galets, animaux, végétaux; ailleurs elles arrachèrent de leur fond des sables métalliques et en firent une poussière dpnt dles couvrirent de grandes plaines ; des rocs de granit, de porphyre^ détachés de leurs bases furent rbulés comme de légers cailloux , et jetés sur lé sommet dei? collines. En m^zie temps , l'air tourmenté par le plus vio-* lent ouragan, tourbillontiant, et sillonné d'oragéls, tordit, lH*isa les espèces qui l'habitaient. Enfin, une voix sortit des profondeurs du globe ; Id téïre trembla f des continents entiers rentrèrent dans son sein. C'est *au milieu dé cette ta^rSîle harmonie , que l'homme naquit , scoité de toutes les races vivantes, de toute la nature brute, qui forment son domaine.

Nous aTÔus particulièrement pris pour guides ]*histoire ées animaux fosiilet de M. 6. OuTier , rexctHeht estai de M. Brogniart for la structure de FécoTce da globe, le-^aité de M. Bfo-* guiart fils sur les Tégétauz Ibfsilet. Enfin nous saisissons cet occasion de remercier M. Réglé, qui a bien Touln mettre son cabinet à notre disposition.

Nous avons rigoureusement seiti, dans notre dirision des pbé-

GENÈSB. 4^ I

nomèueàde lormation du ^obe en jours géoésiaqnes, les principes que fions «y^ns étiblÎA dans là prcimèce partie de ce diapitre. Cependant ceUe clasaîêcatiDn jest encore justifiable par d'antres raii>pps que par des conclusions tirées de l'atiatomie comparée , et ^n^>ryogénie. En effet , elle repose , en ontre ^ sur des différences minérakigiques remarqcrablés.

. Aluii» 9onSt aTOns oôqapsiadans nue première époque^ la prod^etion des gneiss • des mieacites , des taléites , des pôfphyres • des granits > . et la préparatiosi ', en germe en qnelcpe sorte« de tons nos corps simplet actœlë ; dans la seeonde iftxfot. , uoim avons enfermé la formation des^ terrains métaUifères jnaq«es et j compris leè sdûetef ^les-oidcaires^ de tiansîtion i dans k trmsièmp épospie • nons afona placé les tenpajnt jwsnllera » proj^ment dits , en y faisant entrer tons 4es fifs supérieurs jusqu'au terrain poBcilien de M. Brpgniart, incktsiTemesit; dans la quatrième époque , nous ayons dû comprendre les formations qui s'étendent depuis les lits sur lesquels esf couché le lias, jusqu'audessus des terrains jurassiques ; enfin la cinquième époque com^ menoe any terrains de transport postérieurs aux créations juras- «ques^, et -finit au "terrain de transport plus moderne sur lequel' repose le sol qui iippartient à l'état pliénomenal actuel.

(Tr^ la natdreminéralog^que, dans chaeuné de ces ép^Kpies , diffère asse^ pour qu-'au premier eonp-d'oeil on puisse signaler des oppositions remarquables. Ainâ, par exemple , notre chimie peut analyser lés formations granifoiâies .mais elle ne peut en faire la sjitthèse ; en d'autres ternaes elle ne peut recomposer ce qu'elle a détruit : il parait donc cpie les forces de formation ée ces espèces minériJes ont cessé d'exister ;^ et , en effet, il ne s'en forme plus aujourd'hui. L«orsque noué examinons les créations du. second jour , nous eb Toyotos encore un grand nombre qui i^échappent pas à notre puissance d'analyse^ mids qui sont rebelles à nos moyens de syn^èse; quelques autres combinaisons, au contraire, sciit paffaîtiement maniables ; cependant aucune formation semblable n'a lieu actaellement sur là terre. Si nous étudions les terrains du troisième jour., même remarque; nulle force pareille k celle qui agissait alors*, n'existe maintenant. Enfin , les formations

iiiiii«iral«giqu€ft acliuîlle» nont d aqaloguet dans 1« passé , qae parmi tf^et du qualiièmc et surt^vt ido doqbiènie îooir.

Noos afotts négligé , dans C9k examen • le» caraetèrct physique» des minéraux. Or, ils farient eotre eux de den«ité, àe ténacité, conformément à la loi que nous atons exposée dans fa première partie de ce chapitre, et dont nous derons la remarque à notre ami Bouiland ; c*est*à dire qulls sont dTautant plus solides ou plus liés, qnlls appartiennent ii une époque plus ancienne. Ainsi les gneiss , les porphyres , les granités sont' durs au-delà de toutes choses ; les mines de métaux ductiles et malléables sont des produits des premiers temps, etc. En conséquence, il n*est pasdou^ teux que les natures minéralogiques concordent ai ec les natures fégétales et animales; nui doute enonre qull ne fût utife poar la science de ranger ces différences en série; car il est probable quli en sortirait le principe d une classification générde qui inanque encore aujourd*hui en minéralo^.

Nous a^ons , dans Fhistoire de chaque jour , divisé le travail de formatiofi en deux termes nettement et vivement tranchés , -et, pour cela faire-, nous avons supposé un mouvement brusque de la terre par lequel Tédiptique était amené k fure angle avec Féquatcur. Cette hypothèse répond à dea faits géèlogiques nom* breox dont noua allons indiquer les plus remarqaables. Si nous examinons^les terrains dont nbns avons rapporté la fondation au cinquième jour, noua voyons d*abord deux époques animales > i^ celle des pal«otherium , 2* et celle des existences plus analogues è celles daojourdliui. Nous trouvons ensaité que 1^ couche» dans lesquelles reposent leurs ossemens ; sont séparées Tune de lantre par une couche plus ou moins épaisse de formation marine, au moins, dans les environs de ^aris. Ainsi une révolutios considérable du globe a marqué le passage des nècles paloeethériens, aux siècles de# analogues à 'notre tempà. Si nous examinons les terrains du quatrième }our , nous apercevrons des. preuve» encore plus démonstratives du mouvement terrestre dont il s*agit. Nous verrons d*abord, comme tout-è4*heure, une brusque modification dans les formes animales , et , de plus, des rapports de terrains qui ne peurent avoir élè produits que par un changement

danji la posilion cta globe* Ainsi , les couches àû lias cpî eontîénnent papticulièrement les plesiosauruB-et 'les icthjosaariis , sont réouvertes par. des couches d*autre nature, i|ai tombent sur elles suirant un angle plus ou moins ouvert , ce sont cdles dites jurassiques qui renferment les débris des reptiles les plus rappro- (diés de ceux de notre temps parmi les animaux da quatrième jour, etc.

liCf mouTemens du globe dont nous nous occupons , ont été brusques; car^ 8*il en eût été autrement, on trouverait des terrains transitoires ou de passage , et cda n*est pas. D'ailleurs , ces révolutions qui apportaient des mootfications importantes dans la nature vivante , ont dû ressembler en petit k celles dans lesquelles le globe changeait Taxe de ses rotations diurnes. Tout ce que nous trouvons, atteste que celles-ci furent extrêmement brusques et rapides : p#lit-être furent-elles achevées en quelques heures. En effet, les brèches*, les cailloux roulés , les bloes de transport , les animaux saisis, tout vivans par les glaces , montrent qu'elles n'eurent que quelques instans de durée.

En recherchant du point de vue de notre hypothèse , sur la sjarface actuelle du globe, la marque des grandes révolu^ons qu'elle suppose; la trace la plus visible, etla plus forte, doit être celle des anciennes lignes intcrtropicales ; car le trajet de l'équateur ancien , doit être indiqué^ dans chaque jour géologique donné, par une xône montagneuse , qui s'étend d*un p6\e à l'autre. De nos jours , il nous semble facile de trouver la place de cet éqnateur ancien. Les lignes de terre qui le représentent, sont , suivant nous -, les deux Amériques, d'une part, et, det^autre, la nouvelle Hollande, qui se joint! par le groupe des Sles de la Sonde, et les presqu'îles indiennes, au plateau du Thibet et de la Haute-Tartarie. Il est remarquable que les deux lignes de terrains que nous venons dlndîqner forment, chacune, un système de plateaux de* 40 k 5o degrés de large, séparés l'un de l'autre , à l'Est et à l'Ouest, par un espace de 150'', présentant dan» leur direction, du Nord au Sud, une inclinaison Est et Ouest, et des dispositions analogues , etc. Si c'était ici le liea c^exposer les problèmes de géographie physique qui ressortent de noire hypothèse , nous chercherions ,

454 iirrmoDUGnoif.

iî It coBtÛMnt AlricaU , «i«tXEarope tbttt «ntière , n*ttÈ, pas on Iragmeol de réqoatevr da cpiatrième jour généiitqKe , etc., etc.: ■BÔf il sendt , u ce n*ctt imtîoiiDel, ra moins oiseux de nous «oevper de ces qoesdons secondenres.

genèse: 4^"^

Page 1